Numero

218


Commandez-le
Numéro

Pourquoi faut-il laisser l'art de Felix Gonzalez-Torres nous contaminer en 2020?

Numéro art

Afin de célébrer les trente ans de son œuvre “Untitled (Fortune Cookie Corner)”, faite d'un amas de biscuits de la fortune dans l'angle d'une pièce, les galeristes Andrea Rosen et David Zwirner ont eu une idée : rendre hommage à l'artiste américano-cubain Felix Gonzalez-Torres, disparu prématurément en 1996, à travers une exposition mondiale invitant 1000 personnes à exposer une version de l'œuvre dans le lieu de leur choix. Porteur d'un message puissant à l'heure de la pandémie de Covid-19, ce projet inédit invite à se replonger dans l'œuvre foisonnant de l'artiste qui se fait, trente ans plus tard, plus pertinent que jamais.

L’histoire nous ramène il y a trente ans, en 1990. Nous sommes alors au pic de la pandémie de sida, qui depuis le début des années 80 ne cesse de progresser : on estime à l’époque à un million le nombre de victimes de cette maladie dans le monde entier. Alors que l’expression “années sida” vient de faire son apparition en France dans l’hebdomadaire gay Gai Pied, l’artiste d’origine cubaine Felix Gonzalez-Torres expose pour la première fois dans la galerie Andrea Rosen à New York, qui commence tout juste à le représenter. Parmi ses œuvres, une installation fait mouche : un amas de plusieurs centaines de biscuits de la fortune (fortune cookies) empilés dans l’un des angles de la pièce. Chaque visiteur est invité à se servir, craquer en deux le biscuit et découvrir à l’intérieur une phrase lui présageant son futur proche, la conduite à suivre ou simplement sa philosophie inconsciente. “Vous édifiez votre propre fortune”, “votre générosité fera votre renommée” ou encore “n’ayez pas peur de faire ce grand pas” peuvent se lire sur ces maximes dactylographiées. Le lien de cette œuvre avec la crise sanitaire qui menace alors le pays, longtemps étouffée et stigmatisée par les médias, n’est encore que peu explicite. Il le deviendra pourtant rapidement à mesure que les installations de Felix Gonzalez-Torres continueront d’adopter ce même principe : l’accumulation.

 

 

Derrière le plaisir de l’expérience esthétique parfois gustative, l'art de Felix Gonzalez-Torres renferme en lui un goût d’amertume, de colère et de tristesse.

 

 

Dépourvues de titres, les œuvres de l’artiste se distinguent par les différents objets qu’il y entasse. Dans l’une, des centaines de feuilles de papier imprimées et empilées forment un bloc homogène, dans l’autre, ce sont des dizaines ampoules réparties sur une guirlande accrochée verticalement qui semblent s’effondrer au sol. En 1991, Felix Gonzalez-Torres perd son compagnon Ross Laycock des suites du sida et, quelques mois plus tard, dévoile Untitled (Portrait of Ross in L.A.), sa première installation faite exclusivement de 80 kilos de bonbons. Emballées dans du cellophane coloré, ces friandises portent la mémoire fragmentaire de son amant dont chaque visiteur peut emporter avec lui un morceau puis le déguster. Mais ces sucreries, présentes par centaines, sont aussi la triste incarnation des innombrables victimes du sida perdant la vie chaque jour, souvent dans le plus grand silence. Si ce deuil mondial et alarmant habitera par la suite de nombreuses installations similaires, les “candy pieces” signées par l’artiste cubain et reproduites partout dans le monde, il lui inspirera également d’autres propositions. En 1992, il assemble par exemple des milliers de perles en plastique pour composer un immense rideau translucide, teinté d’un rouge qui n’est pas sans évoquer celui de l’hémoglobine. Prolongé par l’action du public, l’art de Felix Gonzalez-Torres est ainsi participatif par essence sans être uniquement ludique. Derrière le plaisir de l’expérience esthétique parfois gustative, il renferme en lui un goût d’amertume, de colère et de tristesse auxquelles les ligues de vertu ne laissent encore que peu d’espace d’expression.

