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Le bambou, matière et motif du défilé Issey Miyake
Plongée dans l’inspiration fascinante et infinie du défilé Issey Miyake IM MEN printemps-été 2027, nourri par le bambou et son univers esthétique, visuel et sensible qui l’entoure.
Par Camille Bois-Martin.


Quand le bambou inspire chaque silhouette d’Issey Miyake IM MEN
Défilé après défilé, Issey Miyake dévoile une collection inspirée et structurée de références précises, nourries de silhouettes singulières et séduisantes. La saison dernière, le trio à la tête des collections IM MEN (Yuki Itakura, Sen Kawahara et Nobutaka Kobayash) proposait en effet un vestiaire au stylisme et aux coupes parfaites qui, déjà, plaçait la marque parmi nos favoris de la Fashion Week.
Ce défilé printemps-été 2027 poursuit cette lancée. Présenté au sein de l’espace vide de Césure (ancien campus universitaire transformé en tiers-lieu), le show plonge ses invités dans une atmosphère paisible, décorée de murs blancs et d’immenses paravents transparents. Alors que les premières basses de la bande-son résonnent et que les spots s’allument, des ombres zigzaguent derrière le décor. Avant de disparaître au profit des premières silhouettes de cette collection. Sur l’invitation déjà, le ton est donné : “In Praise of Bamboo Shadows”, à traduire par “Éloge des ombres de bambou”.
Une seule inspiration se cache donc derrière ce défilé. Imaginée autour du bambou, celle-ci explore son matériau, son visuel et même par ses ombres. Car, depuis des millénaires, ce bois inspire une multitude de meubles, d’objets et de vêtements en Asie de l’Est. En témoigne notamment la riche collection du musée des Arts décoratifs de Paris, où le trio de créateur a puisé la majeure partie de ses idées. Paysages brumeux de forêts de bambous représentés sur des peintures à l’encre, entrelacs délicats de branches et de feuillages créés par des pochoirs en papier…


Du conte de la princesse Kaguya aux sacs Chimaki
Autant de références esthétiques, qui se retrouvent ainsi concrètement dans les créations Issey Miyake IM MEN du printemps-été 2027. À l’instar du manteau arboré par le tout premier mannequin. Imprimé de traits noirs abstraits signés de la graphiste Rikako Nagashima, celui-ci est confectionné selon une technique de teinture japonaise dite ironaki sur un matériau tissé à partir de fibres de bambou et de coton biologique.
Au fil de ce défilé, on découvre également une série de pièces en nylon dont la texture à la fois légère et rigide évoque celle du papier. Les couleurs, obtenues grâce à une technique de teinture par flux, rappellent les teintes des feuilles de bambou. Certaines présentent d’ailleurs un col formé par un jeu de plis superposés, inspiré par le kimono à douze couches de la princesse Kaguya dans Le conte du coupeur de bambou, l’un des plus anciens récits japonais.
Sans oublier les vêtements plissés à la main –signature de la maison de mode Issey Miyake. Ce design fait ici écho à une rangée de bambou grâce à la répétition de plis en creux et d’ondulations. Bref, une source d’inspiration infinie, qui se traduit jusque dans les accessoire. Le Chimaki Leather bag s’inspire, littéralement, du chimaki, un mets traditionnel composé de riz gluant enveloppé dans des feuilles de bambou !






