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Soshi Otsuki

Les débuts de Soshi Otsuki
Le costume peut-il encore surprendre ? Pour Soshi Otsuki, la réponse est sans hésitation affirmative. Depuis la création de sa marque SOSHIOTSUKI en 2015, le designer japonais développe une vision du vestiaire masculin où la tradition dialogue constamment avec l’expérimentation. Loin de bouleverser les codes par provocation, il préfère les transformer avec subtilité en jouant sur les volumes, les proportions et la construction des vêtements. Cette approche, à la fois technique et sensible, lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale qui dépasse largement les frontières du Japon.
Lauréat du Prix LVMH en 2025, invité d’honneur du Pitti Immagine Uomo quelques mois plus tard puis remarqué lors de la Fashion Week de Paris, Soshi Otsuki incarne une nouvelle génération de créateurs japonais. Son travail ne cherche jamais à opposer héritage et modernité. Au contraire, il construit un langage personnel dans lequel le tailoring devient un véritable terrain d’expression.
Les débuts de Soshi Otsuki et la naissance d’une vision singulière
Né en 1990 dans la préfecture de Chiba, au Japon, Soshi Otsuki découvre très tôt le vêtement comme un objet d’architecture. Cette fascination le conduit naturellement au Bunka Fashion College, à Tokyo, une école réputée pour avoir formé plusieurs grandes figures de la création japonaise. Diplômé en 2011 de la section mode masculine, il y acquiert une parfaite maîtrise de la coupe, du patronage et des techniques de confection qui façonneront durablement son identité créative.
En parallèle de cette formation, il fréquente également coconogacco, une école indépendante fondée par le créateur Yoshikazu Yamagata, où l’expérimentation occupe une place essentielle. Cette double approche nourrit progressivement sa réflexion. Très vite, il comprend que la technique ne constitue pas une finalité, mais un outil permettant de raconter une histoire à travers le vêtement.
Ainsi, dès ses premiers travaux, il s’intéresse moins à la perfection académique qu’à la manière dont un costume peut traduire une attitude, un souvenir ou une émotion. Cette philosophie deviendra rapidement la signature de son travail.
En 2015, il fonde officiellement SOSHIOTSUKI. Dès les premières collections, il propose un vestiaire masculin immédiatement identifiable. Les costumes conservent toute leur élégance, mais leurs lignes deviennent plus souples, leurs proportions plus libres et leurs détails plus inattendus. Sans jamais rompre avec les codes classiques, le créateur introduit de légers décalages qui donnent à chaque silhouette une personnalité unique.
Une ascension remarquée sur la scène internationale
Le talent de Soshi Otsuki attire rapidement l’attention des professionnels. En 2016, seulement un an après le lancement de sa marque, il devient le plus jeune créateur japonais sélectionné pour le Prix LVMH destiné aux jeunes designers. Cette nomination lui offre une visibilité internationale et place immédiatement son nom parmi les talents émergents les plus prometteurs.
Par la suite, son parcours continue de s’accélérer. En 2019, il reçoit le Tokyo New Designer Fashion Award, qui récompense l’originalité de son approche du vêtement masculin. Enfin, 2025 constitue un véritable tournant dans sa carrière. D’abord, il imagine une collection capsule réalisée avec Zara, démontrant que son univers peut dialoguer avec une production plus accessible tout en conservant son identité. Quelques mois plus tard, il remporte le Grand Prix LVMH, l’une des récompenses les plus prestigieuses de la mode contemporaine. Cette consécration accélère considérablement son rayonnement international.
Dans le même temps, la plateforme Tomorrow accompagne désormais le développement commercial de sa marque, tandis que plusieurs collaborations, notamment avec ASICS, témoignent de sa volonté d’explorer de nouveaux territoires créatifs. Enfin, en janvier 2026, Soshi Otsuki est invité comme Guest Designer au Pitti Immagine Uomo, à Florence. Cette invitation confirme définitivement sa place parmi les créateurs les plus influents de la nouvelle scène du tailoring masculin.
Soshiotsuki : Une collection printemps-été 2027 inspirée par les souvenirs de vacances

Présentée lors de la Fashion Week de Paris, la collection printemps-été 2027 illustre parfaitement cette manière de raconter une histoire à travers le vêtement. Pour cette nouvelle saison, Soshi Otsuki imagine le portrait d’un père profitant de vacances estivales. Ce personnage fictif devient le point de départ d’un vestiaire où élégance et décontraction cohabitent naturellement.
Les costumes conservent leur raffinement caractéristique, mais leurs lignes gagnent en fluidité. Les vestes s’allègent, les pantalons affichent des volumes plus souples et plusieurs silhouettes évoquent une certaine nonchalance, comme si elles avaient été façonnées par le rythme des journées d’été. Le créateur ne cherche pourtant jamais à abandonner le tailoring. Au contraire, il démontre qu’un costume peut rester sophistiqué tout en offrant davantage de liberté de mouvement.
Cette saison se distingue également par un travail précis sur les effets de construction. Certains vêtements semblent volontairement déplacés, tandis que d’autres jouent avec les superpositions ou les proportions afin de créer une impression de mouvement permanent. Ces légers décalages apportent une profondeur supplémentaire à des pièces qui paraissent d’abord très épurées.
Des chemises inspirées par Salvador Dalí
Par ailleurs, Soshi Otsuki revendique une inspiration puisée dans l’univers de Salvador Dalí. Sans reproduire directement les œuvres du peintre, il s’approprie leur capacité à transformer le réel et à troubler les repères visuels. Cette influence se retrouve dans plusieurs détails de la collection, où les volumes semblent parfois défier les attentes tout en conservant une parfaite maîtrise technique.
Aujourd’hui, Soshi Otsuki s’impose comme l’une des figures les plus intéressantes du renouveau de la mode masculine. En conciliant artisanat, innovation et narration, il propose une vision du tailoring résolument contemporaine, capable de séduire aussi bien les passionnés de création que les nouvelles générations. Collection après collection, le créateur japonais confirme ainsi que le costume demeure un formidable terrain d’expérimentation et d’expression personnelle.