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Pourquoi le Diable s’habille en Prada 2 m’a touchée en plein cœur
Près de 20 ans après la sortie du film culte Le Diable s’habille en Prada, une suite voit le jour avec Meryl Streep, Anne Hathaway et Emily Blunt au casting. Désormais, Andrea Sachs, l’assistante timide devenue reporter primée est confrontée aux mutations de son métier… Un scénario réaliste qui nous a touchés droit au cœur.
par Violaine Schütz.
Publié le 10 octobre 2025. Modifié le 29 avril 2026.

Le Diable s’habille en Prada 2, la suite réussie d’un film culte
Difficile de faire plus culte en termes de film sur la mode… Vingt ans après la sortie de l’inusable long-métrage Le Diable s’habille en Prada, une suite a été tournée à New York. Et elle sort enfin au cinéma ce mercredi 29 avril 2026. C’est Wendy Finerman, la productrice du film original qui développe cette suite et David Frankel, le réalisateur du premier film, reprend son rôle. Quant à la scénariste du Diable s’habille en Prada, Aline Brosh McKenna, elle a aussi travaillé sur ce long-métrage. De quoi laisser présager un long-métrage de qualité dans une ère où on ne compte plus le nombre de reboots, remakes et suites ratés,…

Meryl Streep et Anne Hathaway, deux actrices impériales
Mais c’est surtout la présence des actrices originelles qui nous met en joie. L’impériale Meryl Streep – l’actrice la plus nommée de l’histoire des Oscars – se glisse à nouveau ans les stilletos de Miranda Priestly, redoutable rédactrice en chef du magazine de mode fictif Runway. Emily Blunt est de nouveau Emily, l’assistante – odieuse – du personnage joué par Meryl Streep.
Et la talentueuse et expressive Anne Hathaway, très occupée par le cinéma, a pu ne pas renfiler les tenues d’Andrea Sachs, l’héroïne attachante du film qui devait faire face aux affres de l’univers impitoyable de la mode. Autre très bonne nouvelle ? L’excellent Stanley Tucci renfile les costumes du directeur artistique touchant : Nigel.
Du sang neuf dans les bureaux de Runway
Le Diable s’habille en Prada 2 accueille également de nouveaux venus. Lucy Liu (Charlie et ses drôles de dames), Justin Theroux (The Leftovers) en milliardaire insupportable, B. J. Novak (The Office) et Pauline Chalamet, la sœur de Timothée Chalamet sont aussi au générique, tout comme l’acteur et réalisateur Kenneth Branagh, qui incarne le mari de Miranda Priestly, et Simone Ashley (La Chronique des Bridgerton) en assistante de cette dernière.
Autres surprises ? La chanteuse Lady Gaga fait une apparition dans une scène clé tournée en Italie. Lady Gaga et Doechii ont d’ailleurs dévoilé un morceau inédit, Runway, figurant dans la BO du Diable s’habille en Prada 2. Il faut ajouter à ses atouts des costumes nombreux et flamboyants, signés par les plus grandes maisons, de Dior à Chanel en passant par Louis Vuitton.
Un film pertinent sur les réalités du journalisme moderne
Pour autant, le Le Diable s’habille en Prada 2 n’est pas un spectacle superficiel qui se repose sur ses atours glamour. Ce nouveau volet mise sur un scénario subtil et malin qui rend compte des évolutions majeures ayant eu lieu depuis le premier film dans le monde des médias. Dans le long-métrage de 2006, on découvrait l’irrésistible et timide Andrea Sachs, arrivant à New York pour devenir l’assistante de la difficile rédactrice en chef d’un magazine de mode important, Runway. Et une Miranda Priestly froide et intransigeante.
Dans la suite, la tyrannique Miranda Priestly est toujours à la tête de Runway, mais le magazine rencontre des difficultés financières et son monde vacille. Face à un bad buzz, elle doit réinventer son média et lui insuffler quelque chose de nouveau. Face à elle, Emily Charlton (Emily Blunt), travaille chez Dior, qui est annonceur du magazine. Et Andrea se fait virer, au début du film, de son poste de journaliste d’investigation et doit retourner dans le média de ses débuts : Runway. Elle va alors essayer de proposer des articles fouillés en pleine course au clic.

Des séquences émouvantes, entre mélancolie et paillettes
À travers ces trois personnages, le film aborde avec justesse les difficultés auxquelles peut faire face la presse papier, qui se retrouve en concurrence avec le web et les réseaux sociaux. La reporter Andrea Sachs doit faire des compromis et s’adapter si elle veut survivre dans ce monde (d’ailleurs en a découpé son pull bleu céruléen des débuts pour en faire une pièce plus punk et parée aux combats). Un discours qui parlera à de nombreux journalistes tant elle symbolise les dilemmes entre ambition et quête de sens.
Quant à Miranda, plus vulnérable, elle comprend à quel point il faut être soutenu par les autres pour continuer à faire ce que l’on aime.Le Diable s’habille en Prada 2 est finalement moins un film sur la mode qu’un film sur lejournalisme moderne. En 20 ans, l’univers a profondément muté et le film montre le prix à payer, pour des gens passionnés par ce qu’ils ont, pour conserver leur métier. Et notamment ce que cela coûte émotionnellement. Dans ce long-métrage, moins mordant et ironique, mais plus inclusif et profond que le premier, on rit moins. Mais on pleure beaucoup plus. Car au milieu des paillettes, la mélancolie contamine tout.

Un biopic de nos existences de journalistes dans un monde chaotique
Plusieurs séquences sont en effet poignantes par leur pouvoir d’identification. On pense à celle de la dispute de couple d’Andrea avec son nouvel amoureux, promoteur immobilier qui comprend mal son travail et ses conditions. À celle où Miranda explique qu’elle n’a pas pu voir assez ses filles à cause de son poste, mais qu’elle adore travailler et que c’est pour cela qu’elle continue. Ou encore, cette scène où Nigel, qui s’est longtemps effacé devant sa boss charismatique, prend enfin la lumière.
Tous ceux qui se sont un jour battus pour atteindre leur rêve et pour continuer à le vivre tout en évoluant dans un milieu parfois hostile et toxique (même s’il reste très glamour et drôle en même temps), se sentiront submergés par l’émotion à de nombreux moments du film. Tout comme le premier Le Diable s’habille en Prada a permis à de nombreuses personnes de se sentir comprises et vues.
Le Diable s’habille en Prada 2 (2026) de David Frankel, actuellement au cinéma.