27 juil 2026

Les costumes de films les plus iconiques de l’histoire du cinéma

Du tailleur rose d’Elle Woods à la combinaison jaune de Beatrix Kiddo, en passant par la petite robe noire d’Audrey Hepburn ou les créations futuristes de Jean Paul Gaultier pour Le Cinquième Élément, certains costumes ont largement dépassé le cadre du grand écran. Devenus des références culturelles à part entière, ils continuent d’inspirer les créateurs, les tendances et les déguisements d’Halloween des décennies après leur apparition. Retour sur les costumes les plus iconiques de l’histoire du cinéma.

  • par Ambra Flora

    et Hanna Zetlaoui .

  • Pourquoi certains costumes deviennent-ils iconiques ?

    Au cinéma, un costume ne sert pas seulement à habiller un personnage. Il raconte une époque, traduit une personnalité et contribue à construire un imaginaire collectif. Certains looks deviennent même indissociables des œuvres dont ils sont issus : la robe noire d’Audrey Hepburn, le trench en cuir de Neo dans Matrix ou encore le tailleur jaune de Cher Horowitz dans Clueless. Grâce au travail des costumiers, ces silhouettes traversent les décennies et continuent d’influencer la mode, la pop culture et les créateurs contemporains.


    Des héroïnes aux looks devenus cultes

    La bande-annonce du film Grease (1978).

    Le style rock 50’s de Sandy et Danny dans Grease

    Un film des années 1970 qui raconte la vie de lycéens des années 1950, le tout en chansons ? On pense immédiatement à Grease, et surtout à la tenue noire très près du corps portée par Sandy (Olivia Newton-John) lors de son interprétation du morceau entêtant You’re the One That I Want. Impossible également d’oublier les Perfectos arborés par les T-Birds, la bande dont fait partie le séducteur Danny Zuko, incarné par John Travolta, avant que Sandy ne s’approprie elle aussi cette pièce devenue emblématique. Aux costumes, Albert Wolsky compose un vestiaire cohérent, fidèle à l’époque, dont les silhouettes restent aujourd’hui encore immédiatement reconnaissables. (H.Z)

    La transformation de Julia Roberts dans Pretty Woman

    De la robe en lycra bleue et blanche associée à ses cuissardes en PVC à la spectaculaire robe de soirée rouge créée sur mesure par la costumière Marilyn Vance, le vestiaire de Pretty Woman compte parmi les plus mémorables du cinéma des années 1990. Au côté de Richard Gere, Julia Roberts se glisse dans la peau du personnage de Vivian et, pour ce faire, une garde-robe travaillée est mise à l’honneur afin de suivre le parcours de la protagoniste, donnant naissance à des looks on ne peut plus caractéristiques des années 1980. (H.Z)

    La bande-annonce du film La Revanche d’une Blonde (2001).

    Les total looks roses dans La Revanche d’une blonde

    Quand le vestiaire académique rencontre l’ultra-girly, Elle Woods (Reese Witherspoon) impose une silhouette immédiatement reconnaissable, devenue l’un des symboles mode des années 2000. Total looks roses, tailleurs ajustés, accessoires féminisés jusqu’au stylo : la garde-robe du personnage, imaginée par la costumière Sophie de Rakoff, transforme les codes classiques de l’étudiante en droit en une véritable ode à la féminité et au pouvoir. 

    Plus de vingt ans après sa sortie, l’influence de son vestiaire ne faiblit pas. Au contraire, une nouvelle génération continue de s’approprier les codes vestimentaires du personage. En témoigne, la sortie ce 1er juillet 2026 de la série Elle sur Prime Video qui revient sur les années lycée de l’héroïne témoigne de l’influence durable de ces looks sur le cinéma. (H.Z)

    L’actrice Alicia Silverstone dans son costume de Clueless lors de son passage pour Lip Sync Battle (2018).

    Le mode 90’s de Clueless

    Avec son système de garde-robe numérique, en avance sur son époque et qui a fait rêver plus d’un spectateur, Clueless s’est imposé comme l’un des films incontournables en matière de mode. Inspiré du roman Emma de Jane Austen, le long-métrage s’inscrit dans la vague des réinterprétations modernes des grands classiques de la littérature qui marque la décennie, à l’image de Roméo + Juliette (1996) ou 10 bonnes raisons de te larguer (1999). Dans Clueless, on suit Cher Horowitz (Alicia Silverstone), une lycéenne de Beverly Hills aux goûts vestimentaires pointus.

