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Paul Mescal, l’acteur qui redéfinit la masculinité au cinéma
Révélé en adolescent torturé par la série phénomène Normal People, l’acteur irlandais Paul Mescal, nommé aux Oscars pour son rôle de père souffrant de dépression dans le bouleversant Aftersun, ne cesse d’impressionner. Alors qu’il sera à l’affiche de deux beaux films en 2026, Hamnet et Le Son des souvenirs, retour son ascension fulgurante à Hollywood et sur ses rôles aussi divers qu’audacieux.
par Violaine Schütz.
Publié le 22 mai 2025. Modifié le 24 février 2026.

À 30 ans seulement, Paul Mescal est l’une des sensations du moment à Hollywood. Révélé par la série géniale et subtile Normal People (en 2020), ce fils de policière et d’instituteur – l’anti nepo baby – affole les producteurs. Jusqu’à figurer dans Gladiator 2, réalisé par Ridley Scott. Un rôle (celui de Lucius qui doit “rendre la gloire à Rome à son peuple”) qu’il aurait raflé à la coqueluche du cinéma américain Timothée Chalamet…
Paul Mescal, un acteur qui redéfinit la masculinité
Sorti au cinéma en 2024, le péplum musclé Gladiator 2, voit l’acteur affronter Pedro Pascal dans une arène. Pour entrer dans la peau de ce guerrier téméraire, il a pris beaucoup de masse musculaire. Une transformation qui a affolé la toile… En effet, les photos de lui torse nu en gladiateur se partageaient allègrement sur X (ex-Twitter) et Instagram au moment de la sortie du film.
D’autres ont posté des photos de son visage aux côtés d’images de sculptures romaines ou grecques en notant des similitudes. Avec ce rôle, Paul Mescal deviendra, non plus la coqueluche du cinéma indépendant, mais une star sur laquelle il faut compter.

Un passé dans le football
Rien ne destinait pourtant l’égérie Gucci à une carrière dans le septième art. Il était en effet d’abord défenseur dans deux équipes de football gaélique, avant qu’une blessure à la mâchoire n’entrave ses plans de carrière dans le sport de haut niveau.
Diplômé en art dramatique à Dublin et doté d’une superbe voix chantée (ainsi que d’un don pour le piano), il optera finalement pour la comédie. Il fera ses premiers pas au théâtre. Un choix judicieux comme en témoigne le CV déjà très riche de cet acteur irrésistible qui plus à l’aise dans le grave que dans le léger.
Paul Mescal révélé par la série Normal People
Le monde le découvre en 2020. Cette année-là, la série romantique, subtile et émouvante Normal People, adaptée du best-seller éponyme de Sally Rooney, connaît un succès phénoménal. Et cela tient beaucoup au talent de ses interprètes principaux : Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal. Ce dernier, encore inconnu du public, crève l’écran dans le rôle de Connell Waldron.
Il interprète un garçon aussi mélancolique que sensuel. Peu à l’aise dans la communication, il vit une relation amicale et amoureuse compliquée avec Marianne. Cette histoire tumultueuse et très réaliste nous entraîne des bancs du lycée à l’université à Dublin, avec, en toile fond, le poids des différences sociales.
Ses muscles et son visage de statue grecque, son regard bleu perçant et son jeu tout en finesse font de Paul Mescal un nouvel idéal masculin. Il donne en effet à voir une masculinité non toxique, à la fois athlétique et sensible. Son personnage a l’audace d’exposer ses faiblesses (notamment lors d’une poignante séance de thérapie durant laquelle il s’effondre). En même temps, Paul Mescal ose le nu frontal. L’Irlandais (à l’accent prononcé) séduit immédiatement les spectateurs et devient l’objet de nombreux comptes Instagram postant des captures d’écran de sa plastique… Sous toutes les coutures.

Une aura sexy façon Marlon Brando
Un an après la sortie de Normal People, le film de The Lost Daughter (2021), réalisé par l’actrice Maggie Gyllenhaal et diffusé sur Netflix, confirme son talent. Le projet a beaucoup fait parler de lui pour son thème. Celui s’avère en effet peu vu au cinéma, car tabou : le regret maternel. Dans ce long-métrage troublant, chaque acteur exécute à la perfection sa partition. La critique n’a pas manqué de saluer les performances renversantes d’Olivia Colman (La Favorite, The Crown), Jessie Buckley (Je veux juste en finir) et Dakota Johnson dans des rôles de mères dépassées.
Mais Paul Mescal, dont la sensualité rappelle celle d’un Marlon Brando jeune, s’en sort aussi haut la main dans le rôle du plagiste sympathique et sexy qui aimante tous les regards féminins. En objet de fantasme qui n’est là que pour la saison des vacances en Grèce, l’acteur illumine un drame psychologique très noir.
Olivia Colman confiait d’ailleurs dans une interview qu’elle ne pouvait pas regarder Paul Mescal dans les yeux au début du tournage du film, tellement le souvenir de sa performance dans Normal People (et sans doute aussi le bleu piscine de son regard) l’étourdissait. L’actrice a même improvisé une scène avec l’Irlandais dans laquelle elle flirte avec lui. C’est l’effet Mescal…

