17 mars 2026

17 nominations, 17 défaites : la terrible malédiction de Diane Warren aux Oscars

Diane Warren est la compositrice la plus nommée aux Oscars sans jamais avoir gagné. Avec 16 nominations et autant de défaites, son parcours est marqué par une série d’échecs aussi improbables que répétitifs. Retour sur la malédiction qui poursuit cette légende malheureuse de la musique de film.

  • Par Alexis Thibault.

  • Publié le 4 mars 2025. Modifié le 23 mars 2026.

    La terrible malédiction de Diane Warren aux Oscars

    La malédiction n’a pas desserré son étreinte. Le 15 mars 2026, lors de la 98e cérémonie des Oscars, Diane Warren a été nommée pour la dix-septième fois dans la catégorie Meilleure chanson originale, cette fois pour Dear Me, ballade interprétée par Kesha et tirée du documentaire consacré à sa propre carrière, Diane Warren: Relentless.

    Mais prix est allé à Golden, tube planétaire du film d’animation KPop Demon Hunters, faisant de Warren la détentrice officielle du record de la plus longue série de nominations sans victoire compétitive dans l’histoire de l’Académie.

    L’anée dernière, elle avait vu la statuette lui échapper au profit de d’El Mal, morceau composé par Camille et Clément Ducol pour la bande originale du film Emilia Perez de Jacques Audiard. L’année passée, elle s’était inclinée cette fois face au What Was I Made For? de Billie Eilish et Finneas pour le Barbie de Greta Gerwig. Un dénouement prévisible mais cruel, qui renforçait alors un peu plus son statut de « grande maudite » des Oscars. Car si Diane Warren est une figure respectée dans l’industrie musicale, sa relation avec l’Académie tient davantage du calvaire que du couronnement.

    La compositrice Diane Warren reçoit un Oscar d’honneur.

    Une première nomination qui aurait dû tout changer

    Tout commence en 1988. Diane Warren décroche sa première nomination aux Oscars pour
    Nothing’s Gonna Stop Us Now, chanson phare du film Mannequin interprétée par le groupe pop rock de San Francisco Starship. Un titre ultra efficace à la mélodie accrocheuse et aux arrangements typiques des power ballads
    de la fin des années 80 qui poussaient la fosse à sortir son briquet en plein concert.

    Son style, déjà bien affirmé, repose alors sur une combinaison redoutable : des montées en puissance progressives et des refrains redoutables taillés pour l’arène. Pourtant, cette première incursion dans la compétition ne se solde évidemment pas par une victoire. La statuette revient finalement à (I’ve Had) The Time of My Life de l’incontournable Dirty Dancing. La chanson deviendra culte. Le trophée sera pour un autre jour.

    Les décennies suivantes, Diane Warren impose sa patte et enchaîne les tubes. Ses ballades, souvent interprétées par des artistes à voix, dégagent une intensité dramatique inimitable. On lui doit notamment Because You Loved Me interprété par Céline Dion –qui décroche toutefois un Grammy Award – I Don’t Want to Miss a Thing d’Aerosmith (Armageddon, 1998) ou encore There You’ll Be de Faith Hill (Pearl Harbor, 2001). À chaque fois, l’Oscar lui résistera…

    Because You Loved Me (1996) de Céline Dion

    Des défaites mythiques et une résilience à toute épreuve

    Parmi ses nominations les plus notoires, celle de I Don’t Want to Miss a Thing en 1999 reste la plus
    incompréhensible. Ce titre, immense succès commercial et véritable symbole de la fin des années
    90, semblait inarrêtable. Pourtant, c’est When You Believe de Whitney Houston et Mariah Carey (Le
    Prince d’Égypte) qui l’emporte. Plus récemment, en 2021, Io Sì (Seen), qu’elle écrit pour Laura
    Pausini
    et le film La Vie devant soi, semblait être sa grande chance : une chanson sobre, poignante,
    en italien, parfaite pour une récompense de prestige. Mais l’Académie lui préfère alors Fight for You de
    H.E.R. extrait du long-métrage Judas and the Black Messiah.

    Face à ces déconvenues répétées, Diane Warren adopte un ton fataliste mais toujours mordant en interview.
    Je devrais avoir une carte de fidélité aux Oscars”, ironisait-elle en 2020. Après sa nouvelle défaite, en 2023,
    elle glissait : “J’espère qu’ils mettent mon nom sur un siège à la cérémonie. Autant que j’y sois confortablement installée !” Une auto-dérision qui cache mal une frustration palpable. D’autant plus que, malgré ces échecs, elle continue d’alimenter Hollywood.

    Ironie du sort, en 2022, l’Académie lui décerne un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Un prix qui récompense son impact sur la musique de film mais qui ne brise pas la malédiction : Diane Warren demeure, contre toute attente, l’une des plus grandes compositrices à n’avoir jamais gagné de vrai Oscar en compétition. Un paradoxe fascinant qui, au fond, ne fait que renforcer sa légende.

    Retrouvez le palmarès complet des Oscars 2026.