    Imaginés par la costumière Mona May, les looks du film ont largement contribué à son statut d’œuvre générationnelle. L’ensemble à carreaux jaune et noir, rehaussé de chaussettes montantes blanches, porté par Cher est devenu l’une des silhouettes les plus reconnaissables du cinéma, au point qu’Alicia Silverstone l’a ressorti à l’occasion de son Lip Sync Battle en 2018. L’engouement autour de cette silhouette est tel que Mattel en a même fait une poupée Barbie, reproduisant fidèlement cette tenue devenue, en quelques années, un véritable symbole de la mode des années 1990. (H.Z)

    Les looks girly des Plastics dans Lolita malgré moi

    Le personnage de Regina George dans Lolita malgré moi (Mean Girls) restera à jamais l’une des figures les plus emblématiques des années 2000, autant pour l’interprétation mémorable de Rachel McAdams que pour sa garde-robe girly. En effet, mini-jupes, cardigans roses et débardeurs ajustés suffisent à évoquer l’uniforme emblématique de chacune des Plastics dont elle est la cheffe. De plus, le film a offert l’une de ses silhouettes les plus cultes avec l’ensemble aux inspirations Juicy Couture rose, dont certains diront le glamour l’emporte sur le kitsch, porté par la mère de Regina, incarnée par Amy Poehler. Si cette dernière se veut « cool mom”, Regina George restera encore et toujours la cool mean girl vêtue de rose. (H.Z)

    La bande-annonce du film Barbie (2023).

    Le barbiecore de Margot Robbie dans Barbie

    Bien avant la sortie du film en 2023, Barbie avait déjà acquis le statut d’icône. L’adaptation de Greta Gerwig n’a fait que prolonger cette histoire en donnant vie, à l’écran, à un Malibu plus rose que jamais. Aucun détail n’a été laissé au hasard : les costumes participent pleinement à la scénographie, créant tantôt une tension narrative, tantôt une parfaite harmonie avec les décors. Barbie rappelle ainsi combien un stylisme réussi peut façonner l’identité visuelle d’un film. Ainsi, si chacun des looks portés par Margot Robbie a marqué les esprits, autant à l’écran que lors de la tournée promotionnelle, c’est notamment sa tenue de roller aux accents western qui s’est imposée comme la silhouette phare du film, au point d’être reproduite par Mattel sous la forme d’une poupée. (H.Z)


    Les costumes futuristes qui ont marqué la science-fiction

    La bande-annonce du film Le Cinquième Élément (1997).

    Les créations futuristes de Jean Paul Gaultier dans Le Cinquième Élément (1997)

    C’est en regardant Falbalas (1945) de Jacques Becker que Jean Paul Gaultier a décidé de devenir designer, un choix qui allait faire de lui l’un des plus grands noms de la mode, illustrant à merveille l’influence du cinéma sur la mode. Cette passion trouve son apogée dans Le Cinquième Élément (1997) de Luc Besson, où le créateur signe l’intégralité des costumes. Dans ce film de science-fiction déjanté situé au 23e siècle, Korben Dallas (Bruce Willis) fait équipe avec Leeloo (Milla Jovovich) pour sauver la Terre. Le costume bondage de Leeloo, steampunk et BDSM, reste sans doute l’un des plus iconiques. 

    Les uniformes d’hôtesses, mini-jupes en néoprène futuriste inspirée des silhouette des années 60, sont également emblématiques. Jean Paul Gaultier comme dans ses collections aiment brouiller les codes du genre, notamment à travers Ruby Rhod (Chris Tucker), dont la combinaison léopard subvertit les conventions masculines classiques. Son travail sur ce film lui a d’ailleurs valu une nomination aux César du meilleur costume. (A.F).

    Les total looks en cuir dans Matrix (1999)

    Long manteau de cuir noir, pantalon en latex, top en vinyle, lunettes teintées et cheveux gominées : l’esthétique de Matrix est instantanément reconnaissable. Portée par Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss dans les rôles de Neo et Trinity, la trilogie réalisée entre 1999 et 2003 arbore un vestiaire futuriste devenu culte. 

