6 mars 2026

Au défilé Rick Owens, les femmes avancent en guerrières

Ce jeudi 5 mars 2026, au Palais de Tokyo, Rick Owens a dévoilé sa collection automne-hiver 2026-2027 baptisée “Tower”. Dans un contexte international marqué par les tensions et les conflits, le créateur imagine une quarantaine de silhouettes féminines aux allures de guerrières contemporaines, mêlant robes fourreau et vestes “cocon” imaginées comme des armures. Une collection sombre et puissante, où la sensualité persiste malgré l’ombre de la guerre.

  • par Nathan Merchadier.

  • Publié le 6 mars 2026. Modifié le 11 mars 2026.

    Le défilé Rick Owens automne-hiver 2026-2027.

    Un climat d’instabilité politique

    Dans un contexte international marqué par l’escalade des conflits et une instabilité politique persistante, le créateur californien semble abandonner, du moins provisoirement, les élans pacifistes qui traversaient sa collection homme printemps-été 2025, présentée dans l’espace extérieur du Palais de Tokyo, en juin 2024. 

    Sur le podium, les silhouettes féminines s’apparentent désormais à de véritables guerrières. Dès les premiers passages, d’imposantes robes fourreaux s’imposent sur le podium enfumé, dans des matières aussi austères que protectrices. À l’image du cuir, de la laine bouillie ou encore du Kevlar. Cette fibre synthétique qui, comme le rappelle le créateur, est cinq fois plus résistante que l’acier et habituellement utilisée dans les gilets pare-balles.

    La féminité combattante de Rick Owens

    Au fil du défilé présenté durant la Fashion Week de Paris, ce vestiaire se nuance sans jamais perdre son message principal. Les silhouettes, bien qu’inquiétantes, demeurent pourtant profondément sensuelles. Ainsi, fidèle à son goût pour la transgression, Rick Owens, introduit par la suite quelques tops ajourés qui dévoilent subtilement les corps des mannequins. Plus loin apparaissent des combinaisons de cuir raccourcies en shorts, révélant des jambes interminables.

    Car toutes les guerrières incarnant cette collection automne-hiver 2026-2027 sont perchées sur d’immenses bottes à talons, déclinées dans des teintes de noir et de kaki, dotées de boutons-pression et de multiples poches utilitaires. Leur allure, presque militaire, évoque des équipements tactiques, revisités avec brio par designer californien expatrié à Paris depuis 2003.

    Un hommage sensible à Marlène Dietrich

    Mais derrière cette imagerie guerrière se cache une autre inspiration, plus inattendue, celle de Marlène Dietrich. Le créateur évoque ainsi dans une note adressée aux journalistes son admiration de longue date pour l’actrice allemande et les différentes métamorphoses qui ont marqué sa vie. “J’ai souvent évoqué mon admiration pour Marlène Dietrich et la dignité qui a jalonné les différentes étapes de sa vie”, précise-t-il, avant d’ajouter “Elle a été un exemple de dévouement et de service pendant la guerre. Elle m’a toujours impressionnée par son mélange fascinant de moralité et d’artifice, doublé d’un sens aigu des responsabilités et d’une grande ténacité”.

    Cette influence transparaît dans plusieurs silhouettes qui semblent presque mises en scène comme dans des pièces de théâtre. Des vestes “cocon” imaginées comme des armures aux volumes démentiels, d’imposants manteaux enveloppants en laine et la femme Rick Owens devient alors une performeuse, consciente de son pouvoir. Un hommage vibrant à l’héroïne qu’a été Marlène Dietrich en combattant le nazisme durant la seconde guerre mondiale.

    Au gré de cette collection automne-hiver 2026-2027 composée de 48 silhouettes sombres et puissantes, Rick Owens imagine en définitive un vestiaire protecteur. Comme si, même face au chaos que traverse actuellement le monde, la mode pouvait encore offrir une forme de refuge où le spectacle continue d’exister…

    Tous les looks du défilé Rick Owens