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Chez Dior, l’éclosion haute couture de Jonathan Anderson
Ce lundi 26 janvier 2026, Jonathan Anderson présentait un premier – et électrisant – défilé haute couture pour Dior. Un double baptême du feu pour le créateur irlandais, qui n’avait jamais dirigé un tel atelier auparavant. Composée de 63 looks, la collection fusionne avec maestria les codes de la maison, l’héritage de ces prédécesseurs et sa propre grammaire stylistique.
par Léa Zetlaoui.
Publié le 26 janvier 2026. Modifié le 1 avril 2026.
Un double baptême du feu
Pour Jonathan Anderson, ce lundi 26 janvier 2026 n’est pas un lundi comme les autres. En début d’après-midi, le créateur irlandais a vécu un double baptême du feu, sous le regard attentif de l’industrie toute entière. Nommé à la direction artistique de Dior il y a huit petits mois, son premier défilé haute couture, présenté dans l’intimité du musée Rodin, incarnait aussi ses débuts en la matière.
Il faut savoir que, dans l’univers de la mode, concevoir une collection de haute couture constitue un défi de taille, tant sur le plan créatif que technique. C’est précisément dans cet exercice exigeant que, à travers ses soixante-trois silhouettes Dior haute couture, Jonathan Anderson dévoile aujourd’hui toute l’étendue de sa maestria.


La haute couture, un héritage Dior
Chez Dior, la haute couture demeure encore aujourd’hui un sacerdoce, dont le caractère sacré remonte aux origines de la maison. Fondée en 1946 à Paris, elle fait éclore un nouveau style qui va ravir les clientes d’après-guerre : le New Look.


Considérée à l’époque comme symbole d’opulence et de féminité, la silhouette se caractérise par des épaules étroites, une taille marquée et une jupe corolle. Mais elle évoque également une fleur, inspiration chère à Christian Dior, devenue signature de la maison.
Si jusqu’à présent, Jonathan Anderson avait préféré aborder ce motif en discrets détails disséminés au sein de ces deux premières collections homme et femme, c’est pour finalement nous offrir ce somptueux et électrisant bouquet Dior haute couture. L’attente valait le coup.


La symbolique de la fleur
On aurait tort de croire que le créateur irlandais se contenterait de se réapproprier les motifs floraux chers à Dior sans leur donner une signification plus profonde. D’ailleurs, le point de départ de ce défilé trouve son origine dans un souvenir intime vécu par Jonathan Anderson : un bouquet de cyclamens, fraîchement cueillis, que lui a offert John Galliano.
Pour qui connait le travail du créateur qui officiait auparavant chez Loewe (2013-2025), il a su maintes fois transformer la flore en créations poétiques et facétieuses. Entre des talons en formes de roses, des arums devenus des tops et robes sulfureux, ou une Minaudière tomate devenue virale.


Revenons chez Dior. Ici, tandis qu’il tisse une métaphore entre nature et haute couture, cette dernière se raconte et s’interprète comme un processus vivant, presque organique. Comme l’expliquent les notes de la collection : “En imitant la nature, on apprend toujours quelque chose. La nature n’offre pas de conclusions figées, seulement des systèmes en mouvement – qui évoluent, s’adaptent, perdurent. La haute couture appartient à cette même logique. C’est un laboratoire d’idées, où l’expérimentation est indissociable de l’artisanat, et où les techniques ancestrales ne sont pas préservées comme des reliques, mais activées comme un savoir vivant.”
Des fleurs, il y en a donc partout. Notamment au plafond, composant un nuage délicat. Mais aussi en bijoux, comme ces boucles d’oreilles luxuriantes. Ou encore sur des robes et jupes, ornées de dessins ou de broderies, en all over ou en parterre. Ainsi, sous son œil avisé, les fleurs prennent vie d’une façon inédite, à la fois puissante et artistique.


L’éclosion de Jonathan Anderson
Cependant, si Jonathan Anderson réussit avec brio ses débuts en haute couture, c’est surtout parce qu’il insuffle sa propre grammaire tout en puisant dans ses prédécesseurs.
Sa patte, on la distingue dans ces volumes audacieux, voire atypiques, qui puisent souvent dans l’art et le design. Pour cette collection, il s’est inspiré des œuvres anthropomorphiques de l’artiste céramiste kényane Magdalene Odundo. Comme l’expliquent les notes : « Des lignes qui ondulent avec fluidité sur des coupes structurées et drapent délicatement le corps, magnifiant les courbes et soulignant le mouvement.”
On retrouve également son goût pour les accessoires statement. Impossible de ne pas remarques ces boucles d’oreilles XXL, les sacs composés dans des tissus anciens brodés, ou aux formes surréalistes, ainsi que les chaussures créées par Nina Christen, qui collaborait à ses côtés chez Loewe.
Néanmoins, ce qui rend ce défilé particulièrement exceptionnel, ce sont les discrètes références à John Galliano (1996-2011), d’ailleurs présent au défilé, et aussi, Raf Simons (2011-2013). Au premier, il emprunte la théâtralité et cette idée de patchworks de références. Au second, une réinterprétation subtile et minimaliste des codes de la maison de couture française.
En ce premier jour de Fashion Week haute couture printemps-été 2026, c’est avec joie que l’on se promène dans ce jardin des délices Dior.
Tous les looks du défilé Dior haute couture printemps-été 2026




















