1/6
Félix González-Torres, “Untitled (Portrait of Ross in L.A.)” (1991) © The Felix Gonzalez-Torres Foundation

Discrètement mais sûrement, le propos de Felix Gonzalez-Torres se propage en silence au fil des années dans les institutions dont il occupe les murs, les sols et les parois, mais également chez les visiteurs qui le ramènent chez eux. Une “contamination” que l’artiste lui-même n’hésite pas à comparer à celle d’une maladie : “Je veux que [mon art] soit comme un virus appartenant à l’institution”, confiait-il à son confrère Joseph Kosuth dans une analogie recroisant précisément les sujets de ses créations et leur puissance de reproductibilité. Après sa mort prématurée à l’âge de 38 ans des suites, là encore, du sida, l’œuvre de Felix Gonzalez-Torres ne cessera de se diffuser, de s’exposer, d’être cité dans des recueils et autres publications, comme pour briser le silence sur ces fameuses “années sida”. À mesure que l’omerta sur la pandémie se fissure et ses réalités sont révélées au grand jour, son nom est légitimé, consacré jusqu’à devenir le symbole d’un activisme artistique authentique qui ne disait pas encore son nom.

 

 

“Je veux que [mon art] soit comme un virus appartenant à l’institution”

 

 

Nous voici de retour 30 ans plus tard, à l’heure où une nouvelle pandémie – la plus grave du XXIe siècle – vient de mettre pendant quelques mois le monde entier à l’arrêt. Alors que celle-ci cause déjà une entrée difficile dans la nouvelle décennie, l’année 2020 marque aussi le trentenaire de l’œuvre Untitled (Fortune Cookie Corner) de Felix Gonzalez-Torres. La coïncidence n’échappe pas à Andrea Rosen, qui l’avait exposée la première dans son espace new-yorkais. Afin de célébrer cet anniversaire, la galeriste ainsi que David Zwirner, qui représente également l’artiste, ont une idée : remettre au jour sa pensée en jouant, comme il le souhaitait lui-même, sur le pouvoir de multiplication de ses œuvres. Avec le concours de la Felix Gonzalez-Torres Foundation, l’initiative invite donc 1000 personnes du monde entier – artistes, galeristes, commissaires d’exposition, directeurs de musées ou de centres d’art – ayant connu ou fréquenté l’artiste à reproduire dans un lieu de leur choix cette installation en biscuits de fortune selon des critères précis. Exposées aux visiteurs participants depuis le 25 mai, les piles seront réapprovisionnées en biscuits au 14 juin puis démontées le 5 juillet, date à partir de laquelle les fortune cookies ne pourront plus être considérés comme faisant partie de l’œuvre.

Felix Gonzalez-Torres, “Untitled (Fortune Cookie Corner” (1990-2020). Flavin Judd West Village, NY, USA

Felix Gonzalez-Torres, “Untitled (Fortune Cookie Corner” (1990-2020). Sunpride Foundation Kinwick Centre, Hong Kong, China @sunpridefoundation

De Rome à Séoul, de Stockholm à Los Angeles, de La Havane à Tel Aviv en passant par Caracas, Bruxelles et Shanghai, les plus grandes villes du monde se font donc actuellement les hôtes de ces nouvelles versions de l’œuvre, photographiées puis compilées sur le site de la galerie Andrea Rosen. En France, on peut également venir récupérer à son tour un biscuit dans l’espace de la New Galerie au cœur du Marais ou dans celui du Consortium, centre d’art de Dijon. Alors que le confinement a vu fleurir moult initiatives virtuelles faisant la promotion d’un art numérique accessible à tous, cette exposition transcontinentale défend donc à son tour une ubiquité de l’œuvre, capable à la fois d’envahir Instagram et d'être présente à plusieurs endroits simultanément, tout en préservant son expérience physique dont elle ne saurait se passer. “Avoir l’opportunité, particulièrement en ce moment, de réaliser que l’on participe à quelque chose qui a autant de sens est inspirant, et je pense que c’est réellement le fondement de la pratique de Félix : exploiter ce sentiment de générosité pour à la fois attirer et émouvoir les individus à travers leur implication”, confie Andrea Rosen à l’hebdomadaire The Observer.

