20 juil 2026

Rencontre avec Bamby, l’artiste charismatique qui fait rayonner le dancehall francophone

La chanteuse Bamby est l’une des figures incontournables du dancehall et du shatta francophones. Révélée avec son album Muse et le succès du tube Pas Jalouse, l’artiste séduit par sa voix hypnotique et son univers sexy et coloré. À l’occasion de la sortie de Gogowine avec Rambo Goyard et du remix de Papi avec Major Lazer, l’étoile montante s’est confiée à Numéro sur son parcours, son succès grandissant et la préparation de son très attendu deuxième album prévu pour 2026. Rencontre.

  • propos recueillis par Ambra Flora.

  • Bamby featuring Rambo Goyard – Gogowine (2026).

    Bamby, la chanteuse qui fait rayonner le dancehall et le shatta francophones

    Nombreux sont ceux qui l’ont découverte lors de son passage dans Planète Rap en mars 2025, au moment où elle défendait son premier album, Muse. Et en 2016, elle faisait déjà danser la France avec des tubes tels que Real Wifey, Run Di Place ou encore Who Mad Again. Mais la chanteuse française d’origine guyanaise Ambre Zamor alias Bamby, a depuis fait beaucoup de chemin.

    L’artiste a construit un univers musical nourri par le dancehall, le reggae et des influences caribéennes, africaines, brésiliennes et anglophones, auxquelles s’ajoutent des sonorités amapiano. Avec sa présence scénique folle et ses looks colorés, sexy et spectaculaires, la chanteuse de 34 ans ne séduit d’ailleurs pas que par son talent et sa voix. Rencontre avec l’étoile montante qui fait rayonner les caraïbes à l’international.

    L’interview sans filtre de la chanteuse Bamby

    Numéro : Vous venez de sortir le single Gogowine avec le chanteur de R’n’B Rambo Goyard et avant ça, vous avez collaboré avec Major Lazer sur le titre Papi. Pourriez-vous nous parler de ces morceaux ?

    Bamby : Gogowine, c’est un morceau R’n’Bouyon qui est dans l’ADN de ce que fait Rambo Goyard. Ça parle des relations hommes et femmes et c’est une chanson destinée à décomplexer les gens et à s’amuser durant l’été. Quant à Diplo et Major Lazer, je les ai rencontrés il y a cinq ans lors de la Fête de la Musique. Ils avaient toujours souligné mon talent et m’avaient dit qu’ils appréciaient ce que je faisais, qu’ils me suivaient et qu’ils jouaient mes titres. Mais la vraie connexion s’est faite l’an dernier, lorsque Major Lazer m’a contactée pour faire un featuring avec le chanteur jamaïcain Busy Signal. Puis sur mon album Muse, sorti en 2025, Walshy Fire, l’un des membres de Major Lazer a produit un titre. Et cette année, ils ont impérativement voulu m’avoir sur un remix du titre Papi, donc j’étais très honorée. On a performé le morceau pour la première fois ensemble en avant-première à la Fête de la Musique du 21 juin 2026.

    Pourquoi selon vous le bouyon mais aussi le dancehall et le shatta connaissent-ils un tel engouement aujourd’hui alors qu’ils existent depuis de nombreuses années ?

    Il a fallu que des artistes urbains mettent la lumière sur ces genres musicaux pour qu’ils touchent plus de monde, et en même temps, la nouvelle génération qui est venue vivre en métropole était déjà très au courant de ces sonorités grâce à leurs grands frères et grandes sœurs. Aussi les Antillais et les Caribéens qui sont en métropole aujourd’hui n’ont plus peur de proposer autre chose que du bouyon, musicalement, et de faire des mélanges. Voir beaucoup de monde s’amuser à la Fête de la Musique en écoutant du bouyon et du dancehall, ça fait plaisir. Surtout quand ils te disent que ça leur fait du bien, que ça leur apporte de la joie de vivre, c’est génial.

    Bamby featuring Kerchak – Pas Jalouse (2025).

    Vous avez sorti votre premier album Muse en 2025. Qu-est-ce que vous vouliez raconter avec ce projet ?

    Cet album représente dix ans de résilience, de travail, de concentration, d’investissement et de persévérance. Tout ce que j’ai vécu, je l’ai mis dedans. L’introduction de mon projet est un titre qui rend hommage à la Guyanne, Intro : Bèf danbwa (hommage Man’sérotte), pour faire comprendre aux gens que je n’ai jamais cessés de m’inspirer de là d’où je viens, et de la force des miens.

    Je suis le genre d’artiste que tu écoutes pour te sentir bien.” Bamby

    Votre tube Pas Jalouse est certifié platine… Comment est né ce morceau ?

    Ce sont mes équipes qui ont eu l’idée de faire la connexion avec le rappeur français Kerchak qui est en featuring sur ce morceau. Honnêtement, au départ, je me disais “Ah ouais ? Vous avez cette vision ?” Parce qu’on ne m’associait pas encore aux rappeurs, et encore moins à des artistes qui font du Jersey club (un genre de breakbeat ayant émergé dans le New Jersey, ndlr). Et finalement, ça a vraiment matché. Kerchak s’est adapté à mon univers et moi au sien. Et on est bientôt disque de diamant.

    Quels sont les thèmes de prédilection de vos chansons ?

