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Cédric Klapisch
Réalisateur majeur du cinéma français contemporain, Cédric Klapisch construit depuis plus de trente ans une œuvre attentive aux trajectoires individuelles et aux liens collectifs. De ses premiers films aux succès populaires des années 2000, son parcours se distingue par une régularité de production et une observation précise des évolutions sociales.
Publié le 3 février 2026. Modifié le 20 mars 2026.

Les débuts de Cédric Klapisch
Cédric Klapisch vit à Paris et effectue sa scolarité au lycée Rodin. Dans un premier temps, après l’obtention de son baccalauréat, il s’oriente vers une classe préparatoire littéraire, en hypokhâgne puis khâgne, avec une spécialisation en philosophie. Cependant, son intérêt pour le cinéma demeure central.
Ainsi, il tente le concours d’entrée de l’IDHEC, sans être admis. Par conséquent, il poursuit sa formation à l’université : il s’inscrit d’abord en études de cinéma à Paris III – Censier, puis réalise une maîtrise de cinéma à Paris VIII – Saint-Denis. À cette occasion, il rédige un mémoire intitulé « Le non-sens au cinéma, sixième sens du septième art », consacré à Tex Avery, Woody Allen et aux Marx Brothers.
Par la suite, il tente une seconde fois le concours de l’IDHEC en 1982, mais échoue à nouveau. Dès lors, à l’âge de 23 ans, il choisit de partir aux États-Unis afin d’élargir son horizon artistique. Il étudie alors le cinéma pendant deux ans à l’Université de New York (NYU), où il travaille comme chef opérateur sur plusieurs courts métrages.
Finalement, en 1984, il réalise ses premiers films, dont Glamour toujours, Un, deux, trois, mambo et Jack le menteur, avant de poursuivre l’année suivante avec In Transit, posant ainsi les bases de sa carrière de réalisateur.
Débuts professionnels et premier long métrage
En 1992, il réalise son premier long métrage, Riens du tout. Le film se déroule dans un grand magasin parisien et s’intéresse aux relations de travail et aux liens humains dans un contexte professionnel. Bien que le succès public reste modéré, le film est remarqué pour son regard social et son ton singulier. Il marque l’entrée officielle de Klapisch dans le cinéma français.
Confirmation dans les années 1990
En 1996, Cédric Klapisch réalise Chacun cherche son chat. Le film suit une jeune femme dans le quartier du Marais à Paris, à la recherche de son chat disparu. À travers ce récit simple, le film dresse un portrait précis d’un quartier populaire et de ses habitants. Le long métrage rencontre un succès critique important et s’impose comme une œuvre marquante du cinéma français indépendant des années 1990.
La même année, il coécrit Un air de famille avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, adaptation de leur pièce de théâtre. Le film sort en 1996 et connaît un large succès public. Il reçoit plusieurs nominations et récompenses, ce qui contribue à asseoir durablement la notoriété de Klapisch auprès du grand public.
Diversification et expérimentations
En 1999, Cédric Klapisch réalise Peut-être, un film mêlant comédie et science-fiction. Le récit aborde la question du futur et du choix de vie à travers une structure narrative originale.
Succès international avec L’Auberge espagnole
En 2002, Cédric Klapisch réalise L’Auberge espagnole. Le film raconte l’expérience d’un étudiant français parti à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus. Il met en scène un groupe de jeunes adultes de différentes nationalités partageant un appartement. Le film rencontre un succès immédiat en France et à l’étranger.
L’Auberge espagnole devient un phénomène générationnel. Il est largement diffusé en Europe et s’impose comme l’un des films français les plus emblématiques du début des années 2000. Son succès permet à Cédric Klapisch d’accéder à une reconnaissance internationale.
Une trilogie sur le temps et l’amitié
En 2005, Cédric Klapisch réalise Les Poupées russes, qui suit les mêmes personnages plusieurs années après L’Auberge espagnole. Le film aborde les thèmes de la vie professionnelle, des relations amoureuses et du passage à l’âge adulte. Il confirme l’attachement du public à ces personnages et à cet univers.
En 2013, il clôt la trilogie avec Casse-tête chinois. Le film se déroule en partie à New York et montre l’évolution des protagonistes à l’approche de la quarantaine. Cette trilogie, tournée sur plus de dix ans, constitue un ensemble central dans la filmographie de Cédric Klapisch et illustre son intérêt pour le temps long et l’évolution des trajectoires individuelles.
Films choraux et récits collectifs
En 2008, Cédric Klapisch réalise Paris, un film choral qui croise les destins de plusieurs personnages vivant dans la capitale. Le film sort en salles en février 2008 et rencontre un large public. Il confirme l’attrait du réalisateur pour les récits collectifs et les portraits urbains.
En 2017, il réalise Ce qui nous lie, tourné en Bourgogne. Le film s’intéresse à une fratrie réunie autour de la gestion d’un domaine viticole familial. Il sort en septembre 2017 et rencontre un succès public notable. Le film marque un retour à des thèmes liés à la transmission et aux racines.
Travaux récents
En 2019, Cédric Klapisch sort Deux moi, un film centré sur la solitude et les relations à l’ère des applications numériques. Le film se déroule à Paris et adopte une narration croisée. Il s’inscrit dans une continuité thématique avec ses œuvres précédentes.
En 2022, il réalise En corps, un film consacré au monde de la danse contemporaine. Le long métrage suit le parcours d’une danseuse classique contrainte de se réinventer après une blessure. Le film est remarqué pour son immersion dans le milieu de la danse et son approche réaliste du corps et du mouvement.
Il réalise également en 2025 : La Venue de l’avenir, un long métrage qui explore les trajectoires de plusieurs personnages confrontés aux choix, aux héritages et aux projections vers l’avenir. Il explore la manière dont les générations se construisent entre passé et futur.
Place dans le cinéma français
Depuis le début des années 1990, Cédric Klapisch a réalisé plus d’une dizaine de longs métrages sortis en salles. Sa carrière s’étend sur plus de trente ans. Il est identifié comme un réalisateur majeur du cinéma français contemporain, capable de mêler comédie, drame et observation sociale.
Son œuvre se caractérise par une régularité de production, une attention constante portée aux relations humaines et une capacité à capter les évolutions générationnelles. Il demeure aujourd’hui une figure centrale du paysage cinématographique français.