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Au défilé Alaïa, les adieux de Pieter Mulier
Premier grand rendez-vous très attendu de cette Fashion Week automne-hiver 2026-2027 parisienne : le dernier défilé Alaïa signé par le créateur Pieter Mulier. La fin d’une ère pour la grande maison de mode…
Par Camille Bois-Martin.


Quel héritage pour Pieter Mulier ?
Créateur discret, Pieter Mulier figure parmi les personnalités mode les plus respectées du milieu, qui saluent en effet sa rigueur et sa vision esthétique invariable et imperméable aux saisons. Nommé à la direction artistique d’Alaïa en 2021, le Belge prend alors ses fonctions en toute discrétion et livre, saison après saison, des collections applaudies, centrées sur une obsession de la construction parfaite du vêtement, dans un dialogue fascinant qu’ exigeant entre matières et coupes.
Premier créateur à succéder au fondateur Azzedine Alaïa, disparu en 2017, Pieter Mulier opère ainsi une transition fluide et fait entrer la maison dans une ère contemporaine, tout en restant fidèle à son identité très couture. Pourtant, en janvier dernier, Versace annonçait la nomination du créateur belge à la tête de ses collections : une nouvelle onde de choc mode, qui succède à de nombreux turn-over de directeurs artistiques parmi les grandes maisons de luxe. Son défilé automne-hiver 2026-2027 serait donc son dernier pour Alaïa. En juillet 2026, l’aventure Versace va débuter.
Très symbolique, l’évènement a ainsi réuni de nombreux invités, déjà nostalgiques de son travail pour la marque et désireux d’être présents pour applaudir ses derniers instants à Paris. Au sein de l’ancienne Fondation Cartier, de larges écrans accrochés sur les murs vitrés du bâtiment diffusent en continu les portraits photos de tous les membres des ateliers de la maison, capturés par Keizo Kitajima. Un hommage aux petites mains qui accompagnent le créateur depuis plusieurs années, et qui se poursuit également au travers de l’invitation de ce défilé : un patron en cuir, à composer soi-même, dessinant un buste féminin. Sobre, mais lourd de sens…


Un défilé sobre et sophistiqué
Une idée que transmet en effet cette dernière collection signée du Belge, dont la simplicité met en valeur la maîtrise des coupes et la beauté des matières. Quelque peu distincte des précédents défilés Alaïa, nourris de couleurs vives et des volumes surréalistes, le vestiaire automne-hiver 2026-2027 mise ainsi sur des vêtements cintrés et près du corps – comme s’ils avaient été taillés sur-mesure pour chaque mannequin.
“Épuré, réduit à l’essence même d’Alaïa. C’est une réflexion à la fois sur et à partir du travail d’Azzedine, marquée par mes propres traces. Le passage de mon temps ici.” concède en effet le créateur dans sa note d’intention. Les robes moulantes sont légion, les vestes épousent le buste et la palette chromatique se concentre sur des teintes neutres, revenant aux camaïeux de noir, de marron et de violet foncé qui irriguent d’ordinaire la garde-robe de la maison. Chaque silhouette traduit alors la vision et la rigueur de Pieter Mulier, dont la formation en architecture et la longue collaboration avec Raf Simons insufflent, encore aujourd’hui, ses créations minimalistes et maîtrisées.
Aucun bijou ni sac ou autre accessoire ne vient brouiller les looks de ce dernier défilé signé par le créateur belge. Le vêtement se suffit à lui-même grâce à ses somptueuses matières et à sa coupe parfaite. Peut-être est-ce là tout l’héritage (et toute la force) de Pieter Mulier chez Alaïa, dont son successeur (encore anonyme à ce jour) s’emparera les prochaines saisons…
Tous les looks du défilé Alaïa automne-hiver 2026-2027 :













































