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Comment Brent Faiyaz est devenu une figure incontournable du R’n’B
À 30 ans, le chanteur américain Brent Faiyaz a bâti l’une des carrières les plus singulières du R’n’B contemporain. Avec Icon, son dernier opus sorti le 13 février 2026, l’ancien enfant prodige de SoundCloud, collaborateur de Drake et des Neptunes, s’impose comme l’une des figures les plus influentes de sa génération.
par Alexis Thibault.

Brent Faiyaz, une star de R’n’B qui se joue des codes
L’album Icon (publié le 13 février 2026) devait initialement sortir le 18 septembre 2025. Mais la veille, un message est tombé dans le groupe de discussion de l’équipe du chanteur de R’n’B et producteur américain Brent Faiyaz, 30 ans. “J’annule tout”. Le disque, les morceaux, les clips… Tout doit être stoppé net sans la moindre explication. Un mois plus tard, une vidéo publiée sur ses réseaux lève finalement un coin du voile. Dans l’introduction du titre Have To (2026), l’artiste confirme lui-même avoir tout sabordé, à quelques heures de la mise en ligne.
Les spéculations vont bon train. Une frange de fans et quelques médias y voient un calcul : éviter une collision frontale avec Am I the Drama?, le disque très attendu de Cardi B, prévu le même jour. D’autres pensent qu’il s’agit d’un caprice d’artiste adepte de la rétention. Citons Travis Scott, Kanye West et Playboi Carti qui ont tous joué, chacun à leur façon, avec la frustration de leurs auditeurs. Après une ultime écoute, le chanteur de 30 ans estimait visiblement que l’album n’était pas encore à la hauteur…
Les deux singles promos sortis le 4 juillet, Tony Soprano et Peter Pan (2025), n’ont d’ailleurs pas survécu au montage final. Ce troisième opus studio partagé en février 2026 est donc un objet reconfiguré, plus court, plus tendu, réorchestré sous la direction de Raphael Saadiq aux côtés de Chad Hugo (Neptunes), Dpat et Tommy Richman. Quarante minutes, dix titres et aucun featuring… Le résultat est une œuvre à la fois contemporaine et vintage, évoquant par endroits l’Usher des années 2000 ou le Michael Jackson des eighties.
Un rappeur devenu chanteur
Né le 19 septembre 1995 à Columbia (Maryland), Brent Faiyaz grandit dans une banlieue tranquille entre Baltimore et Washington D.C., et s’abreuve de D’Angelo, Lauryn Hill et Timbaland avant de commencer à diffuser sa propre musique sur SoundCloud en 2013. Son plan initial ? Devenir rappeur. Mais peu après la sortie de son premier EP Black Child (2013), son manager le convainc de plutôt privilégier le chant qui deviendra son atout principal.
Le tournant arrive fin 2016 avec le titre Crew de GoldLink, une collaboration nommée aux Grammy Awards. Les majors se bousculent à sa porte. Des offres incluant une avance de 250 000 dollars lui sont proposées. Mais Brent Faiyaz les refuse toutes : “Ça n’a jamais été une question d’argent. Ça a toujours été une question de conditions”, explique son manager Ty Baisden au média Vice. À 18 % de royalties sur un deal deux albums, les chiffres ne tiennent tout simplement pas la route.”
Sonder Son (2017), son album le plus personnel et le plus autobiographique, posera finalement les bases d’une carrière radicalement indépendante. Le disque révèle que son vrai apprentissage scolaire était ailleurs : dans la maîtrise de l’histoire du R’n’B.
Le chantre du genre “toxic R’n’B”
Brent Faiyaz a construit son univers autour d’un falsetto, porté par des productions atmosphériques et minimalistes. Quant à ses textes, ils dissèquent les contradictions du désir amoureux au point que la presse finit par étiqueter son travail de “toxic R’n’B”, un sous-genre qui explore sans fard les zones grises de l’amour moderne. La séduction compulsive, l’incapacité à s’engager et la lucidité douloureuse sur ses propres contradictions sont ses thèmes de prédilection. Wasteland (2022), son deuxième album, en sera la démonstration la plus aboutie. Au programme, on retrouvera des collaborations signées Drake, Tyler, the Creator et The Neptunes.
Autre spécificité de Brent Faiyaz ? L’artiste est très hésitant à l’idée de se produire en concert parce qu’il sait qu’il ne veut pas faire d’erreurs. Mais le chanteur aura au moins prouvé qu’on peut bâtir l’une des carrières les plus influentes du R’n’B contemporain en ne cédant jamais sur rien.
Icon (2026) de Brent Faiyaz, disponible.