Dimanche 5 juillet, 14 heures à Pantin : nous voilà en direct des Ateliers Hermès sur le site de la maison française. En amont de la Fashion Week homme, celle-ci présente sa collection masculine avec la collaboration artistique du metteur en scène Cyril Teste. La voix d’une opératrice insinue un doute : est-ce que tout marche bien ? “Silence plateau, s’il vous plait”, l'entend-on annoncer. Car nous n'assistons pas ici à une présentation classique de la semaine de la mode. En fait, nous ne sortirons même pas des coulisses. Les mannequins sont habillés, mais il faut remonter les manches des uns, faire patienter les autres. Les mains de Véronique Nighanian, la directrice artistique de la maison, s’attardent sur un col, désignent une ceinture, tandis que les caméras se reflètent dans les miroirs en suivant la cadence d’un modèle. 

 

C’est en plongeant au coeur de ces ateliers, en pleine — fausse — répétition que le spectateur peut finalement vraiment apprécier la collection de dix-huit silhouettes, au lieu de la quarantaine habituelle des collections homme de la maison. Les détails à noter et à retenir, la directrice artistique les montre explicitement aux spectateurs ou bien la caméra s’y attarde : le jeu de rayures fil à fil entre les chemises en popeline et leurs homologues blousons et vestes, des côtes anglaises rebrodées de cuir sur un pull, une ceinture jaune fluo qui vient éveiller les bleus pâle ou tempête, le vert amande et l’écru qui habillent les pièces... Les matières sont légères et fines, ce qui donne aux modèles leur allure décontractée ; les tailles sont élastiquées, les poches plaquées, et les blousons amples. Sur une chemise classique, un imprimé équestre devient presque abstrait, tout en douceur. Les sandales en veau et le sac Haut à courroies Cargo viennent compléter les looks et accentuent leur esprit vacancier.