 

 

La mémoire des centaines de milliers de victimes du Covid-19 résonne dans ces biscuits dont le cœur renferme les leçons d’un avenir incertain.

 

 

Car si Untitled (Fortune Cookie Corner) est, comme toute œuvre d’art se devrait d’être, libre d’interprétations, sa relecture à la lumière d’une crise sanitaire inédite ne peut s’abstraire du contexte actuel si pesant et aliénant. D’une même manière que l’on pouvait, à l’époque, lire dans ces objets accumulés la liste des morts du sida ou des Américains abattus par les armes à feu, la mémoire des centaines de milliers de victimes du Covid-19 résonne dans ces biscuits dont le cœur renferme les leçons d’un avenir incertain. Derrière sa connotation morbide se lit toutefois un message bien plus optimiste : la réalisation concrète d’une aspiration de l’art à l’universel qui, face à une tragédie inédite et mondiale, parvient à rappeler aux êtres humains l’importance d’être ensemble.

 

Felix Gonzalez-Torres, "Untitled" (Fortune Cookie Corner), 1990”, du 25 mai au 5 juillet dans de nombreuses villes du monde. Retrouvez la liste complète ici.

Lire aussi

  • 12
    Art

    Rencontre avec Nick Relph, l’artiste exposé au Consortium

  • La solidarité, nouveau cheval de bataille des galeries d'art?

    Alors que la crise sanitaire et les mesures de confinement ont paralysé l'ensemble du secteur culturel ces derniers mois, les initiatives de soutien provenant de ses acteurs ont été florissantes et, pour beaucoup, efficaces. Parmi elles, les galeries d'art se sont affirmées comme de véritables émissaires de l'entraide, développant de nombreux projets influencés par la situation si particulière que nous traversons. Entre ventes d'œuvres caritatives et expositions collaboratives, retour sur ces démarches où un mot règne en maître : la solidarité.

    Retour au 1er décembre 2019, alors qu’un patient de 70 ans est hospitalisé en Chine. Il faudra quelques jours pour que celui-ci devienne le patient zéro du “coronavirus” ou “Covid-19”, dont les mots feront alors irruption dans les médias pour ne plus les quitter. Le 30 janvier, l’OMS prononce un état d’urgence de santé publique international : la pandémie est là, et progresse. Deux mois plus tard, une mise en quarantaine est ordonnée à la population de nombreux pays, dont la France, contraignant tous les lieux publics à fermer leurs portes. Le secteur culturel se trouve particulièrement impacté : cinémas, salles de spectacles, musées et autres lieux d’expositions perdent une grande partie de leur activité. Toutefois, dans le tourment cette période inédite et non-anticipée aux conséquences tragiques émergent de nombreuses initiatives solidaires, comme une lumière au bout du tunnel. Des structures mais aussi des citoyens concernés soutiennent les plus démunis, des acteurs d’un même secteur se serrent les coudes, de nouveaux modes de partage, d’expression et de communication naissent, dont les établissements culturels sont les premiers émissaires, jusqu’à occuper une place essentielle dans un quotidien confiné. Parmi ces démarches, les galeries d’art se montrent nombreuses à manifester leur fraternité qui prend, à cet égard, des formes multiples et parfois surprenantes.

     

     

    Aider les victimes de la pandémie

     

     

