17 mars 2026

Que sait-on de la collaboration entre John Galliano et Zara ?

Après une décennie de création discrète chez Maison Margiela, John Galliano revient sur les devants de la scène mode avec un partenariat surprenant : pendant deux ans, le créateur anglais imaginera des collections pour la marque espagnole Zara.

  • Par La rédaction.

  • Le retour progressif de John Galliano dans le monde de la mode

    C’est l’une des figures les plus iconiques et influentes de l’histoire de la mode : John Galliano continue, encore aujourd’hui, d’inspirer de nombreux créateurs. Mieux : ses créations pour Dior ou pour sa propre marque se revendent à prix d’or, arborées par les stars sur les tapis rouges ou lors de grandes cérémonies. Électron libre, l’Anglais a en effet marqué la mode de la fin du XXe siècle et des années 2000 – période au cours de laquelle il prend la direction artistique de Givenchy (brièvement, en 1995) et de la maison Dior.

    Entre 1996 et 2011, John Galliano redéfinit l’esthétique de Dior. S’il reste fidèle à ses codes et à son héritage, il envoie néanmoins valser les conventions et propose des défilés théâtraux, nourris de son imaginaire éclectique, qui puise autant dans son enfance cosmopolite passée à Battersea (faubourg de Londres) que dans son expérience d’habilleur de théâtre. Le succès est presque immédiat : la princesse Diana porte l’une de ses toutes premières robes Dior, tandis que toutes les actrices et it-girls arborent alors ses vêtements.

    Mais un scandale éclabousse sa brillante carrière : accusé de racisme et d’antisémitisme, le créateur est démis de ses fonctions en mars 2011 et opère un retrait progressif du monde de la mode. Il revient discrètement trois ans plus tard, à la tête des collections de Maison Margiela, dont il quitte la direction artistique en 2024. S’il n’accorde que de rares interviews, revenant sur ses addictions et sur sa cure de désintoxication, John Galliano reste en effet secret et silencieux depuis plus d’une décennie…

    De Ludovic de Saint-Sernin à Steven Meisel : la nouvelle stratégie de Zara

    La surprise de sa nomination au sein du groupe de prêt-à-porter Zara est ainsi totale. Alors que le nom de Galliano règne surtout comme un souvenir de l’âge d’or de Dior (auquel Jonathan Anderson fait d’ailleurs référence au sein de ses récentes collections), son rayonnement – ou son ombre, selon le point de vue – se fait donc plus concret.

    Et Zara n’en est pas à son coup d’essai. Après une collaboration avec Stefano Pilati puis Ludovic de Saint Sernin, la marque espagnole concevait, en janvier dernier, le costume de scène du chanteur Bad Bunny pour son concert événement à la mi-temps du Super Bowl 2026. Une nouvelle influence dans l’univers de la mode, qui se complète également de campagnes avec les mannequins Kate Moss, Naomi Campbell ou Kaia Gerber, notamment capturées par des photographes de renom, à l’instar de Steven Meisel. Une stratégie bien rodée qui permet à Zara de monter en gamme, et donc, d’attirer une nouvelle clientèle – à défaut d’en dissuader une autre.

    L’annonce de l’arrivée de John Galliano au sein de la marque s’inscrit ainsi dans ce repositionnement esthétique et commercial. S’il ne devient évidemment pas directeur artistique des collections Zara, le créateur anglais signe tout de même un “partenariat créatif” de deux ans.

    Au fil de cette collaboration plus que surprenante, il s’inspirera des archives de la marque espagnole (dont les créations puisent elles-mêmes, pour la plupart, dans le vestiaire des maisons de luxe) pour concevoir chaque saison des collections capsules – la première sera disponible en septembre 2026. Une nouvelle qui risque de ravir les aficionados du couturier, autant qu’elle provoque de nombreuses réactions négatives sur les réseaux sociaux, dont les influenceurs mode et certains journalistes rappellent les scandales qui ont éclipsé Galliano au début des années 2010, mais aussi les problématiques éthiques qui entourent l’entreprise Zara.