27 sep 2023

Alaïa, les Supermodels… les expositions mode à découvrir cet automne

Pour tous les mordus de mode qui ont besoin d’une pause après cette Fashion Week bien remplie, Numéro sélectionne les expositions mode où flâner cet automne, de Paris à Marseille en passant par Londres et Anvers.

Fashion Folklore au Mucem 

 

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 Christian Lacroix expose à SCAD LACOSTE

 

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Décors et œuvres de Claudia Wieser au musée YSL

 

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La folle collection de mode d’Azzedine Alaïa exposée au Palais Galliera

 

Fin 2013, le Palais Galliera consacrait au couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa (1935 – 2017) une grande rétrospective pour célébrer son talent et son héritage. Mais si l’on se souvient de ce dernier comme un couturier de génie, peu sont ceux qui le connaissent comme un collectionneur passionné. Pourtant, dès la fin des années 60, le créateur débute une collection d’archives de mode, qu’il étoffera passionnément jusqu’à sa disparition en 2017. À l’occasion de sa nouvelle exposition, le musée parisien consacre cette fois-ci tout un accrochage à la riche collection de mode d’Azzedine Alaïa, enfermant des pièces exceptionnelles signées Jeanne Lanvin, Gabrielle Chanel, Cristóbal Balenciaga ou encore Thierry Mugler. (MJ)

 

Azzedine Alaïa, couturier collectionneur”, jusqu’au 21 janvier 2024, Paris 16e.

Au musée des Arts décoratifs, la folle course de la mode et du sport 

 

Les Jeux Olympiques de Paris arrivent à grands pas. En prévision de cet événement historique, le MAD s’intéresse aux liens séculaires qui unissent le sport et la mode, des tuniques antiques aux baskets de marques contemporaines, en passant par les uniformes portés lors des tournois médiévaux et innovations vestimentaires de grandes maisons telles que Jean Patou et Hermès. Une exposition illustrée par plusieurs centaines de vêtements, accessoires, dessins et documents d’archives. (MJ)

 

Mode et sport, d’un podium à l’autre”, jusqu’au 7 avril 2024, Paris 1er.

Les Supermodels vues par l’objectif de Thierry Le Gouès à la A. Galerie


Les Supermodels sont les stars de la rentrée. En plus d’un documentaire sur Apple TV+, diffusé le 20 septembre, elles sont au centre d’un livre et d’une exposition du photographe français Thierry Le Gouès. L’occasion de (re)découvrir Naomi Campbell, Carla Bruni et Kate Moss dans des clichés souvent en noir et blanc, parus pour la plupart dans la presse. “Sensuelles et élégantes, puissantes et lumineuses, éclatantes de joie et de vie, les photos de Thierry Le Gouès nous emportent ailleurs. Son talent est multiple, sophistiqué et primitif en même temps, intemporel. ” C’est ainsi que Carla Bruni décrit les images du photographe français Thierry Le Gouès, à découvrir en ce moment à la A. Galerie. (VS)
 

Exposition 90’s de Thierry Le Gouès, jusqu’au 15 novembre 2023 à la A. Galerie, Paris 16e.

Livre 90’s de Thierry Le Gouès, préfacé par Carla Bruni, disponible aux éditions PowerHouse Books.

La styliste Carla Fernández plonge le 19M dans l’univers vibrant de la mode mexicaine

 

Alors que Rossy de Palma célèbre actuellement la culture hispanique au sein d’une exposition immersive au Bon Marché Rive Gauche, le 19M invite de son côté la stylise mexicaine Carla Fernández à investir sa galerie de ses créations. Au travers d’une collaboration avec près de 180 tisserands, brodeurs et sculpteurs sur bois utilisant des techniques traditionnelles, cette dernière crée un dialogue entre leurs pièces et d’autres conçues avec les maisons Goossens, Massaro, Maison Michel et Eres, résidentes du 19M. Photographies, scénographie colorée, costumes régionaux, vêtements contemporains, ateliers de teinture et de tableaux textiles… Ouverte jusqu’à la fin de l’année, l’exposition immerge ses visiteurs dans l’univers de la mode mexicaine, infiniment riche et vivante. (CBM)

 

Carla Fernández. L’avenir fait main”, jusqu’au 17 décembre 2023 à la galerie du 19M, Paris 19e.

Quand les costumes traditionnels inspirent la haute couture : Fashion Folklore au Mucem

 

Au même titre que les pièces de haute couture signées par de grands couturiers, les costumes traditionnels sont parties prenantes de notre culture – mais ne sont pourtant que très rarement exposés aux côtés d’un ensemble Iris van Herpen ou d’une veste Jean-Paul Gaultier. Un tort auquel le Mucem de Marseille tente de remédier, en regroupant des vêtements régionaux, dont les formes et les imaginaires semblent avoir inspiré les pièces de créateurs contemporains. Ainsi un chapeau de paille Jacquemus côtoie-t-il une capeline du 19e siècle, tandis qu’une blouse Yves Saint Laurent de 1999 rappelle le motif d’une chemise masculine hongroise du début du 20e siècle, exposée tout près… Bref, autant de résonances et de dialogues, contenus dans les quelques 300 pièces qui composent cette riche exposition. (CBM)

 

Fashion Folklore. Costumes populaires et Haute couture”, jusqu’au 6 novembre 2023 au Mucem, Marseille.