    Derrière cette garde-robe iconique se trouve la costumière Kym Barrett, qui donne corps à l’univers virtuel imaginé par les sœurs Wachowski, en s’inspirant notamment de robes traditionnelles chinoises et de vêtements ecclésiastiques. Elle a également fait faire certains accessoires sur mesure tel que les lunettes de soleil signature du film. Au-delà de son influence majeure sur la pop culture, Matrix a aussi marqué la mode dès sa sortie. La haute couture automne 1999 de Dior, signée John Galliano, ou encore la campagne Balenciaga par Demna en porte notamment l’empreinte. Le film a même donné son nom à une véritable “tendance Matrix”. (A.F)

    La bande-annonce du film Star Wars Episode II: Attack of the Clone (2002).

    Les costumes iconiques de Padme Amidala dans Star Wars

    Obi-Wan, tu es sûr qu’il ne reste plus rien de valeur à bord ?”- “Quelques conteneurs de ravitaillement, la garde-robe de la reine, peut-être.” (citation de Gon Jinn et Obi-Wan Kenobi dans Star Wars: Episode I The Phantom Menace).

    En 1999, Natalie Portman, alors âgée de 18 ans, incarne Padmé Amidala, jeune reine de la planète Naboo dans la trilogie culte des préquels Star Wars. Conçue par la costumière écossaise Trisha Biggar, sa garde-robe mêle influences Art nouveau, édouardiennes, asiatiques et mongoles. Des majestueuses robes royales rouges et or aux tenues de voyage richement brodées, jusqu’à l’iconique combinaison de combat blanche accompagnée d’une cape, chaque costume raconte son évolution. Devenue culte, cette esthétique a inspiré plusieurs créateurs de mode, dont Nicolas Ghesquière pour Balenciaga collection printemps-été 2012 ou encore Versace. (A.F)

    La bande-annonce du film Dune (2021).

    Les costumes futuristes de Dune

    Rien ne destinait initialement la costumière Jacqueline West à imaginer l’univers de Dune. D’abord réticente à l’idée de travailler sur un film de science-fiction, elle collabore finalement avec Bob Morgan pour donner vie au monde de Dune, adapté au cinéma par Denis Villeneuve. Leur réflexion s’appuie directement sur le roman afin de concevoir des costumes capables de répondre aux contraintes de chaque peuple et de chaque environnement. Le résultat ? Une vision futuriste nourrie d’inspirations médiévales, où armures et drapés de tissus sont réinterprétés dans des matières organiques afin que les tenues se fondent dans les paysages arides d’Arrakis. Portés par un casting devenu culte, de Timothée Chalamet à Zendaya, ces costumes se sont rapidement imposés comme une nouvelle référence de la pop culture. (H.Z)


    Le glamour hollywoodien à son apogée

    La petite robe noire d’Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé

    Sûrement l’un des films les plus mode jamais réalisés, Diamants sur canapé a donné naissance à quelques-unes des plus belles silhouettes de l’histoire du cinéma. Edith Head, en collaboration avec Hubert de Givenchy, imagine le vestiaire d’Holly Golightly, interprétée par Audrey Hepburn. Diadème, longs gants noirs, rangs de perles et robe noire au col bateau composent une silhouette d’une élégance intemporelle, devenue l’une des plus célèbres du septième art.

    Diamants sur canapé s’inscrit surtout dans la longue collaboration entre Audrey Hepburn et Hubert de Givenchy, qui donnera également naissance aux costumes de Sabrina ou de Drôle de frimousse. Plus que des simples looks mémorables, ces silhouettes ont contribué à façonner la mode de l’époque en définissant les contours d’une féminité sobre mais d’un glamour sans nom, à la Hubert de Givenchy. (H.Z)

    Le glamour de Marilyn Monroe dans Les hommes préfèrent les blondes

    Difficile d’évoquer les costumes les plus iconiques du cinéma sans penser à la robe rose fuchsia portée par Marilyn Monroe dans Les Hommes préfèrent les blondes (1953). Imaginée par William Travilla pour la performance devenue plus que mythique de Diamonds Are a Girl’s Best Friend, cette création est entrée dans l’histoire de la mode autant que dans celle du cinéma. Son influence dépasse largement le film : Madonna lui rend hommage dans le clip de Material Girl, avant que Gossip Girl, Glee ou encore Suicide Squad ne revisitent à leur tour cette silhouette. Aujourd’hui encore, il suffit d’une robe rose satinée et d’une chevelure blonde pour que la référence s’impose immédiatement. (H. Z)

    Le glamour extravagant de La mort vous va si bien

    Avant The Substance de Coralie Fargeat (2024), il y avait La Mort vous va si bien de Robert Zemeckis, tourné entre Retour vers le futur III et Forrest Gump. Sorti en 1992, le film met en scène l’épatante Meryl Streep en actrice sur le déclin, Madeline Ashton, face à Goldie Hawn, parfaite en Helen Sharp, sa “friennemie” (amie et ennemie) de toujours. 

