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Que vaut le très queer Jim Queen, film le plus fou de Cannes ?
Présenté au Festival de Cannes 2026, Jim Queen est une satire queer aussi drôle que politique. Entre humour corrosif et esthétique pop, le film d’animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané qui sort au cinéma le 17 juin 2026 s’impose comme l’une des meilleures surprises de ce début d’année.
par Violaine Schütz.
C’était l’un des projets les plus drôles et déjantés du Festival de Cannes 2026. Et l’un des plus commentés. Présenté en séance de minuit, Jim Queen, qui sort au cinéma le 17 juin 2026,est même déjà l’un des films français les plus audacieux de l’année. Réalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athané (dont c’est le premier long-métrage en duo) et produit par le studio français Bobbypills (Vermin, Peepoodoo & The Super Fuck Friend, Crisis Jung, Dead Cells : Immortalis), ce long-métrage d’animation pour adultes est une satire aussi hilarante qu’engagée.
Jim Queen, un film d’animation déluré présenté au Festival de Cannes 2026
Au cœur de l’histoire, on découvre Jim Parfait, un jeune influenceur musclé à l’ego surdimensionné qui règne sur les soirées gay parisiennes. Sauf qu’un jour, il voit son univers s’effondrer lorsqu’il contracte l’hétérose, un virus qui transforme les hommes homosexuels en hétérosexuels. Les premiers signes ? Ses abdos explosent un à un et il commence à comprendre les règles du foot. Il commence même à regarder le décolleté de sa meilleure amie…

La comédie queer la plus irrévérencieuse de l’année
Rejeté par ceux qui l’adulaient, il se lance dans une quête mouvementée pour trouver un remède (la chloroqueer), accompagné de Lucien, un jeune Twink énamouré qui n’a pas encore fait son coming out. Le risque ? Que l’homosexualité disparaisse complètement de la surface du globe.
Complètement délirante, trash et très sexuelle, cette farce pop et outrancière qui a mis longtemps à voir le jour met en scène de nombreux clichés sur la communauté queer, du culte de la musculation à la passion de la fête en passant par la haine de la monogamie. Mais Jim Queen aborde des sujets plus profonds : la peur de l’exclusion, le poids du regard des autres, la construction de l’identité et les séquelles des crises sanitaires.

Une farce pop et politique
Les images sont colorées, les gags osés (la brigade qui traque les hétéropositifs s’appelle la gaystapo), nombreux, et la provocation est de mise, mais on y évoque des thèmes importants et universels comme le besoin d’amour, les relations mère-fils contrariées, et le rejet. Le film d’animation est aussi une ode au pouvoir du collectif et à la solidarité même si on est loin de l’univers Disney/Pixar.
Porté par les voix d’Alex Ramirès (Bonne conduite), Jérémy Gillet (Une nuit, à travers champs), Shirley Souagnon (Space Dogs) et Philippe Katerine (qui prête son timbre à une prostate), Jim Queen n’est pas qu’une simple curiosité cannoise. En inversant les normes dominantes, il offre une échappée salvatrice à une époque où, dans certains pays, l’homosexualité est encore passible de prison.
Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athane, au cinéma le 17 juin 2026. |