    Face à une pandémie affectant une grande frange de la population, l’urgence est bien évidemment au soutien de ses victimes, que celles-ci soient directes ou indirectes. Les galeries Almine Rech et Hauser & Wirth l’ont bien compris, proposant rapidement une aide directe par le biais de leurs ventes. Fin mai dernier, la première inaugure en ligne une exposition au titre éloquent : “The Coalition for the Homeless” (“La coalition pour les sans-abris”), du nom d’un organisme créé il y a quarante ans pour aider les personnes sans domicile fixe. Au programme, 18 artistes issus de New York ou du New Jersey parmi lesquels on retrouve les noms bien connus de Jeff Koons, Chloe Wise ou encore Sam McKinniss. Pour la vente de chaque œuvre, 50% de la somme est reversée à l’association, particulièrement mobilisée devant la situation des sans-abris exposés au Covid-19. Aux côtés de ses nombreuses expositions virtuelles proposées ces derniers mois, la galerie Hauser & Wirth a quant à elle créé le programme #artforbetter. L’un de ses principes majeurs : 10% de leurs bénéfices reviendront au fonds de solidarité COVID de l’OMS, tandis que la galerie suisse proposera également certaines productions inédites dont l’intégralité des bénéfices reviendra au fonds, à l’instar d’affiches réalisées par Jenny Holzer ou encore d’une série de photographies d’Annie Leibovitz qui sera disponible en 100 exemplaires dès lundi.

    Vue de la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin.

    Soutenir ses consœurs et confrères galeristes

     

     

    Pour tout les secteurs, la crise sanitaire et le confinement ont un même effet : exacerber les inégalités, les écarts d’influence et de moyens. Les structures les plus précaires et les moins solides sont immédiatement menacées jusqu’à devoir, pour certaines, mettre la clé sous la porte. Au titre de méga-galerie parmi les plus influentes du marché de l’art, la galerie David Zwirner a une idée originale : utiliser sa propre visibilité et son réseau pour mettre en avant des galeries plus jeunes et indépendantes. En avril, David Zwirner inaugure donc en ligne son programme intitulé “Platform” qui permet de visiter, sous la forme d’une exposition virtuelle, les œuvres proposées par une sélection de douze galeries et espaces d’exposition alternatifs basées à New York. Deux semaines plus tard, le principe est renouvelé avec la ville de Londres, puis Los Angeles. Enfin, le 22 mai dernier, la quatrième “Platform” proposait une sélection de galeries parisiennes et bruxelloises, proposant chacune à la vente des œuvres d’un de leurs artistes. Fort de son succès, le projet continuera de se décliner dans d’autres villes, pour l’instant gardées dans le secret par la méga-galerie.

     

     

    “Les viewing rooms ne pourront jamais se substituer aux expositions”

     

     

    Mais après plus de deux mois de confinement, à une heure où les galeries françaises sont déjà nombreuses à avoir rouvert leurs portes depuis quelques semaines, il est toutefois évident que le format de l’exposition virtuelle connaît ses limites. L’art peut encore difficilement se passer de l’expérience physique et “les viewing rooms ne pourront jamais se substituer aux expositions”, comme le déclare Emmanuel Perrotin. Fort de ce constat, le célèbre galeriste français a décidé d’inaugurer le 23 mai un projet généreux : pendant près de trois mois, 26 galeries parisiennes seront invitées à exposer dans un espace de sa propre galerie, situé impasse Saint-Claude dans le Marais. Réparties par groupe de six ou sept qui investiront le lieu en alternance, les participantes pourront donc montrer et vendre des œuvres qu’elles n’ont pas pu exposer entre leurs murs ou ceux des foires durant ces derniers mois. C’est le cas de la galeriste Anne-Sarah Bénichou, qui présente pour l’occasion des travaux textiles de Marion Baruch dont les surfaces ajourées dessinent au mur des formes abstraites jouant sur les vides et les pleins – un travail qui ne fut redécouvert que récemment, donnant à l’artiste roumaine de 90 ans une appréciation tardive. Située à Belleville, la galerie Crèvecœur profite elle aussi actuellement de l’espace plus vaste et plus densément fréquenté de Perrotin, où elle présente des peintures de l’artiste argentine Ad Minoliti. Ensemble, les galeristes parisiens invités se sont concertés pour disposer leurs œuvres, développant un véritable travail collaboratif qui renforcera sans doute le lien entre les acteurs du secteur tout en leur permettant d’étendre leur réseau et leur clientèle. “C’est une invitation généreuse et intelligente, qui vise à mettre en avant les différentes sensibilités des galeries invitées. Cela illustre bien la variation et la subtilité de la scène parisienne”, confie Alix Dionot-Morani, co-directeur de Crèvecœur. Le premier volet de l’expositions “Restons unis” s’achèvera déjà ce samedi 6 juin, laissant place à une nouvelle sélection à découvrir toutes les deux semaines.

