Réalisateur

Arthur Harari

Depuis 2005, Arthur Harari travaille comme réalisateur et scénariste. Il réalise Diamant noir en 2016, puis Onoda en 2021. En parallèle, il coécrit Anatomie d’une chute, sorti en 2023.

Les débuts de Arthur Harari

Arthur Harari naît en 1981 à Paris et commence à tourner dès le milieu des années 2000, en s’inscrivant dans le circuit du court métrage, qui lui permet d’expérimenter sans contrainte industrielle. En 2005, il réalise Des jours dans la rue, puis enchaîne avec Le Petit en 2006 et La Main sur la gueule en 2007, trois films courts qui montrent déjà une attention marquée pour les visages, les silences et les tensions internes.

En 2013, il signe Peine perdue, un moyen métrage plus structuré, dans lequel il met en place une narration plus étendue, tout en gardant un rythme lent et une écriture centrée sur les personnages. Ce film marque une transition nette vers des formats plus longs, sans rupture dans sa manière de filmer ou de construire un récit.

2016, Diamant noir et un premier long métrage maîtrisé

En 2016, Arthur Harari signe son premier long métrage, Diamant noir, dont une partie du tournage se déroule à Anvers, au cœur du milieu des diamantaires. Le film raconte le parcours d’un jeune homme qui tente de trouver sa place dans un univers fermé. Pier Ulmann survit grâce à des petits boulots et à des cambriolages réalisés avec son complice Kevin, sous les ordres de Rachid. Lorsqu’il apprend le décès de son père, avec qui il avait coupé les ponts depuis des années, il décide de renouer avec sa famille.

Le film circule dans plusieurs festivals et attire l’attention pour sa manière de détourner les codes du polar, en privilégiant une approche intérieure plutôt qu’un enchaînement de rebondissements. Niels Schneider, dans le rôle principal, impose une présence physique qui soutient l’ensemble du film. Avec ce premier long métrage, Harari installe une façon de travailler basée sur la durée des scènes, l’observation des comportements et une écriture qui laisse de la place aux hésitations et aux silences.

2021, Onoda et un récit sur plusieurs décennies

En 2021, il présente Onoda, 10 000 nuits dans la jungle, un film librement inspiré de la vie de Hirō Onoda, soldat japonais resté caché sur une île des Philippines jusqu’en 1974.

Le film retrace, sous une forme largement romancée, le destin de ce militaire qui, persuadé que la guerre n’est pas terminée malgré la capitulation du Japon en 1945, poursuit sa mission pendant près de trente ans sur l’île de Lubang, où il avait été envoyé pour résister à une éventuelle offensive américaine. Le film est présenté en ouverture de la section Un certain regard au Festival de Cannes 2021, puis sort en salles dans la foulée. Il reçoit le prix Louis-Delluc la même année et le César du meilleur scénario original en 2022.

Harari construit ici un récit basé sur la répétition, l’attente et l’isolement, en montrant un personnage enfermé dans une logique militaire qu’il refuse d’abandonner. Les scènes s’étirent, les gestes se répètent, et le temps devient un élément central du film, sans qu’il soit nécessaire de le souligner par des effets appuyés.

Une écriture développée avec Justine Triet

À partir de la fin des années 2010, Arthur Harari développe une collaboration régulière avec sa compagne Justine Triet. En 2019, ils écrivent ensemble Sibyl, un film qui mêle psychanalyse et création littéraire, puis poursuivent avec Anatomie d’une chute en 2023. Présenté au Festival de Cannes en mai 2023, le film reçoit la Palme d’or. Le scénario repose sur un procès et sur une enquête autour de la mort d’un homme, avec une construction qui multiplie les points de vue sans jamais perdre le fil du récit. En 2024, le film obtient l’Oscar du meilleur scénario original ainsi que le Golden Globe dans la même catégorie.

Des rôles secondaires au cinéma

Arthur Harari apparaît aussi à l’écran dans plusieurs films. En 2023, il joue dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn, puis dans Anatomie d’une chute, où il incarne un critique littéraire. Ses rôles restent secondaires, mais ils s’inscrivent dans une continuité logique avec son travail de scénariste et de réalisateur.

Un nouveau projet annoncé pour 2026

Après 2023, Arthur Harari travaille sur un nouveau long métrage intitulé L’Inconnue. Le projet est sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2026. Le film réunit notamment Léa Seydoux. En 2024, il rejoint l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Cette entrée marque une reconnaissance institutionnelle importante, liée directement aux films qu’il a écrits au cours des années précédentes.

Une œuvre resserrée autour de quelques films

Entre 2015 et 2023, Arthur Harari réalise Diamant noir et Onoda, et participe à l’écriture d’Anatomie d’une chute. Dans ces films, l’attention se porte sur les personnages, leurs décisions et leurs déplacements dans des situations précises. Ainsi, le récit avance de manière continue, en s’appuyant sur des échanges et des évolutions progressives. De plus, les relations entre les personnages occupent une place importante et structurent le déroulement de l’histoire.