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Comment Jonathan Anderson transforme la couture en sculpture au défilé Dior
Ce lundi 6 juillet marquait le coup d’envoi de la Fashion Week haute couture automne-hiver 2026-2027. Un moment toujours très attendu, lors duquel les maisons présentent des créations œuvres d’art témoignant d’un savoir-faire d’exception. Et c’est la maison Dior qui s’adonne à l’exercice en ce premier jour de marathon mode. Le deuxième défilé haute-couture du directeur artistique Jonathan Anderson, qui prenait ses fonctions l’année dernière. Retour sur une parenthèse couture d’exception aux mille inspirations.
par Jasmine Baha.


Un deuxième chapitre haute couture signé Jonathan Anderson
Attendu au tournant lorsqu’il présentait sa première collection haute couture chez Dior en janvier dernier, Jonathan Anderson poursuit son cheminement avec sa seconde collection automne-hiver 2026-2027. Un moment toujours très attendu lors de la Fashion Week haute couture.
Et pour cause, la maison a entamé un nouveau chapitre depuis l’arrivée du créateur irlandais à la tête de la maison fondée en 1947. Pour rappel, en janvier dernier, Jonathan Anderson présentait une collection printemps-été 2026, profondément ancrée dans l’héritage de la maison. Cependant, transparaissait avec force sa propre grammaire stylistique. Ainsi, les hommages au New Look de Monsieur Dior dialoguaient avec des inspirations florales, donnant lieu à une interprétation ludique et féminine de la couture.
Et pour le défilé haute couture automne-hiver 2026-2027, Jonathan Anderson poursuit cette réflexion en dévoilant une collection qui met ici la sculpture à l’honneur. Une approche qui ouvre un dialogue inédit entre couture, art et sculpture.


Jonathan Anderson s’inspire de la sculpture pour l’automne-hiver 2026-2027
Ainsi, pour cette nouvelle collection Dior haute couture, Jonathan Anderson propose 66 silhouettes qui explorent le travail du volume. Une approche sculpturale de la couture, sublimée par d’impressionnants jeux de plissés qui ponctuent l’ensemble du vestiaire.
Et cette technique habite une grande partie des créations couture de la maison. On la retrouve des blouses à décolletés aux jupes mi-longues, en passant par les robes fendues que propose Jonathan Anderson. Le tout dans une palette chromatique oscillant entre les irisés et les tons verts, rose et jaunes vibrants. Au gré de la démarche des mannequins, les plissés captent la lumière et redessinent sans cesse les volumes, donnant l’illusion de sculptures en perpétuel mouvement.
Comme source d’inspiration de cette approche, on retrouve la sculptrice américaine Lynda Benglis. Une figure majeure de l’art contemporain, connue pour ses œuvres appliquant des techniques de nouage, de plissage ou de moulage à des matériaux bidimensionnels de toutes sortes. Ainsi Jonathan Anderson semble-t-il s’inspirer de ces procédés, en appliquant ces savoir-faire aux créations du défilé Dior haute couture automne-hiver 2026-2027.


Une grammaire avant-gardiste du vestiaire haute couture Dior
En témoigne la robe drapée irisée de la silhouette 14, en rupture avec les inspirations bucoliques du reste de la collection. Semblant être directement drapée à même la peau du mannequin, cette pièce architecturale reprend une palette chromatique irisée que l’on retrouve dans l’œuvre de l’artiste. En effet, pour cette pièce, les ateliers de la maison ont recréé la surface des œuvres de Lynda Benglis en travaillant des tissus métalliques et irisés, insufflant une note relativement moderne et avant-garde à la couture Dior.
Complétant ainsi cette vision, les coiffes et chapeaux arborés par les mannequins, qui semblent être directement incisés dans du fil de fer. Une illusion également présente sur les jupes de certaines silhouettes, qui rappelle le grillage employé par l’artiste dans ses œuvres, instaurant un contraste saisissant avec les accents buccoliques qui parsèment cette collection couture.


Le bucolique comme éternelle source d’inspiration
Si Jonathan Anderson semble insuffler une note brute à cette collection haute couture automne-hiver 2026-2027, il reste toutefois fidèle aux inspirations florales et bucoliques signatures de son travail. Une influence qu’il puise au cœur du patrimoine créatif de la maison Dior, mais également des années à la direction artistique de la maison Loewe.
Si l’on avait droit lors du dernier défilé couture à des jupes parsemées de pétales ou des robes en éclosion, le reste fidèle à cette vision pour l’automne-hiver 2026-2027. Ainsi, on retrouve ici tailleurs brodés de fleurs, robes ornées de marguerites, mais également une sublime robe de mariée parsemée d’ornements végétaux, couronnant cette parenthèse couture d’un souffle romantique. Le créateur insuffle la même note aux accessoires, notamment sur les emblématiques Lady Dior. Arborés de fleurs et teintés de couleurs végétales, ils font allusion aux paysages du Nouveau-Mexique et de Gujarat où Lynda Benglis travaille et puise son inspiration.
Mais au-delà de ce ballet végétal et textile, ce sont les silhouettes ornées d’éventails monumentaux déployés en leur centre qui fascinent. Ces pièces d’une poésie saisissante évoquent les majestueuses plumes des paons, un hommage assumé de la part du créateur à la série Peacock de Lynda Benglis. Une fascination pour l’onirique que le créateur transpose ici à la couture à travers une perfusion de couleurs éclatantes, broderies perlées et ornements théâtraux.