    Je fais de la musique pour la confiance en soi, pour l’amusement, le côté décomplexé de la vie et le côté léger. Parfois, je vais placer des petites phrases engagées dans mes chansons, mais je ne suis pas une artiste que tu écoutes pour te révolter. Moi, je suis le genre d’artiste que tu écoutes pour te sentir bien, pour être dans un mood solaire.

    En Guyane, tu grandis dans le bruit, la musique, l’amusement et les fêtes.” Bamby

    Pourquoi avoir choisi le nom de scène Bamby ?

    C’est un nom qui m’a été donné par ma famille. On m’appelle comme ça par rapport à mes yeux. Ils disent que j’ai de grands yeux comme une biche. Et j’ai voulu garder ce pseudonyme pour les garder près de moi. Je me suis dit qu’avoir un pseudonyme qui m’a été donné par ma famille allait me permettre de garder les pieds sur terre. Quand on m’appelle Bamby, je me sens tout de suite à la maison. Ça me permet aussi de me rapprocher des gens.

    Vous avez grandi à Cayenne en écoutant du dancehall et du shatta. Comment cette culture a façonné votre style musical ?

    En Guyane, on écoute beaucoup de musique et on est très inspiré par la Jamaïque. On a vraiment baigné dans cet environnement-là, jamaïcain, anglais et américain. Comme on est en Amérique du Sud, à côté du Brésil, on a aussi grandi avec des sonorités funk brésiliennes. En Guyane, tu grandis dans le bruit, la musique, l’amusement et les fêtes. J’ai tout le temps écouté de la musique : à la maison, dehors, la semaine, le week-end… On ne parlait même pas. Tu te réveilles le matin, tu écoutes de la musique, comme en Afrique.

    Beyoncé et Rihanna en influences

    Quelles sont vos influences musicales ?

    J’ai toujours été très inspirée par tout ce qui était grand, en particulier par les grands shows américains, les grandes scènes et les grandes chansons. Je regardais des concerts de Michael Jackson pendant des heures. Je scrutais les spectacles de Beyoncé et Rihanna. J’étais accro au format concert.

    Quel est le déclic qui vous a poussé à vous lancer dans la musique ?

    Ça m’a toujours intéressée. Mais c’était d’abord l’aspect industrie de la musique qui me plaisait. Mais mon ancien binôme, Jahyanai me disait que je ne pouvais pas juste être dans l’ombre, qu’il fallait que je chante. Je donnais beaucoup d’idées, mais il pensait que je ne pouvais pas que façonner les choses, qu’il fallait que je sois au cœur et que je devienne artiste. Au départ, j’étais un peu sceptique. J’avais vraiment du mal à me dire que le regard serait portée sur moi. J’avais vraiment peur. Pour que je puisse bien le vivre, il fallait que Bamby soit une entreprise et pas une personne.

    Qu’est-ce que vous entendez par entreprise ?

    Parce que si je suis une personne, comme je suis en réalité hyper sensible et très vulnérable dans la vraie vie, à l’inverse le personnage de Bamby devait être imposant et caractériel. Je me suis donc dit, imagine Bamby comme une entreprise. Vu que j’aime tout ce qui est entrepreneuriat, j’ai pris Bamby, je l’ai imaginé comme tel. C’est pour ça que j’ai aimé parce que j’ai vraiment fait un dédoublement de personnalité. Donc, Ambre (ndlr son prénom), elle fait ce qu’elle aime parce qu’elle gère Bamby comme un business. C’est pour ça que la critique, ne m’a jamais atteinte. Parce que c’est comme dans une entreprise, tu lances un produit, tu l’affiles, tu peaufines et tu le travailles à ta manière.

    J’aime tout qui est sexy et tout ce qui est très féminin.” Bamby

    Comment construisez-vous votre style vestimentaire ?

    En réalité, je mets ce que j’aime. Si j’aime quelque chose, je ne me pose pas la question. J’aime tout qui est sexy et tout ce qui est très féminin. C’est à force de regardé depuis petite les grands shows américains avec les froufrous, les strass et les paillettes. Pour moi, ça a toujours été gage de rêve. Ça a toujours été synonyme de joie. Quand je porte des paillettes, je me dis je vais donner un petit coup de boost au moral à certaines personnes qui vont venir me voir. C’est comme une petite fée, j’arrive et je distribue des paillettes.

    Un deuxième album prévu à la rentrée


    Vous enchaînez les scènes après We Love Green et les Ardentes, vous serez en tournée au Canada et en concert à l’Élysée Montmartre en octobre 2026… Que voulez-vous transmettre au public ?

    Je veux leur donner la sensation de les avoir respectés, que je me suis donné et que j’ai travaillé dur pour leur proposer quelque chose à la hauteur de leurs attentes. J’aime bien que les gens soient surpris et qu’ils se disent qu’ils ont affaire à une vraie artiste qui respecte le travail et son public, et qui sait pourquoi elle est là et aime ce qu’elle fait. J’ai envie que les gens ressentent le fait que je prenne plaisir et que je ne viens pas pour un cachet. Car le jour où je me déplacerai pour de l’argent, c’est que je n’aurai plus le cœur à faire les choses. Je ne pense pas que je continuerai si c’est le cas.

    Quels sont vos projets ?

    Je suis en train de réaliser mon deuxième album pour la rentrée avec de beaux featurings. Je prends des risques artistiques et je fais sortir certains artistes de leur zone de confort. Ça leur va super bien d’ailleurs. Je pense que ce deuxième album va clairement surprendre les gens.

    Gogowine (2026) de Bamby featuring Rambo Goyard, disponible.