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Pourquoi Amanda Seyfried, star du film Le Testament d’Ann Lee, nous fascine autant
Des éclats comiques de Lolita malgré moi aux incarnations plus troubles de Mank et The Dropout, Amanda Seyfried a dessiné une trajectoire entre légèreté pop et abîmes dramatiques. Après le phénomène La Femme de ménage, l’actrice américaine est à l’affiche du film Le Testament d’Ann Lee, actuellement au cinéma. Dans ce drame historique et musicale, elle incarne Ann Lee mystérieuse cheffe religieuse du 18° siècle. Voici cinq choses à savoir sur la comédienne de 40 ans.
par Alexis Thibault.
Publié le 2 octobre 2025. Modifié le 13 mars 2026.
Amanda Seyfried à l’affiche du film Le Testament d’Ann Lee
De ses premiers éclats comiques dans Lolita malgré moi (2005) à la noirceur feutrée du Mank (2020) de David Fincher, la talentueuse actrice américaine Amanda Seyfried s’est surtout imposée par une intensité dépourvue d’artifices, et ses projets à venir en témoignent…
On la retrouvait d’abord au mois de décembre dans La Femme de ménage (2025), adaptation de la trilogie de livres à succès de Freida McFadden. Face à Sydney Sweeney, la star de 40 ans incarne une employeuse insaisissable, à la fois manipulatrice et vulnérable, dans un huis clos orchestré par Paul Feig.
Et en mars 2026, elle est à l’affiche du drame musical The Testament of Ann Lee. Sous la direction de Mona Fastvold – co-scénariste de la fresque The Brutalist – elle prête ses traits à une figure religieuse proclamée “Christ féminin” : la fondatrice de la secte des shakers… Sa performance intense implique des moments dansés et chantés. L’occasion de revenir sur sa vie et sa riche carrière.

De nombreuses apparitions dans des comédies musicales
Le public découvre Amanda Seyfried en 2004, dans Lolita malgré moi. Elle prête son visage lunaire à Karen Smith, archétype de la lycéenne candide devenue personnage culte. Mais l’actrice refuse d’être assignée à cette silhouette de potiche solaire. Très vite, elle emprunte une autre voie : celle du musical, qui lui offre l’occasion de dévoiler une voix claire, étonnamment assurée. Dans Mamma Mia! (2008), adaptation de la comédie musicale du même nom qui reprend les tubes d’ABBA, elle s’impose par son naturel et séduit un public international qui ne l’attendait pas là.
Dix ans plus tard, Mamma Mia! Here We Go Again (2018) prolonge cette incarnation et confirme son aisance dans l’exercice. Pourtant, derrière la légèreté pop, l’actrice aspire à d’autres vertiges : des territoires plus âpres, moins consensuels même si elle sera dans Mamma Mia 3. Elle se tourne alors vers Les Misérables (2013) de Tom Hooper, fresque musicale monumentale qu’elle qualifiera tour à tour d’“éreintante” et “exaspérante”. Entre éclat de comédie et gravité dramatique, Amanda Seyfried affûte ainsi une carrière déjà marquée par la tension.
Mank et The Dropout, des projets adoubés par la critique
La trajectoire d’Amanda Seyfried bascule lorsqu’elle endosse, en 2022, le masque troublant d’Elizabeth Holmes dans la série The Dropout. Derrière la cheffe d’entreprise déchue, icône factice de la Silicon Valley, l’actrice compose une incarnation glaciale, travaillée jusque dans les inflexions de la voix et la mécanique du geste. La performance, saluée par un Emmy Award et un Golden Globe, inscrit l’actrice dans le cercle fermé des héroïnes de la télévision de prestige.
Deux ans plus tôt, David Fincher, fasciné par le Citizen Kane (1941) d’Orson Welles, lui avait offert l’occasion de bouleverser la critique dans Mank (2020), en prêtant à Marion Davies, muse fragile du magnat de la presse William Randolph Hearst, une profondeur inattendue.
Ce rôle lui avait d’ailleurs valu une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, scellant l’évidence : loin des archétypes pop de ses débuts, Amanda Seyfried s’impose désormais comme une actrice dramatique de premier plan, capable de naviguer entre classicisme hollywoodien et radicalité contemporaine.
Une artiste anxieuse qui se réfugie à la campagne
Derrière les paillettes, Amanda Seyfried n’a jamais dissimulé ses failles. Depuis l’adolescence, elle évoque sans détours l’anxiété et les crises de panique qui l’accompagnent. Autant d’ombres qui ont longtemps pesé sur son rapport à la scène. Face à la corrosion silencieuse de la célébrité, l’actrice a choisi la fuite vers une ferme reculée dans l’État de New York, avec ses chevaux et ses chèvres. Bref, une vie rythmée par la nature plus que par les injonctions hollywoodiennes. Là, elle dit avoir trouvé une forme d’équilibre, un espace de respiration qui lui permet de préserver sa santé mentale et d’affirmer sa liberté. Dans un système obsédé par la visibilité permanente, elle incarne une résistance discrète, refusant l’engloutissement médiatique.
De nombreux talents, du tricot au Dulcimer
L’actrice nous émerveille également par ses passions peu communes, comme le crochet. Elle confiait en 2013 sur le plateau du talk-show d’Ellen DeGeneres que, lors du tournage du film Mamma Mia!, elle avait réalisé une vingtaine de chapeaux pour les offrir à toute l’équipe. Autre talent ? L’actrice qui possède une superbe voix chantée est connue pour ses nombreuses reprises musicales spontanées sur les plateaux télé. En mars 2025, elle a fait sensation sur le plateau de l’émission de Jimmy Fallon en interprétant la chanson California de Joni Mitchell au Dulcimer (instrument de musique à caisse de résonance, sur laquelle sont tendues des cordes de longueurs variables).
Une actrice très engagée
Aussi, Amanda Seyfried ne se contente pas d’incarner des héroïnes fragiles ou indomptées. Elle prolonge cet élan avec un concret. Soutien fidèle de War Child USA, défenseuse de l’initiative No Kid Hungry, elle siège depuis 2018 au conseil d’administration d’INARA, ONG qui apporte des soins médicaux aux enfants victimes de conflits. Loin des apparences clinquantes d’Hollywood, la comédienne revendique une profondeur qui s’accorde à ses incarnations les plus intenses, celles où règnent la compassion et les fêlures.
Le Testament d’Ann Lee (2026) de Mona Fastvold, actuellement au cinéma.