Des rôles exigeants, d’Aftersun à Sans jamais nous connaître
Cependant, il ne s’agit pas du meilleur long-métrage de Paul Mescal. C’est un film évanescent et elliptique d’une telle beauté et d’une telle justesse qu’on a du mal à ne plus y penser, une fois la projection terminée. Dans le sublime Aftersun (2023), premier long-métrage et véritable coup d’éclat de la réalisatrice écossaise Charlotte Wells, Paul Mescal incarne un père divorcé en vacances avec sa petite fille de 11 ans, en Turquie, à la fin des années 1990.
Si dans cette carte postale du passé (dont se remémore, une fois adulte, l’héroïne), les deux êtres se livrent à des activités estivales a priori banales (piscine, glace, karaoké) aux alentours d’un hôtel low cost. Mais on sent poindre chez cet homme mystérieux une fragilité et un mal-être aussi secrets que déchirants… Mutique, le jeu tellement crédible de Paul Mescal nous traverse de multiples frissons.

Des projets audacieux, d’Hamnet au Son des souvenirs
En donnant un visage, magnifique, aux hommes qui souffrent en silence et cachent une fêlure, Paul Mescal aurait pu remporter l’Oscar du meilleur acteur 2023. Cette année-là, il était nommé aux côtés d’Austin Butler, de Colin Farrell et de Brendan Fraser. Une récompense précoce, mais qui aurait été amplement méritée pour un comédien qui possède un don inné pour nous ravager le cœur.
Depuis, on l’a vu dans le Carmen (2023) de Benjamin Millepied, le premier long-métrage du chorégraphe. Puis dans la romance gay déchirante entre deux êtres solitaires Sans jamais nous connaître, sortie au cinéma en février 2024. Une nouvelle fois, cet Apollon au regard bleu mélancolique des plus magnétiques charme par sa sensualité et son charisme face à l’excellent Andrew Scott (le hot priest de Fleabag et héros de la série Ripley).
Et le nouveau projet de Paul Mescal ne fait que témoigner de sa versatilité ainsi que de sa capacité à redéfinir les codes de la masculinité à Hollywood. En compétition officielle au Festival de Cannes 2025, Le Son des souvenirs (The History of Sound en VO), qui sort au cinéma le 25 février 2026, est un drame romantique et historique mettant en scène l’acteur irlandais… Et le charme des deux protagonistes principaux risque de ne laisser personne indemne.
Il vit une romance gay avec l’acteur Josh O’Connor durant la Seconde Guerre mondiale dans ce film signé du réalisateur Oliver Hermanus. Une performance qui témoigne, encore, de l’audace – comme du talent – de l’acteur habitué aux rôles qui font pleurer.

La star d’un biopic très attendu sur les Beatles
Autre rôle majeur ? Le comédien qui vient d’officialiser sa relation avec la chanteuse Gracie Abrams joue le jeune William Shakespeare, plongé dans l’Angleterre de 1580, dans Hamnet (2026) de Chloé Zhao (Nomadland), actuellement au cinéma. Il est alors un professeur de latin fauché qui fait la connaissance d’Agnes, sa future femme. Ensemble, ils ont trois enfants. Mais l’un d’eux meurt de la peste bubonique. Désespéré, il s’isole en se plongeant à fond dans sa carrière naissante de dramaturge à Londres. De ce drame naîtra le chef-d’œuvre Hamlet. Dans ce film, il nous offre une interprétation intense et bouleversante face à une Jessie Buckley impressionnante.
Puis, on le verra dans la peau de Paul McCartney au sein de quatre biopics dédiés aux Beatles signés Sam Mendes, prévu pour 2028 et dans le prochain long-métrage de Richard Linklater, Merrily We Roll Along. Cette histoire de compositeur de Broadway qui abandonne sa carrière théâtrale à New York pour produire des films à Los Angeles et ces films sur l’immense groupe de pop devraient encore un peu l’imposer comme l’un des acteurs majeurs de sa génération.
Hamnet (2026) de Chloé Zhao, actuellement au cinéma. Le Son des souvenirs d’Oliver Hermanus, au cinéma le 25 février 2026.