    Pour sublimer ce duel, la costumière Joanna Johnston imagine une garde-robe sophistiquée : Madeline enchaîne les tailleurs sculpturaux inspirés de Thierry Mugler et les robes spectaculaires aux accents Bob Mackie, tandis qu’Helen passe d’un vestiaire effacé à un glamour flamboyant. Aujourd’hui encore, ces silhouettes hyperféminines fascinent. En 2025, Jenna Ortega a porté un bustier de perles Givenchy, clin d’œil assumé à la robe iconique d’Isabella Rossellini, inoubliable Lisle von Rhuman détentrice de l’élixir de jouvence. (A.F)

    Les costumes des Années folles dans Gatsby le Magnifique

    Avec Gatsby le Magnifique, Baz Luhrmann est parvenu à associer durablement l’esthétique des Années folles à son adaptation du roman mythique de F. Scott Fitzgerald. Aux costumes, Catherine Martin, épouse du réalisateur, collabore avec Miuccia Prada afin de concevoir un vestiaire aussi extravagant que somptueux. Les plus férus de mode auront d’ailleurs reconnu les réinterprétations de silhouettes issues des archives Prada et Miu Miu des collections automne-hiver 2010 et printemps-été 2011.

    Tailles descendues, costumes colorés, robes brodées et coiffes spectaculaires font du film une véritable merveille visuelle, dont les costumes demeurent une référence incontournable lorsqu’il s’agit de représenter les Années folles au cinéma. Les silhouettes de Daisy Buchanan (Carey Mulligan), sublimées par les créations Prada et les bijoux Tiffany & Co., répondent aux costumes Brooks Brothers imaginés pour les personnages masculins, dans un dialogue permanent entre héritage et modernité, à l’image d’une époque en pleine mutation. (H.Z)


    Costumes de légende entre fantasy, conte et fantastique

    Le costume gothique d’Edward aux mains d’argent

    Difficile de pénétrer dans l’univers sombre et fantastique de Tim Burton sans garder en mémoire les silhouettes de ses personnages. Cheveux ébouriffés, combinaison de cuir noir et immenses mains métalliques : Edward, interprété par Johnny Depp, est devenu l’un des personnages les plus immédiatement reconnaissables du cinéma. Aux costumes, Colleen Atwood imagine une silhouette particulière singulière et poétique, dont il est dit qu’elle s’est inspirée du look de Robert Smith, chanteur du groupe The Cure.

    Ce film marque d’ailleurs la première collaboration entre Tim Burton, Johnny Depp et Colleen Atwood, un trio qui donnera ensuite naissance à quelques-uns des personnages les plus iconiques du réalisateur. Plus de trente ans après la sortie du film, le costume d’Edward reste emblématique, preuve qu’une silhouette forte suffit parfois à entrer définitivement dans l’histoire du cinéma. (H.Z)

    Les costumes éclectiques de Beetlejuice

    Avec Beetlejuice, Aggie Guerard Rodgers imagine des costumes aussi excentriques que l’univers de Tim Burton. Impossible d’oublier la combinaison rayée noire et blanche portée par Michael Keaton, devenue l’un des costumes les plus reconnaissables des films de Burton. À l’opposé, Delia Deetz, incarnée par Catherine O’Hara, affiche un vestiaire inspiré des créateurs japonais qui secouent à cette époque le monde de la mode, parmi lesquels on retrouve notamment Issey Miyake, Comme des Garçons mais aussi Yohji Yamamoto. Entre avant-garde artistique et costumes éclectiques, ces deux silhouettes opposées participent pleinement à façonner le monde imaginé par Tim Burton, dont l’esthétique est restée suffisamment marquante pour accompagner la sortie de sa suite au cinéma en 2024. (H.Z)

    La bande-annonce du film Peau d’Âne (1970).

