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Comment la saga Scream est devenue culte
Ghostface est de retour… Près de trois décennies après avoir décroché son premier téléphone, le tueur au masque hurlant revient hanter les salles obscures avec Scream 7, sorti au cinéma ce mercredi 25 février 2026. L’occasion de disséquer une saga qui a autant terrorisé qu’intellectualisé le genre horrifique.
par Alexis Thibault.
Publié le 30 janvier 2026. Modifié le 26 février 2026.

Scream 7, le nouveau film de la saga avec Neve Campbell
Ce mercredi 25 février 2026, Scream 7 a débarqué dans les salles obscures avec l’ambition de clore (ou de relancer) un cycle entamé il y a déjà trente ans. L’actrice canado-américaine Neve Campbell retrouve son personnage de Sidney Prescott (après son absence de Scream VI), Courteney Cox reprend le rôle de Gale Weathers, et Kevin Williamson, scénariste des épisodes 1, 2 et 4, passe pour la première fois à la réalisation dans l’histoire de cette franchise orpheline de Wes Craven, disparu en 2015.
La production a connu ses secousses (notamment l’éviction de Melissa Barrera et le retrait de Jenna Ortega) et le projet opte pour un recentrage autour de Sidney et de sa famille. En effet, sa fille, Tatum (Isabel May), est au centre de l’intrigue, ce qui devrait permettre à la saga de séduire les jeunes générations. Ce nouveau Scream devrait en effet faire découvrir l’univers horrifique de la série de films à de nouveaux adeptes et replonger ses fans dans la ferveur. Mais au fait, comment explique-t-on le succès de ces longs-métrages ?
Une réinvention du slasher
“Quel est ton film d’horreur préféré ?” À la sortie de Scream, en 1996, le slasher (un sous-genre du film d’horreur. Un slasher mettant en scène les meurtres d’un tueur psychopathe) tourne en rond. Halloween 6 (1995) et Vendredi 13 – Chapitre 9 : Jason va en enfer (1993) sont des suites de succès déjà rodés. Ces films recyclent les mêmes recettes et donnent au genre ce parfum de formule épuisée. Wes Craven, maître de l’horreur, déjà passé au rang d’icône avec Les Griffes de la nuit douze ans plus tôt, s’empare d’un scénario de Kevin Williamson (d’abord titré Scary Movie) et signe un coup de génie.
Il imagine un film qui connaît ses propres règles, les énonce, les dévoile… et tue quand même les protagonistes. Ici, les victimes sont des cinéphiles qui savent exactement comment on meurt dans ce genre d’histoires, et c’est précisément ce qui rend chaque scène plus cruelle.
Un méchant au costume culte
Tout commence par Casey Becker (Drew Barrymore), adolescente seule dans la maison familiale. Soudain, le téléphone sonne… Au bout du fil, un tueur la force à jouer à un jeu atroce : répondre à des questions de culture horrifique, sous peine de voir son petit ami mourir. Budget modeste, impact colossal. Le premier Scream engrange environ 173 millions de dollars dans le monde pour 14 millions de frais de production.
Le plus glaçant, c’est surtout cette mécanique ludique nourrie par une ombre bien réelle. Kevin Williamson a reconnu s’être imprégné d’une affaire criminelle qui a traumatisé la Floride au début des années 1990, celle du “Gainesville Ripper”. Mais le public retiendra un visage. Le masque de Ghostface, inspiré du Cri d’Edvard Munch (1893) devenu icône presque “par accident”, et imaginé au cours d’un simple repérage. Avec la longue robe noire de faucheuse, c’est le déguisement parfait pour Halloween.

© Jeff Kravitz/FilmMagic, Inc via Getty Images.
Des scream queens mythiques
Le genre teen horror se met alors à parler la langue de Scream, entre ironie et références, jusqu’à sa parodie officielle, Scary Movie, en 2000. Et l’onde de choc dépasse largement l’écran. Côté mode, Jeremy Scott a le thème tout trouvé. Pour son défilé Moschino printemps-été 2020, le créateur américain convoque l’imaginaire du long-métrage, comme si le tueur avait définitivement quitté le cinéma pour entrer dans la pop culture au sens large.
Trente ans plus tard, la franchise n’a pas seulement survécu : elle a prospéré. Les films Scream ont désormais dépassé 900 millions de dollars de recettes mondiales. En France, la saga cumule environ 8,6 millions d’entrées, preuve que Ghostface n’est pas qu’un phénomène anglo-saxon. Le succès s’explique aussi par l’aura des actrices qui incarnent les scream queens, de Drew Barrymore à Rose McGowan en passant par Jenna Ortega et Sarah Michelle Gellar (Buffy)
Scream a imposé une évidence longtemps sous-estimée : au cœur du mythe, ce sont les femmes qui tiennent la tension. Sidney Prescott, la survivante et Gale Weathers (prédatrice stratège) ont donné au genre une colonne vertébrale nouvelle.
Scream 7 (2026) de Kevin Williamson, actuellement au cinéma.