En plein confinement, Antoine d’Agata a capturé la fièvre… littéralement. Connu pour ses oeuvres photographiques intrusives voire obscènes, mêlant sexe, prostitution et peur sous toutes ses formes, le Marseillais de 58 ans a enregistré les ondes de chaleur du monde et des formes humaines, lorsque les Français étaient assignés à résidence. Membre de l’agence Magnum Photos et représenté par la Galerie des Filles du Calvaire, il poursuit aujourd’hui son travail de photographie alternative avec un appareil thermographique dans La vie nue, présenté sur le site de l’Opéra de Paris.

 

Des clichés d’actualité déroutants et quasi-dystopiques

 

D’Agata s’aventure dans des bouches de métro à moitié vides et capture la chaleur des mains frôlant le caoutchouc des rambardes d’Escalator. Il s’immisce dans des commerces sordides, saisit l’effervescence des hôpitaux et des centres de réanimations débordés. L’artiste immortalise cet épisode de “nouvelle peste” qui transforme la capitale et propose de découvrir un univers abstrait, dérangeant, et incandescent. Rien d’étonnant pour cet artiste qui prend  plaisir à sublimer l’horreur, notamment à travers ses œuvres White Noise, Atlas et Oscurana en 2018. Sa série d’images sera disponible gratuitement sur l’espace numérique de l’Opéra de Paris dès le mercredi 1er juillet 2020.