Réalisateur

Óliver Laxe

Depuis le début des années 2010, Óliver Laxe développe une œuvre personnelle qui lui permet de s’imposer parmi les réalisateurs les plus remarqués du cinéma d’auteur européen. Entre la Galice, le Maroc et les grands espaces qui traversent ses films, il construit un univers où les paysages influencent directement les personnages et leur parcours. Au fil des années, il explore des thèmes comme le voyage, la solitude, la foi ou encore la transformation intérieure. Grâce à cette approche, il attire l’attention des grands festivals internationaux. Ainsi, chacun de ses longs-métrages trouve sa place au Festival de Cannes, où il obtient plusieurs récompenses importantes.

Un parcours nourri par plusieurs cultures

Né le 11 avril 1982 à Paris, Óliver Laxe grandit au sein d’une famille originaire de Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne. Dès son plus jeune âge, il évolue entre plusieurs références culturelles. Cette double influence nourrit progressivement son regard et alimente son intérêt pour les notions d’identité et d’appartenance.

Par la suite, il voyage régulièrement entre la France, l’Espagne et le Maroc. Ces expériences enrichissent sa vision du monde et influencent directement son travail de cinéaste. En effet, il puise souvent dans les territoires qu’il traverse pour imaginer ses récits. Dès lors, ses films accordent une place essentielle aux paysages, aux communautés et aux traditions locales.

Un premier film qui révèle un nouveau talent

En 2010, Óliver Laxe réalise son premier long-métrage, Vous êtes tous des capitaines (Todos vós sodes capitáns). Pour ce projet, il s’installe à Tanger et travaille avec un groupe d’adolescents marocains participant à un atelier de cinéma. Toutefois, le réalisateur ne se contente pas de filmer une expérience pédagogique. Il construit également une réflexion sur les rapports entre celui qui filme et ceux qui apparaissent à l’écran. Grâce à cette approche, le film échappe aux catégories traditionnelles et propose une expérience singulière.

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du Festival de Cannes 2010, le long-métrage reçoit le Prix FIPRESCI. Cette récompense lui apporte immédiatement une visibilité internationale. De plus, elle marque le début d’une relation privilégiée entre le cinéaste et le festival cannois.

Mimosas, la voie de l’Atlas, un voyage entre réalité et spiritualité

Après plusieurs années de préparation, Óliver Laxe présente Mimosas en 2016. Le film suit un groupe chargé de transporter le corps d’un chef religieux à travers les montagnes marocaines. Cependant, derrière cette traversée se dessine également une réflexion sur la foi, le destin et la transmission. Ainsi, le voyage devient autant intérieur que géographique.

Présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2016, le film remporte le Grand Prix de la sélection. Grâce à cette distinction, le réalisateur confirme son statut de figure montante du cinéma européen. Par ailleurs, il affirme davantage encore son goût pour les récits contemplatifs et les paysages qui façonnent les personnages.

Viendra le feu, le film de la reconnaissance

En 2019, le cinéaste retourne en Galice pour tourner Lo que arde (Viendra le feu). Le film suit un homme qui revient dans son village après plusieurs années d’absence. Tandis qu’il tente de retrouver une place dans son environnement, la menace des incendies continue de peser sur la région. À travers cette histoire, Óliver Laxe observe la relation complexe entre les habitants et leur territoire.

Présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019, le film reçoit le Prix du Jury dans cette catégorie. Cette récompense renforce sa notoriété auprès du public international. De plus, le long-métrage rencontre un important succès critique et devient l’une des œuvres les plus commentées de sa carrière. Grâce à ce film, il confirme sa capacité à transformer les paysages en véritables acteurs du récit.

Une écriture cinématographique reconnaissable

Au fil de ses réalisations, Óliver Laxe développe un style immédiatement identifiable. Il privilégie les décors naturels et les temps d’observation. De ce fait, ses films laissent une large place à l’expérience du spectateur.

Par ailleurs, il travaille régulièrement avec des acteurs non professionnels ou peu connus. Cette méthode lui permet de renforcer l’authenticité de ses récits. En outre, il s’intéresse davantage aux émotions, aux comportements et aux transformations intérieures qu’aux effets spectaculaires. Ainsi, son cinéma se distingue par une approche profondément humaine où chaque détail participe à la construction du récit.

Sirât, une nouvelle étape importante

En 2025, Óliver Laxe franchit une nouvelle étape avec Sirât, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes. Le film suit un père et son fils partis à la recherche d’une jeune femme disparue dans le désert marocain. Au cours de leur voyage, ils croisent un groupe de voyageurs qui vivent en marge des circuits traditionnels. Peu à peu, cette quête les conduit vers des territoires aussi physiques qu’intérieurs. Porté notamment par Sergi López, le long-métrage poursuit l’exploration de thèmes déjà présents dans son œuvre. Toutefois, il élargit également son approche en proposant un récit plus ample et plus ambitieux.

Lors du Festival de Cannes 2025, le jury lui attribue le Prix du Jury. Cette distinction constitue l’une des récompenses les plus importantes de son parcours et confirme sa place parmi les réalisateurs majeurs du cinéma européen contemporain.

Une place à part dans le cinéma d’auteur

En quinze ans, Óliver Laxe construit une filmographie relativement courte mais particulièrement cohérente. De Todos vós sodes capitáns en 2010 à Sirât en 2025, il développe une œuvre qui interroge le rapport des individus à leur environnement, à leurs croyances et aux autres.

Par ailleurs, il conserve une grande liberté artistique tout en bénéficiant d’une reconnaissance croissante dans les festivals internationaux. Grâce à cette fidélité à sa vision du cinéma, il attire aujourd’hui l’attention des critiques comme des spectateurs. Désormais, chaque nouveau projet suscite une attente particulière. En effet, Óliver Laxe s’est imposé comme l’une des voix les plus originales et les plus cohérentes du cinéma européen contemporain.