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“Going my Home”, la série ultra kitsch du Japonais Kore-eda débarque sur MUBI

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À partir du 18 septembre, la plateforme MUBI diffuse pour la première fois en France les deux premiers épisodes de l'unique série du cinéaste Hirokazu Kore-eda (“Une affaire de famille”, “La Vérité”) réalisée pour la télévison japonaise. 

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Cinéaste de l'intime, chroniqueur de la famille, de la paternité, de l'enfance et des liens filiaux… Depuis plus de vingt ans, Hirokazu Kore-eda nous a habitués à des œuvres solaires, aussi tendres que drôles, touchantes et toujours sans pathos. Du Japon, il nous donne une image d'un pays où ruraux et citadins ont du mal à se rencontrer (Après la tempête), où tradition et modernité se côtoient tant bien que mal (Still Walking) et surtout, où la pudeur règne. Du clan, le cinasté auréolé d'une Palme d'or en 2018 pour Une affaire de famille livre une interprétation made in Kore-eda : liées par le sang, les familles ne se comprennent pas. Il leur préfère celles que l'on se crée.

 

Habitué du Festival de Cannes – où huit de ses films ont été séléctionnés et trois primés –, Kore-eda s'impose comme le réprésensant du cinéma d'auteur japonais. Héritier de Yasujirō Ozu – il travaille souvent dans la maison où le maître de la nouvelle vague japonaise a écrit Voyage à Tokyo (1953) –, le réalisateur de Still Walking (2008) pense ses films comme des tableaux délicats où l'humour prévaut et où les personnages, tantôt cruels tantôt irresponsables, ne sont jamais jugés.

 

Une série inédite

 

Avant de courir les tapis rouges pour y présenter ses fictions, Kore-eda a débuté par la réalisation de documentaires pour… la télévision. Ainsi, de 1991 à 1996, le petit écran japonais s'est vu grâce à lui abreuvé d'images d'écoles aux projets éducatifs hors-normes (Lessons from a Calf, 1991), d'enquêtes sur les dessous du pouvoir nippon (However…, 1991) ou même de récits de vies brisées – de l'histoire du premier gay atteint du sida au Japon dans August Without Him (1994) à celle d'un homme souffrant d'amnésie dans Without Memory (1996).

 

Avec Going my Home, l'unique série qu'il ait écrite et réalisée entièrement pour la télévision, Kore-eda revient donc à ses premières amours. Après avoir enchaîné les longs-métrages de 1998 à 2011 – sept au total –, la star du cinéma japonais s'attelle pour la première fois en 2012 au formal sériel et revient inonder les salons de ses histoires douces-amères. Déployée sur cinq épisodes, Going my Home est un condensé de la thématique favorite du réalisateur sur grand écran : les retrouvailles familiales. L'histoire est centré sur Ryota – incarné par Hiroshi Abe, acteur fétiche de Kore-eda –, un publicitaire tokyoïte à la vie bien rangée qui voit le cours de son existence chamboulé lorsque son père est plongé dans le coma et qu'il doit renouer les liens avec sa mère et sa sœur.

 

Sortie il y a huit ans au Japon, la série n'a jamais été diffusée en France. Et on comprend très vite pourquoi : elle promet beaucoup et déçoit tout autant. La raison ? On pourrait l'apparenter à une version japonaise de Plus belle la vie. Rebondissements grotesques, musique de téléfilm, personnages caricaturaux – le père ne s'occupe pas de sa fille, la mère, en plus d'être une business woman remarquable est une parfaite fée du logis… Going my Home rassemble, sans l'assumer, tout ce que que les japonais savent faire de plus kitsch.

 

Going my Home (2012) d'Hirokazu Kore-eda, épisodes 1 et 2 disponibles sur MUBI les 18 et 25 septembre.

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