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Au défilé Balenciaga haute couture, Pierpaolo Piccioli dans les pas de Cristóbal
Pierpaolo Piccioli, nouveau visage créatif de Balenciaga
Un an après son arrivée chez Balenciaga, Pierpaolo Piccioli a enfin dévoilé son premier défilé haute couture pour la maison. Nommé directeur artistique le 19 mai 2025, le créateur italien a succédé à Demna, parti chez Gucci, au lendemain de l’ultime collection couture de ce dernier, présentée le 9 juillet 2025 dans les salons historiques de l’avenue George V.
Mais, avant de se confronter à l’exercice du défilé couture, Pierpaolo Piccioli a déjà esquissé par deux fois les contours de sa vision pour Balenciaga. D’abord avec son premier défilé de prêt-à-porter, dévoilé le 4 octobre 2025 lors d’une Fashion Week particulièrement scrutée (marquée par les débuts de nombreux créateurs à la tête de grandes maisons), qui posait les fondations de son langage esthétique. À l’Hôpital Laennec, siège parisien du groupe Kering, les cinquante-quatre silhouettes revisitaient l’héritage de Cristóbal Balenciaga dans un équilibre subtil entre sophistication et aisance. Le deuxième rendez-vous, présenté lors de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027, se caractérisait par des inspirations plus diffuses et introduisait pour la première fois des silhouettes masculines.
Aujourd’hui, rien d’étonnant toutefois à ce que le créateur continue d’affiner son vocabulaire chez Balenciaga. Après avoir passé près de vingt-cinq ans au sein de Valentino, dont une large partie à en façonner l’identité créative, Pierpaolo Piccioli aborde pour la première fois de sa carrière une maison à l’héritage aussi riche que complexe. Depuis qu’elle s’est installée à Paris en 1937, la maison porte en effet l’empreinte de trois figures majeures de la mode — Cristóbal Balenciaga, Nicolas Ghesquière et Demna — dont les visions radicales ont chacune redéfini son identité.


Un premier défilé haute couture très attendu
Très attendu, ce premier défilé Balenciaga haute couture signé Pierpaolo Piccioli l’était d’autant plus que le créateur italien compte parmi les grands spécialistes de l’exercice. Durant vingt-cinq ans chez Valentino, il a enchaîné les éloges, faisant de ce registre sa signature. Par ailleurs, le show de ce mercredi 8 juillet 2026 était surtout l’occasion, de dévoiler sa lecture personnelle de l’héritage Balenciaga à travers l’exercice le plus emblématique de la maison.


L’héritage couture de Balenciaga
Surnommé le couturier des couturiers par ses pairs, Cristóbal Balenciaga avait la réputation d’être aussi précis dans son approche du vêtement qu’intransigeant quant à sa vision de la mode. Ainsi, en 1968, tandis qu’il assiste impuissant à l’émergence du prêt-à-porter, il préfère fermer ses ateliers. Parti au sommet de sa gloire, il laisse un héritage qui continue d’inspirer encore aujourd’hui. “Il était une des rares personnes qui ont changé la façon même dont on pense la mode, la coupe, les volumes. Il a accompli un vrai geste et il était radical, et véritablement novateur”, confiait Piccioli à Numéro dans une interview.
En 2021, cinquante-trois ans après le 49e et dernier défilé du couturier espagnol, Demna, alors à la tête de la maison depuis six ans, fait renaître la haute couture. En cette matinée du 7 juillet, l’ambiance solennelle qui règne au sein des salons historiques contraste avec la modernité des silhouettes. S’adressant à la fois à la clientèle couture traditionnelle et à une nouvelle génération, il bouscule les codes. Ainsi, sa collection traite avec le même égard les hoodies et les pièces en denim que les robes inspirées des archives.
Sans aucun doute, l’approche de Pierpaolo Piccioli se situe davantage dans le prolongement de Cristóbal, plutôt que dans celle du créateur géorgien. Avec ce premier défilé haute couture, Pierpaolo Piccioli apparaît déjà comme un héritier particulièrement légitime de la vision du fondateur. Notamment par ses volumes sculpturaux, sa recherche sur la couleur et son sens aigu de l’émotion.


Les looks marquants du défilé Balenciaga haute couture
Pour son premier défilé haute couture chez Balenciaga, Pierpaolo Piccioli a privilégié la silhouette avant tout. Fidèle à l’obsession de Cristóbal Balenciaga pour les volumes et l’architecture du vêtement. Dès l’ouverture du show, une cape ballon rouge orangé brodée de plumes de satin donne le ton. Puis, le créateur italien a multiplié les manteaux cocons, les robes sculptées et les impressionnantes constructions en gazar qui semblent flotter autour du corps. Pour rappel, ce tissu, à la fois léger et rigide, a été développé dans les années 1960 spécialement pour le couturier espagnol.
Autre point fort de la collection, le travail de la couleur. Loin du minimalisme souvent associé à Balenciaga, Piccioli déploie une palette vibrante allant du rose fluorescent au vert chartreuse, en passant par l’ultraviolet, le rouge coucher de soleil ou encore le bleu azur. Ces teintes éclatantes dialoguent avec des silhouettes plus austères en noir, créant un contraste permanent entre exubérance et retenue.
Les robes du soir constituent également des moments forts du défilé. Entre robes bustiers en gazar, créations brodées de pétales d’organza, silhouettes en mousseline ornées de plumes d’autruche et impressionnantes tenues à capuche florales, la collection démontre toute la virtuosité des ateliers de la maison. D’ailleurs, fidèle à son humilité, le couturier italien – accueilli par une standing ovation – est venu saluer ses invités entourés de ses équipes.