    Les costumes féeriques imaginés pour Peau d’Âne (1970)

    Une robe couleur du temps, une robe couleur de lune, une robe couleur de soleil…Peau d’Âne (1970) de Jacques Demy nous plonge dans un univers enchanté et enchanteur. Pionnier de la comédie musicale en France, Jacques Demy s’inscrit à contre-courant des lumières sombres de la Nouvelle Vague de son époque en offrant des univers visuels colorés et lumineux. Parmi ses chefs-d’œuvre, aux côtés des Parapluies de Cherbourg (1964) et Les Demoiselles de Rochefort (1967), Peau d’Âne se distingue, non seulement par sa reprise du conte, mais également par ses costumes somptueux. 

    Des tenues imaginées par Agostino Pace, scénographe et costumier de théâtre, sous l’étroite supervision du réalisateur. Les magnifiques robes portées par Catherine Deneuve (particulièrement lourdes et difficiles à porter, au point que des tabourets étaient glissés sous ses jupons entre les prises) côtoient les ensembles médiévaux du prince, mais aussi le glamour hollywoodien des robes drapées de Delphine Seyrig, qui incarne la Fée des Lilas, marraine protectrice de la princesse. (A.F)


    Les héroïnes fatales et les silhouettes inoubliables

    La bande-annonce du film Belle de Jour (1967).

    L’élégance bourgeoise de Catherine Deneuve dans Belle de Jour

    Dans Belle de Jour (1967), Yves Saint Laurent imagine pour Catherine Deneuve un vestiaire d’une élégance absolue qui marquera durablement l’histoire de la mode. La petite robe noire au col blanc, les escarpins vernis à boucle initialement dessinés pour la collection automne-hiver 1965 et le trench-coat issu de la ligne Rive Gauche de 1966 connaissent un tel succès qu’ils quittent l’écran pour envahir la rue. Les chaussures seront même rebaptisées “Belle de Jour”, tandis que les ventes du trench s’envolent après la sortie du film. Une preuve supplémentaire du pouvoir du cinéma à transformer un vêtement en icône. (H.Z)

    Les costumes de ballet sombres et envoûtants de Black Swan

    S’il ne fallait retenir qu’un seul costume de Black Swan, ce serait surement celui du Cygne noir. Natalie Portman y incarne la jeune et fragile danseuse classique Nina Sayers dans une performance absolument saisissante, sublimée par un tutu noir, un corset orné de plumes et un maquillage qui envahit progressivement son visage et ses mains.

    Conçus par Amy Westcott, avec les costumes de scène réalisés par Rodarte, ces looks traduisent visuellement la transformation psychologique fascinante et inquiétante du personnage. Les sœurs Mulleavy, fondatrices de la maque Rodarte, exploraient déjà cet univers sombre et romantique dans leur collection automne-hiver 2008. Depuis la sortie du film, les tenues de danseuse de ballet revisitées en noir restent instantanément associées à Black Swan. (H.Z)

    La tenue badass de Lara Croft dans Tomb Raider

    Avec son haut ajusté, son short cargo, son sac à dos, ses bottes montantes et ses célèbres holsters fixés aux cuisses, Lara Croft, interprétée par Angelina Jolie dans la version de 2001, possède l’une des silhouettes les plus reconnaissables du cinéma.

    Imaginé par la costumière Lindy Hemming, ce vestiaire reprend les codes de l’héroïne du jeu vidéo Tomb Raider tout en les adaptant à une véritable tenue d’action : pratique, résistante et pensée pour accompagner les mouvements du personnage. Entre équipement militaire, influences sportives et esthétique aventurière, cette silhouette utilitaire s’est rapidement imposée comme l’un des looks d’héroïne badass les plus iconiques de la pop culture, à tel point qu’elle continue d’être reproduite pour Halloween. (H.Z)

    La combinaison jaune d’Uma Thurman dans Kill Bill

    Ce n’est un secret pour personne, Quentin Tarantino a toujours accordé une importance particulière à l’esthétique de ses films ainsi qu’à ses références. Dans Kill Bill (2003), les costumes participent pleinement à la narration et sont devenus aussi iconiques que les personnages eux-mêmes. À la simple vue de la combinaison jaune de Beatrix Kiddo, portée par Uma Thurman, on reconnaît le film entre mille.  Imaginée par Catherine Marie Thomas et Kumiko Ogawa, elle rend hommage à Bruce Lee et à sa célèbre tenue dans Le Jeu de la mort (1978).

