7 mars 2026

Au défilé Givenchy, féminité, force et fantaisie

Au défilé Givenchy automne-hiver 2026-2027, Sarah Burton livre une collection instinctive et personnelle, qui célèbre le pouvoir des femmes.

  • par Léa Zetlaoui.

  • Ce vendredi 6 mars 2026, avec son défilé Givenchy automne-hiver 2026-2027, Sarah Burton ravive un débat récurrent au sein de l’industrie : rares à la tête des maisons, les directrices artistiques semblent pourtant regarder les femmes avec une sensibilité pragmatique. Sans prétendre en faire une vérité générale, après tout, qui mieux qu’une femme pour comprendre les femmes ?

    Sarah Burton et Givenchy, un mariage réussi

    Suite à ses deux collections inaugurales, la directrice artistique anglaise laisse ici éclore toute sa créativité. À la fois complexe, audacieux et profondément personnel, ce nouveau cru prolonge avec modernité la vision d’Hubert de Givenchy. Fidèle à l’esprit du fondateur, Sarah Burton offre aux femmes contemporaines des pièces qu’elles désirent véritablement porter.

    Comme nous le soulignions dans notre analyse de son précédent défilé, sa nomination en septembre 2024 constituait un double défi. D’un côté, se détacher de l’influence de l’ère McQueen, où elle a exercé pendant vingt-six ans. De l’autre, raviver l’héritage d’une maison fondée en 1952, dont les codes avaient été dilués après plusieurs années d’instabilité créative.

    À la sortie du défilé, il est clair que, chez Givenchy, la vision de Sarah Burton apparaît plus libre et légère. Là où McQueen imposait un univers sombre, théâtral et gothique, la maison parisienne lui offre un terrain pour explorer une autre facette de sa créativité.

    La fantaisie comme remède à l’époque

    Parmi les aspects qui font de la mode une industrie si singulière, il y a sa capacité à être à la fois un miroir de son époque et un moteur de transformation. Ainsi, cette collection s’inscrit dans cette dualité en posant la question : “Comment se reconstruire dans le monde actuel ?”  Teintée d’une certaine gravité, elle reflète pourtant l’atmosphère de ce début d’année 2026.

    Tandis que certains designers, à l’instar de Rick Owens, optent pour une réponse solennelle, la créatrice anglaise réplique avec une collection exaltante, empreinte de fantaisie, comme une invitation à apercevoir la lumière au bout du tunnel. C’est justement cet éventail d’interprétations qui confère à la mode sa puissance évocatrice.

    Affiner une vision, déployer un langage

    Composé de cinquante-six passages, ce défilé Givenchy va crescendo dans l’audace. En outre, on remarque les détails et finitions gagnent en impact, tandis que les ornements, pourtant très peu présents dans les premières saisons, sont ici au cœur du show.

    D’abord, ce sont les silhouettes fondatrices de Sarah Burton pour la maison – comme le tailleur, la robe drapée, le trench –, qui se voient ici transformés et amplifiés. Comme des chemises dont les cols maxi s’échappent des vestes. Ou encore des poches XXL en cuir sur des manteaux et des slip dress épurés dont la fente remonte un peu trop haut.

    Les flashs de couleurs vives et les jeux de matières apportent également de la texture. Comme ces robes en velours vibrant, ou en cuir souple. Plus tard, des motifs léopards, des soies brodées et des ourlets de dentelles emmènent la collection dans un univers au glamour aristocratique. Une majesté sublimée par les coiffes imaginées par Stephen Jones. “Ces foulards sont les couvre-cheveux les plus naturels qui soient. Un simple t-shirt. Juste une torsion. Mais c’est le bon t-shirt, avec la bonne torsion”, explique-t-il.

    Puisant son inspiration picturale chez les maîtres anciens d’Europe du Nord, ce défilé Givenchy automne-hiver 2026-2027 restitue à la maison l’éclat de ses débuts, à l’époque où Hubert de Givenchy habillait avec grâce les femmes de son temps.

    Tous les looks du défilé Givenchy automne-hiver 2026-2027