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Dans le film Coutures, Angelina Jolie fait dans la dentelle
Après avoir séduit la critique avec le long-métrage Revoir Paris, Alice Winocour s’attaque à l’univers de la mode avec Coutures (Stitches), un film dont l’action se déroule pendant la Fashion Week, dans la capitale française. Attendu pour ce mercredi 18 février 2026, ce projet met en lumière le destin croisé de trois femmes, avec une Angelina Jolie magistrale et bouleversante en tête d’affiche. Notre chronique.
par Violaine Schütz,
Publié le 8 septembre 2025. Modifié le 17 février 2026.
Coutures, le nouveau film d’Alice Winocour
Quelques années après le drame Revoir Paris (2022), centré sur un attentat survenu dans une brasserie et porté par une Virginie Efira au sommet de son art, le nouveau film de la réalisatrice française Alice Winocour (Proxima, Augustine, Maryland) arrive au cinéma cette semaine… Il a été présenté lors du Festival International du Film de Toronto en septembre 2025 et sera dans les salles obscures dès le 18 février 2026.
Le film Coutures (Stitches) se déroule dans le milieu de la haute couture parisienne. Et il retrace l’histoire de trois femmes de générations différentes dont le destin se croise durant la Fashion Week. L’une d’elles est une réalisatrice de films d’horreur, nommée Maxine Walker, qui apprend qu’elle a un cancer du sein. Cette dernière est incarnée avec subtilité et intensité par la star américaine Angelina Jolie.

Le destin de trois femmes au cœur du milieu de la mode
Aux côtés d’Angelina Jolie, on retrouve au casting de Coutures Louis Garrel (dans le rôle de l’amant de l’héroïne) et Ella Rumpf (dans la peau d’une maquilleuse qui rêve d’être écrivaine), la révélation Anyier Anei en mannequin débutante projetée new face de la Fashion Week, mais aussi Garance Marillier (Grave, Titane) en couturière, Vincent Lindon en médecin plein de compassion et Finnegan Oldfield. Comme pour certains projets précédents d’Alice Winocour, à l’image de Proxima (2019), elle a tourné ce film en français et en anglais.
Le pitch du long-métrage en partenariat avec Chanel et la Ligue contre le cancer ? “À Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.”

Une Angelina Jolie magistrale
Coutures vaut le détour pour son humanité et ses personnages attachants même si le fil narratif entre les trois destins de femmes paraît parfois fragile et décousu. Certains plans oniriques s’avèrent aussi fascinant comme cette scène de défilé sous la pluie qui représente la tempête qui joue dans la vie d’Angelina Jolie. Et la cinéaste joue avec les métaphores entre les coutures des robes d’une maison de mode et celles dessinées sur le corps des femmes qui font opérer. On retrouve dans les deux milieux la robe blanche et les marques au sol ainsi que des femmes parfois dépossédées de leurs corps.
Mais c’est surtout la performance de l’actrice américaine qui subjugue. Le tournage du film a marqué un nouveau chapitre dans la relation d’Angelina Jolie avec la capitale française. Elle a récemment incarné Maria Callas dans le biopic Maria (2024), tourné à Paris et largement ovationné à la Mostra de Venise. Le long-métrage revêt également une signification particulière pour la réalisatrice, qui a été malade, mais aussi pour l’actrice. En effet, la mère et la grand-mère d’Angelina Jolie sont décédées d’un cancer et la star a subi une double mastectomie préventive et en porte fièrement les cicatrices. Elle porte d’ailleurs l’un des bijoux de sa mère dans le film.

Dans une interview accordée au Times, elle confie : “C’est une histoire très personnelle pour moi. J’ai tout de suite ressenti une profonde résonance avec Maxine Walker, mon personnage. J’ai toujours admiré le travail d’Alice, c’est une réalisatrice brillante, et sa façon d’aborder la maladie est inédite. Trop souvent, les films sur les épreuves des femmes – surtout le cancer – parlent de fin et de tristesse, rarement de la vie. Alice a réalisé un film sur la vie et c’est précisément pour cela que les sujets sensibles qu’il aborde sont traités avec autant de délicatesse. Les épreuves, les maladies, les douleurs font partie de notre existence, mais ce qui compte, c’est la manière dont on les affronte.”

Un projet très personnel pour l’actrice
Lors d’une avant-première du film ayant eu lieu à Paris le 9 février 2026, elle déclarait : “Je suis encore très timide avec mon français. Vous verrez dans le long-métrage. J’espère que ce sera ok. C’était un projet très spécial pour moi, notamment grâce à la fantastique réalisatrice et scénariste qui a partagé sa vie et ses pensées avec nous et grâce à tous les acteurs. C’est un film très personnel pour moi et je me sentais safe, dans ces conditions, de me montrer vulnérable.”
On ressort bouleversé par sa partition intime et ses prises de risque. Pour la première fois, la star oscarisée joue (de manière impeccable) en français, aborde dans un film des sujets très intimes liés à sa vie, et ose une longue scène de sexe (ce qu’elle n’avait plus fait au cinéma depuis la naissance de ses enfants). Et cette humanitaire au grand cœur était l’actrice idéale pour incarner cette incursion de la maladie ainsi que de la sororité dans un univers souvent jugé superficiel. Alice Winocour film ici avec une grande tendresse la femme derrière l’icône planétaire et offre à la célébrité l’un de ses meilleurs rôles.
Coutures d’Alice Winocour, au cinéma le 18 février 2026.