    Lucy Bull, “Last Rot” (2020). Photo: High Art. Courtesy the artist and High Art

    Sharon Van Overmeiren, “He Who Walks Behind The Rows” (2019). Photo: HV Photography. Courtesy the artist and Damien & The Love Guru, Brussels

    Donner de la visibilité aux artistes

     

     

    Vidéos, entretiens, journaux, œuvres inédites, podcasts, textes… tout au long du confinement, nombreuses ont été les galeries à mettre en avant de manière quotidienne ou hebdomadaire les artistes qu’elles représentent, en proposant du contenu parfois exclusif à leur public. Ce fut le cas par exemple de White Cube, Sadie Coles, David Zwirner, Pace Gallery, Anne-Sarah Bénichou, Carpenters Workshop Gallery ou encore Kamel Mennour, qui permit avec ses “Home Delivery” envoyés par mail de parcourir chaque semaine l’ensemble de la carrière de l’un d’entre eux. Car soutenir les artistes est bien au cœur de la mission des galeristes qui, en choisissant de les représenter, décident de les accompagner et de les défendre pour encourager leur succès. Mais outre les plus célèbres et confirmés, le rôle de la galerie peut également être celui d’un tremplin pour des talents plus jeunes et émergents, ou tout simplement indépendants et moins connus. Il y a quatre ans, la galerie Thaddaeus Ropac a pris ce parti en invitant l’association française Jeune Création à exposer entre ses murs une sélection de plusieurs dizaines d’artistes autour d’une même thématique.

     

     

    La crise sanitaire nous conforte dans notre volonté d’être une plateforme de rencontre désintéressée permettant aux artistes ensemble de créer, réfléchir et agir”

     

     


    Du 12 au 26 septembre prochains, c’est donc dans le vaste espace à Pantin de la galerie que le public pourra visiter la nouvelle exposition de Jeune Création, qui investira également l’espace Niemeyer, sa galerie de Romainville et la Cabane Georgina Marseille. Une 70e édition sous le signe de la solidarité pour l’association, comme l’explique son directeur Jérémy Chabaud : “La crise sanitaire nous conforte dans notre volonté d’être une plateforme de rencontre désintéressée permettant aux artistes ensemble de créer, réfléchir et agir pour mettre l’art, les questions existentielles et le symbolique au cœur de nos vies.” Dans cette optique collaborative où le soutien est la clé, l’exposition se concentrera sur des artistes membres actifs de l’association, dont les noms n’ont pour l’heure pas encore été dévoilés. Cette troisième collaboration de Jeune Création et la galerie Ropac sera donc l'occasion de découvrir des talents dont la rencontre en ces lieux promet d’être surprenante et “performative”.

    Vue de l’exposition « ET POUR TOI C’EST QUOI LE MONDE D’APRÈS ? / HOW DO YOU SEE THE WORLD AFTER THIS? », kamel mennour, Paris 2020
    © Photo archives kamel mennour

    Aujourd’hui, alors qu’une bonne partie du monde connaît actuellement un déconfinement progressif mais prudent, encore hanté par l'ombre persistante de la pandémie, nos lendemains semblent encore bien incertains. Où serons-nous dans un an, dans dix ans, dans cinquante ans? Et qu’en sera-t-il des artistes et de leurs expositions? De quoi parleront les œuvres de l’après Covid-19, et pourra-t-on y retrouver un semblant d’optimisme? Jusqu’au 20 juin, la galerie Kamel Mennour habille ses murs de dizaines de dessins réalisés par des enfants du monde entier, auxquels il fut demandé de répondre à une simple question : “comment voyez-vous le monde après ce moment?”. Sur de simples feuilles A4, leurs réponses semble esquisser les premiers contours de cet avenir inconnu. Un avenir où la solidarité sera, semble-t-il, plus que jamais de mise.

  • 02
    Numéro art

    Comment soutenir les jeunes artistes français affectés par la crise?

loading loading