Les créations de Christian Lacroix pour la Comédie Française exposées au SCAD Lacoste

 

Si Christian Lacroix a étoffé tout au long de sa carrière un vestiaire reconnu pour son style coloré fortement inspiré par ses racines arlésiennes, ce dernier s’est illustré cette dernière décennie dans la création de costumes de théâtre, auxquels il se dédie tout entier depuis la fermeture de sa maison en 2009. Avec la même veine créative et les mêmes techniques de haute couture, le couturier français conçoit ainsi des pièces spectaculaires pour de nombreux spectacles de la Comédie FrançaisePhèdre, Cyrano, Roméo et Juliette… Ou encore Peer Gynt, dont les cinquante costumes imaginés en 2012 par le couturier français sont actuellement exposés entre les murs du Savannah College of Art and Design de Lacoste, dans le sud de la France. Présentés au travers d’une mise en scène immersive, les mannequins en bois reproduisent certains actes du spectacle, dans une sorte d’arrêt sur image en plusieurs tableaux permettant à chacun d’observer de plus près les ornements et les détails de leurs vêtements. (CBM)

 

“Christian Lacroix habille Peer Gynt pour la Comédie-Française”, jusqu’au 1er novembre 2023 à SCAD Fash Lacoste.

À Londres, les divas s’emparent du V&A dans une exposition (vraiment) immersive

 

À l’évocation du terme “diva”, chacun projette une vedette capricieuse à l’hystérie burlesque dont le talent autorise toutes sortes d’exigences et d’excentricités. Pourtant, originellement, la diva s’écarte volontiers des simagrées et des coupes de champagne à foison. C’est en tout cas le postulat du Victoria and Albert Museum de Londres qui présente, jusqu’au 7 avril 2024, l’exposition Diva. On y retrouve des artistes emblématiques de l’opéra, du 7e art et de la musique populaire avec, en filigrane, la transformation – voire la subversion progressive – de leur image. Une odyssée aussi brillante qu’astucieuse puisque, dès le début du parcours, les visiteurs sont invités à enfiler un casque audio. Ainsi, la bande originale s’adapte à leurs déplacements et diffuse le morceau relatif à chaque propriétaire de bijoux, de robes haute couture et autres vestiges d’une époque révolue, des parures de Joséphine Baker à l’improbable pantalon vagin porté par Janelle Monáe dans son clip Pynk en 2018. On y retrouve les danseuses Isadora Duncan et Loïe Fuller dont les corps emprisonnés dans des corsets sont devenus de nouveaux moyens d’expression ; les interprétations dramatiques de Sarah Bernhardt et de Theda Bara ; les attitudes scandaleuses de Marilyn Monroe, les costumes de Maria Callas et les vêtements emblématiques de Rihanna, Beyoncé, Amy Winehouse, Nina Simone, Sophie, Arca ou Elton John… Oui, la diva se conjugue aussi au masculin. (AT)

 

Diva”, jusqu’au 27 avril 2024 au Victoria and Albert Museum, Londres.

Louise Bourgeois, Anne Teresa De Keersmaeker et Simone Rocha : au MoMu, le vêtement se fait souvenir

 

Après une exposition dédiée à l’influence du photographe surréaliste Man Ray dans la mode, le MoMu en inaugure cette automne une nouvelle, à la croisée des arts et de la mode. Intitulée “Écho”,  celle-ci compose avec les univers aussi passionnants que poignants de l’artiste française Louise Bourgeois (1911-2010), de la créatrice irlandaise Simone Rocha (née en 1986) et de la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker (née en 1960). Chacune à leur manière, et par le prisme de leur génération, ré-interprètent leur passé au gré de créations textiles puisant dans leur histoire personnelle. Ainsi peut-on y découvrir le manteau favori Helmut Lang de Louise Bourgeois ou son œuvre Dawn (2006) composée à partir de morceaux de tissus de sa propre garde-robe, les délicates créations de Simone Rocha nourries de références historiques et intimes, ou encore les photographies de chorégraphies d’Anne Teresa De Keersmaeker, mettant en scène des vêtements Dries Van Noten… (CBM)

 

ECHO. Enveloppé dans le souvenir”, du 14 octobre 2023 au 25 février 2024 au MoMu, Anvers.

Les vêtements-sculptures d’Iris Van Herpen au MAD

 

Considérée comme l’une des créatrices les plus audacieuses du 21e siècle, Iris van Herpen est à l’affiche d’une grande exposition au MAD. Plus d’une centaine de pièces imaginées par la créatrice néerlandaise depuis ses débuts, en 2007, y témoignent de son goût pour le monde du vivant et les nouvelles technologies, tandis que des face-à-face entre ses créations et les œuvres d’artistes tels que Wim Delvoye et Kate MccGwire situent son travail à la frontière de la mode et de l’art. 

 

Sculpting the Senses. Iris van Herpen”, du 29 novembre 2023 au 28 avril 2024, Paris 1er.