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Les meilleures adresses pour une semaine à Turin
L’édifice impressionnant du Castello di Rivoli, la programmation pointue de la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo, l’ancienne usine de Fiat reconvertie en lieu d’exposition… La ville de Turin regorge de surprises. Numéro a sélectionné ses meilleures adresses.
Par Matthieu Jacquet.


Vue de l’exposition “Enrico David – Domani torno”, 2025, au Castello di Rivoli Museo d’Arte Contemporanea.
Rivoli-Torino. Photo : Sebastiano Pellion di Persano
Courtesy Castello di Rivoli Museo d’Arte Contemporanea.
Le Castello di Rivoli
Situé dans les hauteurs de Turin, le château de Rivoli (Castello di Rivoli) offre une vue imprenable sur la vallée de Suse et replonge par son impressionnante bâtisse dans l’histoire de la région. Construit à partir du 9e siècle, utilisé comme forteresse militaire puis comme résidence de la Maison de Savoie, ou encore comme palais d’agrément aux 17e et 18e siècles, le lieu connaît de nombreuses vies et transformations tout en s’imposant comme un joyau de l’architecture baroque. En déclin suite à la Première Guerre Mondiale, il inaugure un nouveau chapitre à partir de 1984, lorsqu’on y installe le premier musée d’art contemporain d’Italie.
En plus de quarante ans, le lieu a accueilli de nombreuses expositions majeures d’artistes des 20e et 21e siècles, de Francis Bacon à Nan Goldin en passant par Giuseppe Penone et Elizabeth Peyton. Sa “Manica Lunga”, grande structure tout en longueur, offre un terrain de jeu particulièrement intéressant aux artistes tels que le plasticien italien Enrico David, qui l’automne dernier en tirait son parti avec une grande exposition monographique, où sa galerie de personnages peints et sculptés se rencontrait dans une scénographie résolument théâtrale. Dans le même espace, la Chilienne Cecilia Vicuña présente actuellement son solo show qui comporte une œuvre inédite et sur mesure, faite de longues cordes en laine suspendues au plafond inspirées par les quipus des Incas.
Castello di Rivoli – Museo d’Arte Contemporanea, Piazzale Mafalda di Savoia, 2, 10098 Rivoli.

Photo : Paolo Saglia.

Au premier plan : Giulia Cenci, Cosmogonia (2022).
Au second plan : Thomas Schütte, Nixe (2021).
“News From The Near Future. 30 anni della Fondazione Sandretto Re Rebaudengo”. Photo : Giorgio Perottino.
La Fondazione Sandretto Re Rebaudengo
En 1995, la jeune collectionneuse et mécène Patrizia Sandretto Re Rebaudengo inaugure la fondation privée qui portera son nom en vue de soutenir l’art contemporain, en Italie comme à l’international. Il faudra attendre sept années pour que celle-ci ouvre, dans un ancien quartier industriel de Turin, un espace permanent dédié à l’exposition de sa collection, la production de projets inédits ainsi que l’organisation de spectacles, projections et rencontres. Un bâtiment de plain-pied signé Claudio Silvestrin, dont l’architecture minimaliste et les vastes salles se prêtent particulièrement à la diversité des pratiques contemporaines.
Considérée comme l’une des premières fondations d’art privées d’Italie, la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo fêtait en 2025 son trentième anniversaire. Fin octobre dernier, la foire Artissima et la semaine de l’art à Turin lui offraient l’occasion idéale pour le célébrer à travers une double exposition des chefs-d’œuvre de sa collection. Dans son espace permanent, on découvrait ainsi le goût pointu de sa fondatrice, toujours à l’affût des nouveaux talents et de pratiques en prise avec les grands sujets de notre époque : des corps difformes sculptés par Berlinde de Bruyckere, le fameux Black Flag d’Arthur Jafa, une sculpture textile de Senga Nenguidi, des peintures tissées de Klára Hosnedlová, sans oublier l’installation vidéo monumentale Electric Earth de Doug Aitken (1999), où l’on traverse le quotidien d’un jeune homme seul à Los Angeles à travers plusieurs écrans répartis dans plusieurs salles.
Au même moment, un autre volet de cette collection était dévoilé au musée de l’Automobile de la ville italienne. Dans cette emblématique institution turinoise, sise au bord du Pô, on croisait des œuvres signées Matthew Barney, Jana Euler, Guglielmo Castelli, Zoe Leonard, Barbara Kruger ou encore une toile étrangement inquiétante du jeune prodige de la peinture Pol Taburet, à qui la fondation avait récemment consacré une exposition personnelle à Madrid. Depuis, la fondation Sandretto Re Rebaudengo présente le travail de l’artiste italienne Paola Pivi, connue pour ses sculptures et installations loufoques peuplées, entre autres, d’animaux colorés. L’exposition, qui rappelle la relation au long cours entre la plasticienne et la fondation, court jusqu’au 26 juillet.
Fondazione Sandretto Re Rebaudengo, Via Modane, 16, 10141 Turin.


