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Cannes 2026 : Park Chan-wook, président du jury, en 3 films cultes et radicaux
Le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook présidera le jury du 79e Festival de Cannes, organisé du 12 au 23 mai 2026. Pour l’occasion, Numéro revient sur trois œuvres majeures qui dessinent la trajectoire d’un réalisateur fascinant.
par La rédaction.
Publié le 30 mars 2026. Modifié le 11 mai 2026.

Park Chan-Wook, président du jury du Festival de Cannes 2026
Pour sa 79e édition, le Festival de Cannes a choisi le réalisateur Park Chan-wook pour présider son prestigieux jury. Succédant à Juliette Binoche, le réalisateur âgé de 62 ans entre ainsi dans l’histoire en tant que premier cinéaste sud-coréen à occuper ce rôle.
Iris Knobloch, présidente du festival, et Thierry Frémaux, directeur général, saluent son “inventivité” et “sa maîtrise visuelle”. Souvent comparé à Brian De Palma ou David Fincher pour la beauté formelle de ses films, le cinéaste cite plutôt Hitchcock, Kurosawa et Visconti parmi ses inspirations. C’est d’ailleurs en découvrant Sueurs froides (1958) qu’il envisage une carrière de réalisateur…
Alors que son dernier long-métrage, Aucun autre choix (2026), comédie noire sur un cadre licencié qui entreprend d’éliminer méthodiquement ses concurrents, est actuellement en salles, Numéro revient sur trois films qui témoignent de la singularité de son cinéma.
Decision to Leave : le vertige hitchcockien
Couronné du Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, Decision to Leave (2022) achève de confirmer l’évolution du cinéaste vers un registre plus feutré, sans qu’il perde son intensité. On y suit un inspecteur insomniaque enquêtant sur la mort suspecte d’un alpiniste et se prenant de fascination pour sa veuve qu’il soupçonne de meurtre.
Le film de Park Chan-wook tisse un jeu de séduction où chaque regard et chaque geste possèdent un double sens. L’influence d’Hitchcock, revendiquée par le cinéaste depuis ses débuts, y atteint son expression la plus limpide. L’obsession, l’un des thèmes de prédilection de toute l’œuvre du réalisateur sud-coréen, irrigue également son dernier film, Aucun autre choix (2025), satire noire sur le déclassement social.
Decision to Leave (2022) de Park Chan-wook, disponible sur MUBI, France TV et Amazon Prime Video.
Mademoiselle, un film érotique sur les rapports de domination
Présenté en compétition au Festival de Cannes, Mademoiselle (2016) marque un tournant dans la filmographie de Park Chan-wook. Adapté du roman Du bout des doigts de Sarah Waters (2002) et transposé dans la Corée sous occupation japonaise, le film suit une pickpocket engagée pour devenir la servante d’une riche héritière et faciliter l’escroquerie d’un faux comte.
Mais entre les deux femmes naît un désir qui va faire dérailler le plan initial et renverser, un à un, tous les rapports de domination. La mise en scène du cinéaste sud-coréen, d’un raffinement extrême, y déploie une sensualité libératrice qui bouscule les codes du film en costumes. Salué pour sa dimension féministe et queer, Mademoiselle a confirmé la capacité du cinéaste à placer de sublimes héroïnes au centre de ses récits.
Mademoiselle (2016) de Park Chan-wook, disponible sur Amazon Prime Video.
Old Boy, un film culte sur la vengeance
Pièce maîtresse de sa The Vengeance Trilogy, le film Old Boy (2004) de Park Chan-wook suit un homme séquestré pendant quinze ans sans explication, contraint d’apprendre depuis une télévision l’assassinat de sa femme, dont il est accusé, et l’adoption de sa famille. Il est finalement libéré sans raison apparente et affronte la dure réalité de sa nouvelle situation… Le film remporte le Grand Prix du jury du Festival de Cannes en 2004, sous la présidence d’un jury mené par Quentin Tarantino qui souhaitait, selon plusieurs témoignages, lui décerner la Palme d’or, finalement attribuée à Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.
Thriller brutal à la cruauté psychologique rare, Old Boy s’est depuis imposé comme une œuvre culte qui a révélé au monde la puissance du cinéma coréen. Sa célèbre scène de combat dans un couloir, tournée en un plan-séquence de trois minutes, a nécessité quinze prises étalées sur deux jours de tournage. Notons également que c’est un certain Bong Joon-ho, futur Palme d’or pour Parasite (2019), qui avait recommandé à Park Chan-wook la lecture du manga dont le film est adapté…
Old Boy (2004) de Park Chan-wook, disponible sur Canal VOD.
Aucun autre choix (2026) de Park Chan-wook, actuellement au cinéma.