    Les autres personnages féminins sont tout aussi bien pensé. La tueuse Gogo Yubari arbore un uniforme scolaire inspiré des sukeban, ces gangs de lycéennes rebelles japonaises des années 60. Et la leadeuse Yakuza O-Ren Ishii (Lucy Liu) apparaît dans un somptueux kimono blanc lors du duel final, créant alors un contraste avec la silhouette jaune ensanglantée de son adversaire. (A.F)


    Les silhouettes rétro et colorées de 8 femmes

    Dans 8 Femmes (2002), la costumière Pascaline Chavanne imagine huit silhouettes immédiatement reconnaissables, inspirées des films en Technicolor des années 1950 et volontairement stylisées afin de s’inscrire dans l’univers théâtral et coloré de François Ozon.

    En effet, chaque personnage est identifié par une couleur, une coupe et une allure qui traduisent des personnalités tès distinctes : les robes satinées de Gaby (Catherine Deneuve) incarnent l’élégance bourgeoise, les robes rouges cintrées, fourrures et longs gants de Pierrette (Fanny Ardant) évoquent la femme fatale, tandis que les cardigans, jupes sobres et lunettes d’Augustine (Isabelle Huppert) soulignent sa réserve. Ainsi, plus qu’une simple reconstitution d’époque, ces costumes utilisent la couleur et le costume comme un moyen de transformer chaque personnage en une silhouette iconique et surtout très identifiable, faisant du vestiaire de 8 Femmes l’une des signatures visuelles les plus mémorables du cinéma français. (H.Z)

    Les looks flamboyants de Sharon Stone Casino

    Pour Casino (1995), les costumiers Rita Ryack et John A. Dunn recréent toute l’exhubérance du Las Vegas des années 1970 à 1980. En effet, Sharon Stone apparaît dans une succession de silhouettes absolument spectaculaires mêlant créations de Bob Mackie, Oscar de la Renta, mais aussi un ensemble Courrèges bleu aux inspirations directes des années 1960, à des pièces vintage soigneusement sélectionnées, tandis que Robert De Niro porte plusieurs dizaines de costumes réalisés sur mesure par l’immense Giorgio Armani. Entre strass, imprimés, fourrures et silhouette ultra-glamour, ce vestiaire flamboyant est devenu une signature esthétique on ne peut plus mémorables des films de Martin Scorsese. (H. Z)


    Gangsters, anti-héros et tailoring culte

    La bande-annonce du film American Psycho (2000).

    Les costumes Armani de Patrick Bateman dans American Psycho

    Imperméable transparent, costume impeccablement taillé, hache à la main : le vestiaire de Patrick Bateman dans American Psycho (2000) est reconnaissable entre mille. Une juxtaposition brillante d’une allure irréprochablement chic et d’une violence glaçante qui fait de cette silhouette imaginée par la costumière Isis Mussenden l’un des looks les plus marquants du film. Mais si cette tenue aussi élégante qu’effrayante est restée dans les mémoires, c’est l’ensemble de la garde-robe de Christian Bale dans le film qui continue de fasciner. Costumes croisés, fines rayures et longs manteaux, majoritairement signés Armani, témoignent autant de l’influence durable de la maison italienne sur le vestiaire masculin que de la force d’une silhouette aux coupes impeccablement maîtrisées. (H.Z)

    Le look minimaliste de Mia Wallace dans Pulp Fiction

    Lorsqu’il suffit d’une chemise blanche légèrement déboutonnée, d’un pantalon noir et d’un carré à frange pour reconnaître un personnage, c’est que le vêtement dépasse largement le simple cadre du récit. Mia Wallace, interprétée par Uma Thurman, continue d’envoûter des générations de spectateurs, notamment grâce à la scène inoubliable du concours de twist, qui transforme un ensemble d’une grande simplicité en une silhouette indissociable du film de Quentin Tarantino. Sa coiffure iconique aurait d’ailleurs été inspirée de celle d’Anna Karina. Jusqu’au bout des ongles, le look marque les esprits : son vernis Rouge Noir de Chanel a suscité un véritable engouement et contribue encore aujourd’hui à faire de cette teinte l’une des couleurs les plus mythiques de la maison. Si Pulp Fiction demeure une œuvre incontournable du cinéma, son styling, des cheveux jusqu’au bout des doigts, participe pleinement à son influence intacte encore à ce jour. (H.Z)