Le Ristorante Saluce
Dans une petite rue de Turin, à quelques pas du parc du Valentino et des rives du Pô, le restaurant bistronomique Saluce (“le saule”, en italien) invite à une expérience culinaire explorant les différentes saveurs d’Italie, et même plus largement de la Méditerranée. Riche sans être trop imposante, sa carte offre une sélection variée d’antipasti, de premiers et seconds plats où les légumes sont aussi travaillés que les pâtes, viandes et fruits de mer.
Flan d’épinards cuisiné avec une fondue de Castelmagno et de chou-fleur, artichauts fourrés à la crème de topinambour, tagliatelles à la sauce tomate et pintade… À ne pas manquer : les savoureux gnocchis persillés, agrémentés d’un velouté de courge et de pecorino bleu. Côté cuisine traditionnelle du Piémont, Saluce propose également un vitello tonnato, incontournable plat froid de la région à base de fines tranches de veau servies dans une sauce au thon et aux câpres.
Ristorante Saluce, Via Ormea, 6C, 10125 Turin.

Œuvre lumineuse sur le toit de la Pinacoteca Agnelli, Pista 500.

Œuvre suspendue dans la Pista 500 de la Pinacoteca Agnelli. Photo : Andrea Guermani.
La Pinacoteca Agnelli
Désormais haut lieu de l’art contemporain à Turin, la Pinacoteca Agnelli est d’abord le témoin de sa riche histoire automobile et industrielle. En 1915, Giovanni Agnelli, l’un des principaux fondateurs de Fiat, fait construire une usine dans le sud de la ville – le bâtiment Lingotto. Pendant des décennies, l’impressionnant édifice est dédié à la production de l’industriel, jusqu’à ce que la municipalité décide d’en faire un bâtiment multifonctionnel à partir des années 80. C’est au célèbre architecte Renzo Piano que sera confiée cette tâche.
Parmi ses ambitieux travaux, Renzo Piano crée sur le toit du bâtiment un espace d’exposition, le Scrigno, afin d’accueillir les 25 chefs-d’œuvre dont Giovanni Agnelli et sa femme Marella – grands amateurs d’art et mécènes – ont fait don à la ville. Inaugurée en 2002, la Pinacoteca Agnelli invite donc à contempler ces peintures signées Antonio Canal, Henri Matisse ou encore Amedeo Modigliani, mais aussi une programmation d’expositions temporaires d’art et de design.
Il y a quatre ans, l’historique piste d’essai “Pista 500” de Fiat, sur le toit, commence elle aussi à accueillir des œuvres d’art contemporain en extérieur. Ces dernières années, on a pu y voir des lettrages en néons signés Monica Bonvicini ou Sylvie Fleury, des tables de ping-pong de Rirkrit Tiravanija, des photographies de Felix Gonzalez-Torres et Chalisée Naamani montées sur de grands panneaux d’affichage, ou encore une pièce sonore de Cally Spooner, qui résonnait alors dans le circuit couvert.
Pinacoteca Agnelli, Centro Commerciale Lingotto, Via Nizza, 262, 10126 Turin.

L’hôtel NH Collection Torino Centro
Avec non moins de quatre établissements à Turin, le groupe hôtelier NH Collection offre l’embarras du choix pour un séjour dans la ville italienne. L’un se trouve au pied du Palais Royal, un autre donne sur la discrète et charmante place Carlo Emanuele II, tandis que le troisième s’est implanté dans le quartier plus éloigné mais très vivant de Lingotto, ex-site industriel de Fiat. Mais la localisation la plus stratégique est sans doute celle de son quatrième hôtel, le NH Torino Centro, situé sur l’emblématique cours Vittorio Emanuele II qui traverse la ville historique.
Cette position centrale lui permet de se trouver au carrefour des principaux quartiers turinois et plusieurs de ses sites emblématiques. La Galerie civique d’art moderne et contemporain, le Museo Le Nuove, ou encore la salle Gonin, à Porta Nuova, se trouvent en effet à seulement quelques pas. Doté de 182 chambres, l’hôtel quatre étoiles se caractérise par une décoration accueillante, minimaliste et chaleureuse.
Hotel NH Collection Torino Centro, Corso Vittorio Emanuele II, 104, 10121 Turin.