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Prix LVMH 2026 : Julie Kegels, créatrice prometteuse de la nouvelle garde belge
Poursuivant son ascension fulgurante, la jeune Julie Kegels se retrouve aujourd’hui parmi les finalistes du prestigieux Prix LVMH 2026, après avoir enchanté les dernières Fashion Week parisiennes au fil de ses collections ingénieuses et des apparitions de stars comme Rosalía ou Dua Lipa parées de ses créations. Pour Numéro, la créatrice de mode belge revient sur son parcours, ses inspirations et ses ambitions.
Propos recueillis par Camille Bois-Martin.

L’ascension fulgurante de Julie Kegels
Il y a un peu plus deux ans maintenant, Numéro découvrait les créations versatiles et ludiques de la jeune et talentueuse Julie Kegels. Dans un petit showroom du Marais, la créatrice de mode belge nous présentait en février 2024 des vêtements hybrides, où la business woman croisait la party girl dans un melting pot de styles et de matières à travers des looks à deux versants totalement différents.
Depuis, ses collections se sont fournies de nouvelles inspirations et de nouvelles références. Du monde du design mobilier à celui plus théorique du jeu des apparences, les vêtements de Julie Kegels déploient aujourd’hui un vestiaire cohérent et séduisant, qui a rapidement conquis le monde de la mode. Un peu plus d’un an après le lancement de sa marque, la créatrice intégrait en effet en septembre 2025 le très convoité calendrier officiel de la Fashion Week de Paris – mieux, elle inaugurait la semaine des défilés printemps-été 2026.
Dans les rangs de ses présentations, les plus grands rédacteurs de mode croisaient ainsi des stars internationales comme Rosalía, achevant de faire de la jeune Belge un talent à suivre de très près. Et sa nomination parmi les finalistes du prestigieux Prix LVMH 2026 confirme l’ascension rapide de Julie Kegels, formée à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers et passée par les ateliers d’Alaïa… À l’approche des résultats de la compétition de mode, annoncés le 4 septembre prochain : rencontre.


Rencontre avec la créatrice de mode Julie Kegels
Numéro : Quand et pourquoi avez-vous créé votre marque Julie Kegels ?
Julie Kegels : J’ai créé ma marque en 2023 et je l’ai officiellement lancée en 2024. Je souhaitais avoir la liberté de créer mon propre langage à travers la mode. Pour moi, il s’agit surtout de concevoir des vêtements qui ne définissent pas les femmes, mais qui leur permettent d’exprimer différentes facettes d’elles-mêmes. Chaque collection part d’un concept, mais, au final, mes vêtements s’adaptent à la personne qui les porte.
Quel est votre premier souvenir lié à la mode ?
Honnêtement, je ne me souviens pas d’une époque où la mode ne faisait pas partie de ma vie. Enfant, j’étais fascinée par l’histoire de la mode. Lire des articles de magazine sur les créateurs me passionnait autant que lire un roman. J’étais complètement émerveillée par cet univers et je passais des heures à dessiner, à rêver et à inventer des histoires.
Devenir créatrice de mode était-il un rêve d’enfant ?
Oui, absolument. Pour moi, ça n’a jamais vraiment été une question. Dès mon plus jeune âge, je savais que je voulais étudier à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers, alors j’ai travaillé longtemps pour atteindre cet objectif. Avec le recul, ce parcours me paraît tellement naturel, logique. Mais il a nécessité beaucoup de dévouement. J’ai passé des années à étudier, à expérimenter et à créer…


De l’Académie royale d’Anvers aux ateliers d’Alaïa
Vous êtes donc diplômée de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. Que retenez-vous de cette prestigieuse formation ?
À l’Académie royale, on nous apprend à penser par vous-même. L’école nous pousse à tout remettre en question et à développer notre propre point de vue plutôt que de suivre les tendances. Cette formation m’a permis d’acquérir un profond intérêt pour la recherche, pour le savoir-faire et pour la transparence dans le domaine du design. Ces valeurs sont toujours au cœur de tout ce que je fais avec ma marque.
Après votre formation, vous avez travaillé notamment dans les ateliers d’Alaïa. Qu’avez-vous tiré de cette expérience ?
Mon stage chez Alaïa a été une formation incroyable. J’ai découvert à quel point la précision et le savoir-faire sont importants, mais aussi combien le travail d’équipe est essentiel. Chaque détail compte, et la création de beaux vêtements est toujours le fruit d’un effort collectif.

Une marque ludique et féminine, guidée par une vision forte
Quels créateurs vous inspirent ?
Je puise mon inspiration dans le travail de créateurs de différentes générations. Madame Grès, Paul Poiret, Yves Saint Laurent et Gabrielle Chanel m’ont toujours fascinée par leur approche de la construction et de la silhouette. Les Six d’Anvers ont également été une grande source d’inspiration en raison de leur façon d’envisager la mode et de remettre en question les conventions. J’admire les créateurs qui allient une vision forte à un savoir-faire exceptionnel.
Comment définiriez-vous votre marque de mode en quelques mots ?
Conceptuels, mais faciles à porter. Fragiles, féminins et ludiques. J’aime créer des vêtements qui surprennent, tout en restant adaptés et cohérents pour la vie quotidienne.
Comment concevez-vous vos vêtements ?
Chaque collection naît d’une idée ou d’une émotion qui reflète quelque chose que je remarque dans le monde qui m’entoure. Je passe beaucoup de temps à faire des recherches, à réaliser des collages, à draper et à découper des vêtements vintage. J’adore expérimenter avec la construction et la transformation, trouver des façons inattendues de faire bouger les vêtements ou pour révéler quelque chose de nouveau. Le concept est important, mais les vêtements doivent toujours être adaptés à la femme qui les porte.
Des stars comme Dua Lipa ou Rosalía ont déjà porté vos vêtements. Quelle communauté espérez-vous créer avec votre marque ?
C’est toujours passionnant de voir des artistes comme Dua Lipa ou Rosalía porter mes créations, mais ce qui compte le plus pour moi, c’est de créer une communauté de femmes assez sûres d’elles pour pouvoir exprimer leur personnalité. J’espère que mes vêtements attirent des personnes curieuses, indépendantes et prêtes à embrasser les différentes facettes de leur personnalité.

Julie Kegels, finaliste du Prix LVMH 2026
Quelle inspiration se cache derrière votre collection automne-hiver 2026-2027, que vous présentez notamment pour le Prix LVMH ?
Cette collection explore la notion d’aura, la manière dont les vêtements façonnent la façon dont nous sommes perçus, et comment ils peuvent à la fois révéler et protéger notre identité. Je me suis intéressée au contraste entre notre image publique et notre image intime, ainsi qu’aux façons subtiles dont les vêtements peuvent transformer notre présence.
Qu’est-ce que cette place de finaliste au prix LVMH 2026 représente pour vous ?
C’est un immense honneur. Être reconnue aux côtés de tant de créateurs talentueux est incroyablement encourageant. Le Prix LVMH ne se résume pas à une simple visibilité : c’est formidable de pouvoir rencontrer des professionnels de cette industrie, d’échanger des idées et de pouvoir grandir tant sur le plan créatif que commercial.
Comment voudriez-vous développer votre label à l’avenir ?
Je souhaite continuer à développer ma marque Julie Kegels de façon réfléchie et durable. J’aimerais élargir l’univers de la marque tout en restant fidèle à son identité. Mais, avant tout, je souhaite continuer à créer des collections qui ont du sens, qui évoluent avec les femmes et qui restent ancrées dans l’artisanat, la curiosité et l’émotion.