    Les costumes cultes de Scarface

    Sous la direction de la costumière Patricia Norris, Scarface (1983) construit un contraste visuel saisissant entre ses deux personnages principaux. Le vestiaire d’Elvira Hancock, incarnée par Michelle Pfeiffer, puise autant dans des références des années 1930 que dans celles des années 1970.

    Robes satinées, coupes fluides, épaules dénudées et palette de bleus, de blancs et de noirs tendent à rappeler l’esthétique de Roy Halston, figure majeure de la mode américaine. Sa célèbre robe de soirée bleue et sa coupe au carré blonde sont ainsi devenues des références incontournables de la mode au cinéma. À l’inverse, Tony Montana (Al Pacino) affiche toute l’exubérance des années 1980 à travers des costumes aux couleurs éclatantes et chemises aussi colorées qu’amplement déboutonnées. (H.Z)


    New York à travers le prisme du style

    La bande-annonce du film Manhattan (1979).

    Le style androgyne de Diane Keaton dans Manhattan

    Pour Manhattan (1979), Ruth Morley imagine un vestiaire new-yorkais à la fois sophistiqué et d’une grande sobriété. Les silhouettes de Diane Keaton mêlent tailoring masculin, chemises blanches, jupes longues, trenchs et tweeds, dans la continuité du style androgyne qu’elle avait contribué à façonner dans Annie Hall, devenu depuis complètement reconnaissable. (H.Z)

    Le style impeccable du Diable s’habille en Prada

    Véritable référence cinématographique sur l’univers de la mode, Le Diable s’habille en Prada (2006) a marqué les esprits autant par son récit que par ses costumes devenus cultes. En effet, le long-métrage multiplie les silhouettes immédiatement reconnaissables grâce au travail de la costumière Patricia Field. Des bottes Chanel portées par Andy Sachs (Anne Hathaway) aux silhouettes impeccables de Miranda Priestly (Meryl Streep), chaque tenue révèle une facette de l’univers impitoyable de la mode. Mais c’est surtout une réplique, et la tenue dont elle est née, qui est entrée dans l’histoire de la mode : la célèbre leçon sur le pull bleu céruléen porté par Andy, dans laquelle Miranda rappelle que même les vêtements les plus ordinaires sont le fruit des décisions prises par les maisons de couture. (H.Z)

    La bande-annonce du film Léon (1994).

    Le minimalisme façon 90s de Léon

    Dans Léon (1994), les costumes participent pleinement à la construction de deux personnages devenus immédiatement reconnaissables. Mathilda, interprétée par une jeune Natalie Portman, impose une silhouette devenue culte avec son carré court, son collier choker et ses tenues directement inspirées du vestiaire adolescent des années 1990. Une allure très controversée, tant par la représentation de la jeune fille dans le film, âgée de 12 ans à l’époque, que par les souvenirs traumatisants du tournage évoqués par Natalie Portman. Face à elle, Jean Reno compose une silhouette représentative de la mode masculine des années 1990 : manteau long noir, petites lunettes rondes et vêtements sobres dessinent l’allure minimaliste et solitaire de Léon. Imaginés par le costumier Stefano Guidasci, ces deux vestiaires opposés contribuent encore à ce jour à l’identité visuelle singulière du film de Luc Besson. (H. Z)


    Les costumes de cinéma, entre mode et héritage culturel

    Bien plus que de simples vêtements, les costumes de cinéma participent à la construction de personnages devenus mythiques. Des créations d’Hubert de Givenchy pour Audrey Hepburn aux silhouettes futuristes imaginées pour Matrix ou Star Wars, ces tenues marquent durablement l’histoire du septième art. Sources d’inspiration pour les créateurs de mode comme pour le grand public, elles témoignent du pouvoir de l’image et de la capacité du costume à transformer un personnage en icône. Des décennies après leur apparition à l’écran, ces looks continuent d’influencer les tendances et de nourrir l’imaginaire collectif, confirmant leur statut de véritables légendes du cinéma.