14 avr 2026

Qui est Pierre Lottin, nouvel espoir du cinéma récompensé aux César 2026 ?

Pierre Lottin a remporté le César du meilleur acteur dans un second rôle pour L’Étranger de François Ozon en février 2026. Une récompense qui vient marquer un tournant dans la carrière du comédien, qui sera à l’affiche du film d’Olivier Nakache et Eric Toledano, au cinéma ce mercredi 15 avril 2026. Portrait d’un artiste aussi engagé que touchant, devenu en quelques années l’un des visages incontournables du cinéma français. Même s’il reste abonnés aux seconds rôles…

  • par Ambra Flora.

  • Publié le 2 mars 2026. Modifié le 14 avril 2026.

    Pierre Lottin, un acteur à suivre sacré aux César 2026 

    Jeudi 26 février 2026, Pierre Lottin a remporté le César du meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle dans L’Étranger (2025), adaptation du célèbre roman L’Étranger d’Albert Camus, réalisée par François Ozon. Il s’agit de leur deuxième collaboration après Quand vient l’automne (2024). Aux côtés de Benjamin Voisin et Rebecca Marder, il incarne Raymond Sintès, un voisin violent et vicieux, ayant une très mauvaise influence sur le héros et l’entraînant dans une spirale tragique.

    L’an dernier déjà, il avait été nommé au César de la révélation masculine pour le film En fanfare (2024) d’Emmanuel Courcol, après avoir tourné sous sa direction dans Un triomphe (2021). Le prix avait finalement été attribué à Abou Sangaré pour L’Histoire de Souleymane (2024).

    Un artiste spontané et engagé

    Regard bleu troublant et sourire narquois au coin des lèvres, grimace furtive et blague spontanée… Pierre Lottin apparaît toujours d’un naturel désarmant. Lors de la cérémonie des César 2026, il a accompagné Alexandra Lamy dans un duo dansant et humoristique pour annoncer les nominations, jouant avec un comique de répétition assez irrésistible.

    Mais le soir de la remise de son prix, l’acteur de 36 ans s’est aussi montré bouleversé. Visiblement ému et un peu déboussolé au moment de recevoir son trophée, il a embrassé spontanément son épouse puis son ancien partenaire à l’écran, Benjamin Lavernhe le maître de cérémonie, avant de reconnaître : “Je ne m’y attendais pas du tout. Donc franchement, je n’ai rien préparé. Même si je m’y attendais, je n’aurais rien préparé non plus.”

    Dans un mélange d’humour et de sincérité, il a plaisanté en regrettant l’absence de Jim Carrey dans la salle au moment de sa prise de parole, avant de conclure son discours par un vibrant “Free Iran”, dénonçant ce qui se passe dans le pays. Arborant un pin’s sur lequel il était aussi écrit “Free Iran” sur le revers de son smoking noir, il a également confié sur le tapis rouge se sentir mal à l’aise de célébrer une récompense artistique face à la situation géopolitique mondiale, évoquant notamment l’Ukraine et Gaza.

    Le héros d’En Fanfare et L’Étranger 

    Cette récompense de février 2026 vient couronner une carrière déjà dense. Si L’Étranger marque une étape majeure, Pierre Lottin n’en est en effet pas à son premier rôle marquant. En plus de quinze ans de carrière, il a tourné dans plus de quarante films et séries, occupant souvent les seconds rôles. Le grand public l’a découvert dans la saga Les Tuche (2011-2025), réalisée par Olivier Baroux. Depuis 2011, il y incarne Wilfried Tuche, le fils aîné de la célèbre famille ch’ti grand gagnant d’une fortune au Loto. Un personnage volontiers caricatural, mais attachant. Sur cinq films, on suit l’évolution de ce jeune homme au grand cœur, un rappeur fantasque qui découvre son homosexualité.

    En 2022, dans La Nuit du 12, il change radicalement de registre. En effet, il interprète un compagnon violent dans un récit sombre consacré aux féminicides. Puis, dans En fanfare (2024), il donne la réplique à Benjamin Lavernhe en incarnant Jimmy, le frère retrouvé d’un chef d’orchestre de renommée internationale en attente d’une greffe de moelle osseuse. Tromboniste dans le nord de la France, son personnage, d’apparence bourrue, révèle une profondeur singulière.

    En novembre 2024, il confiait dans Télérama : “C’est un beau sujet, le déterminisme social. Je savais d’emblée qui était Jimmy, ce type apparemment bourrin et qui ne l’est pas. Les gens de province sont beaucoup moins basiques que beaucoup de Parisiens.” Il ajoutait, non sans humour : “Mon seul regret est d’avoir dû, pour le rôle, jouer moins bien du piano.

    La bande-annonce du film Juste une illusion (2026).

    Un passé de serveur à La Coupole

    Au départ, pourtant, Pierre Lottin, ne se destinait pas forcément au cinéma. Enfant hyperactif (comme il se décrit lui-même), il envisage d’abord une carrière militaire pour canaliser toute cette énergie, avant d’opter pour le jeu, encouragé par son père : “Il a eu du nez : il m’a dit que puisque je faisais le con tout le temps, autant en faire mon métier”, avoue-t-il à Télérama. À 15 ans, l’adolescent né à Issy-les-Moulineaux qui a grandi à Louvois (La Marne) arrive à Paris (à La Coupole) et devient serveur avant d’intégrer le Cours Florent. Un ami lui a parlé de cet apprentissage alors qu’il allait entrer à l’armée.

    Pour entrer au Cours Florent, il choisit d’interpréter une scène de Las Vegas Parano (1998) de Terry Gilliam. Il joue le rôle de Raoul Duke, personnage complètement fou incarné à l’écran par Johnny Depp. L’acteur est aussi un grand amateur de musique. Sa mère l’inscrit très tôt dans des cours de piano et le comédien a un goût pour la composition.

    Mais c’est bien dans le cinéma que Pierre Lottin se fera un nom. On peut actuellement le voir à l’affiche de L’Affaire Bojarski, en salles depuis le mois de janvier 2026. Au mois de mars, il était au générique de Ceux qui comptent, une comédie familiale dans laquelle il donne la réplique à Sandrine Kiberlain. Enfin, il promet d’irradier le casting du nouveau long-métrage du duo Olivier Nakache et Éric Toledano, intitulé Juste une illusion, avec Louis Garrel et Camille Cottin, attendu ce mercredi 15 avril 2026 au cinéma.

    Juste une illusion d’Olivier Nakache et Eric Toledano, au cinéma le 15 avril 2026.