28 juin 2026

Pourquoi on adore le tailoring de Soshiotsuki

Entre rigueur sartoriale et nonchalance étudiée, Soshi Otsuki, lauréat du Prix LVMH 2025, livre une collection printemps-été 2027 inspirée d’un “daddy cool” en vacances, déconstruisant avec subtilité les codes du vestiaire masculin. Derrière son allure effortless, un travail de précision et d’illusion confirme le talent singulier du créateur japonais.

  • Par Camille Bois-Martin.

  • Le daddy cool du défilé Soshiotsuki

    Malgré la canicule et une Fashion Week homme très remplie, une foule bien fournie s’est réunie pour assister, ce samedi soir, au défilé Soshiotsuki printemps-été 2027. Grand gagnant du Prix LVMH l’an dernier, le créateur faisait en effet partie des rendez-vous incontournables de cette semaine. Et à raison : sa nouvelle collection, ancrée dans un fort héritage mode japonais et marquée par une grande rigueur sartoriale, bouscule les codes du costume masculin – signature de la jeune marque.

    Cette saison, son inspiration verse dans l’image du père en vacances. Dans notre imaginaire, celui-ci se déploie comme une figure énigmatique car éloignée du rôle paternel strict habituel, qui s’avère ainsi plus décontractée et détendue. Bref, le moment où notre papa se transforme en daddy cool.

    Sur le podium de ce défilé, cette idée se traduit notamment au travers de silhouettes un poil débraillées, ponctuées de shorts non boutonnés, de vestes froissées, de col de chemises retournés, de caleçons apparents et de ceinture qui n’ont pas été fermées, flottant sur les pantalons… “Libéré par l’ambiance d’une station balnéaire, il s’habille d’une manière qu’il n’aurait jamais osée en temps normal.” écrit ainsi Soshi Otsuki dans sa note d’intention.

    Des ceintures et des chemises inspirées par Salvador Dalí

    Et là réside tout le charme de cette collection. Effortless, les looks déploient un vestiaire aussi séduisant que singulier. Malgré l’apparente nonchalance de ces vêtements, ceux-ci restent en effet terriblement élégants. La palette chromatique se décompose entre du beige clair, du brun rougeâtre ou du bleu ciel – autant de couleurs qui offrent un aspect vieilli aux tenues, comme si celles-ci étaient restées trop longtemps exposées au soleil.

    Derrière cette impression de négligé se cache d’ailleurs le cœur du travail du créateur japonais. Inspiré par la contradiction des sculptures de Salvador Dalí, qui représentent des objets fondus dans une matière rigide, Soshi Otsuki façonne des accessoires et des vêtements en trompe-l’œil.

    Là où on croirait voir une ceinture abimée, tombant mollement autour d’un pantalon, l’accessoire est en réalité méticuleusement construit à partir d’inserts métalliques dissimulés – et dont la forme évoque subtilement la lettre S, initiale de la marque. Les revers des chemises conservent leur courbure grâce à des baleines cousues dans les cols, tandis que les shorts ne se ferment tout simplement pas. Un vestiaire construit et réfléchi jusque dans les détails, qui nourrit ainsi notre passion pour les créations de Soshiotsuki.