22 mai 2026

Cannes 2026 : qui sont les favoris pour le prix d’interprétation masculine ?

Les pointures du cinéma mondial, de Gilles Lellouche à Javier Bardem, attendent le verdict du jury de cette 79e édition du Festival de Cannes, mené par le cinéaste coréen Park Chan-wook. Voici ceux qui, selon Numéro, ont le plus de chance de remporter le prix d’interprétations masculine.

  • par Olivier Joyard.

  • La compétition semble très ouverte pour les acteurs, dans une édition où plusieurs performances de haut rang ont marqué les esprits. À de rares exceptions près, chacun des 22 films peut offrir à son héros la récompense si convoitée. Voici les favoris pour le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2026.

    Gilles Lellouche dans Moulin, prix d’interprétation masculine à Cannes ?

    En incarnant héros de la résistance française, torturé et tué par Klaus Barbie et ses sbires nazis à Lyon en 1943, Gilles Lellouche se donne à fond, alors que le réalisateur hongrois Laszlo Nemes (Le Fils de Saul, Grand Prix en 2015) nous plonge dans sa souffrance sans ménagement, flirtant parfois maladroitement avec le film d’horreur. L’acteur et réalisateur français impressionne dans ce premier rôle tragique, secouant celles et ceux qui ont vu le film. Sa victoire ne serait pas absurde.

    Moulin (2026), de Laszlo Nemes, au cinéma le 28 octobre 2026.

    Javier Bardem dans L’Être aimé

    L’une des trois entrées espagnoles de la compétition offre à l’irrésistible Javier Bardem le rôle brutal et néanmoins émouvant d’un cinéaste culte qui, pour renouer avec sa fille, lui propose de jouer dans son nouveau film. L’acteur de No Country for Old Men (2008) alterne mélancolie et colère avec une maîtrise impressionnante et incarne un artiste masculin abusif amené à tomber de son piédestal. Voir Javier Bardem brandir le Prix lui permettrait ainsi d’accomplir un doublé, après la récompense obtenue en 2010 avec Biutiful d’Alejandro González Iñárritu.

    L’Être aimé (2026), de Rodrigo Sorogoyen, actuellement au cinéma.

    Swann Arlaud dans Notre salut 

    Comédien aimé et engagé, Swann Arlaud s’impose en majesté dans le film Notre salut d’Emmanuel Marre, où il incarne un fonctionnaire de Vichy durant la seconde guerre mondiale, glissant peu à peu dans la collaboration. L’acteur d’Anatomie d’une chute (2023) et Petit paysan (2017) ne souligne rien, mais se laisse envahir par les souillures de son personnage, jusqu’à dresser le portrait d’un homme en perdition. Une performance marquante, sidérante même, dans ce grand film politique.

    Notre Salut d’Emmanuel Marre, au cinéma le 30 septembre 2026.

    Dmitry Mazurov dans Minotaure 

    Adaptation dans la Russie contemporaine de La Femme Infidèle de Claude Chabrol (1969), le film du cinéaste russe exilé Andreï Zviaguintsev raconte la déliquescence morale d’un pays comme dévitalisé par sa propre guerre. L’acteur Dmitry Mazurov y prête ses traits à un homme d’affaires sidéré par l’adultère de son épouse. Une incarnation du patriarcat jouée avec beaucoup de calme, presque de l’effacement, ce qui le rend encore plus effrayant.

    Minotaure d’Andreï Zviaguintsev, au cinéma le 14 octobre 2026.

    Niels Schneider dans L’Inconnue 

    Pendant les premières minutes de L’inconnue, l’acteur des Amours Imaginaires est difficile à reconnaitre, très amaigri, comme rentré en lui-même. Une posture que Niels Schneider travaille tout au long de ce film fantastique et fascinant. Car c’est bientôt lui qui ne se reconnait plus. Son personnage de photographe “hacke” en effet le corps d’une autre personne, avant qu’une jeune fille ne prenne sa place, offrant à Niels Schneider un terrain de jeu puissant. Toute la fragilité de l’acteur franco-québécois fait merveille.

    L’Inconnue (2026) d’Arthur Harari, au cinéma le 26 août 2026.

    Sebastian Stan dans Fjord 

    Dans la peau d’un immigré roumain exilé en compagnie de sa femme norvégienne et de ses enfants dans une ville à des centaines de kilomètres d’Oslo, l’acteur-caméléon Sebastien Stan (il a joué Donald Trump dans The Apprentice d’Ali Abbasi en 2024) met une nouvelle fois les pieds dans le plat de l’époque. Fjord raconte comment des accusations de violences éducatives formulées à l’encontre de son personnage et de son épouse sont peut-être liées à leurs croyances religieuses. Si le film joue un peu lourdement sa partition anti woke, l’acteur américano-suédois y brille par son ambiguïté

    Fjord (2026), de Cristian Mungiu, au cinéma le 19 août 2026.

    Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, flamboyants dans Coward 

    Dans ce film de guerre atypique, Emmanuel Macchia et Valentin Campagne jouent deux soldats Belges de 14-18 dont la principale mission est d’apporter du divertissement à leurs camarades, malgré l’horreur des tranchées. Coward est à la fois une histoire d’amour gay et un éloge du spectacle comme soin. Les deux jeunes belges âgés d’une vingtaine d’années apportent une fraîcheur et une émotion qui pourrait ainsi toucher le jury de Park Chan-wook.

    Le film Coward (2026) de Lukas Dhont n’a pas encore de date de sortie.

    Les films sont présentés en Compétition au Festival de Cannes 2026.