18 fév 2026

Fashion Week : que retenir des défilés automne – hiver 2026 – 2027 à New York ?

Découvrez notre récap de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 à New York, avec les défilés Michael Kors, Tory Burch, Khaite, Calvin Klein, Proenza Schouler et Coach.

  • par Léa Zetlaoui.

  • Publié le 17 février 2026. Modifié le 3 mars 2026.

    Que s’est-il passé à la Fashion Week de New York ?

    Le mercredi 11 février 2026 marquait le coup d’envoi de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 à New York. Un lancement qui ouvrait également le très attendu Fashion Month, qui s’achèvera le 10 mars prochain à Paris. Après la Ville qui ne dort jamais, la mode prendra successivement ses quartiers à Londres, Milan, pour se conclure en apothéose dans la capitale française. Mais, avant de commencer notre récap de la Fashion Week de New York, cap sur San Francisco, où Thom Browne a présenté ses collections homme et femme le 6 février 2026.


    Le défilé Thom Browne à San Francisco

    Présentée le 6 février 2026 au Legion of Honor de San Francisco, sous la monumentale sculpture Les Trois Ombres d’Augustin Rodin (vers 1886), la collection Thom Browne automne-hiver 2026-2027 puise – tout comme l’œuvre du sculpteur français –, dans l’Inferno de Dante Alighieri (1304). Entre références classiques et énergie sportive, le créateur américain explore la quête d’excellence. Superpositions maîtrisées, silhouettes structurées, tweeds, flanelles et cachemires techniques composent un vestiaire preppy sportswear. Un défilé où son gris signature domine évidemment.


    Les débuts de Rachel Scott chez Proenza Schouler

    Coup d’envoi de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 avec le premier défilé Proenza Schouler par Rachel Scott. Nommée en septembre 2025, la nouvelle directrice artistique réinvente la silhouette très new-yorkaise de la marque, en jouant avec les proportions et avec les matières. Alternant tailoring, qu’il soit rigide ou souple, et robes volontairement froissées, drapées ou torsadées, cette collection Proenza Schouler compose un vestiaire structuré, mais jamais figé. Des orchidées nocturnes, retravaillées en imprimés ou peintes à la main sur du cuir, injectent une sensualité sombre à la collection.


    Old glamour et esprit grunge au défilé Coach

    Au Cunard Building de Manhattan, le défilé Coach automne-hiver 2026-2027 revisite une fois de plus l’iconographie américaine avec optimisme. Cette saison, Stuart Vevers imagine un patchwork entre glamour du vieil Hollywood, culture skate et esprit varsity. Pensée pour la Gen Z, cette collection Coach hybride le tailoring des années 1940, avec des influences sportswear seventies, du denim grungy et des robes du soir structurées. Le tout décliné dans des nuances de noir et blanc évoquant un film noir nouvelle génération.


    Les classiques féminins revisités par Tory Burch

    Pour l’automne-hiver 2026, Tory Burch signe une méditation sur ce qui perdure en temps de chaos. Une référence directe au climat politique américain de ces derniers mois. Les classiques du vestiaire féminin comme le trench, le cardigan ou la jupe crayon, sont réinterprétés pour s’affranchir des règles établies. Les mailles et les soies sont volontairement lavées, les robes torsadées, et les tailleurs présentent des coupes nettes. Le tout se voit rehaussé par des broderies réalisées à la main en Inde, des boucles coquillage ou des broches sardine. “Ce mélange reflète la façon dont les femmes s’habillent aujourd’hui : par instinct, sans règles. Personne n’incarnait mieux cela que Bunny Mellon, l’horticultrice, paysagiste et philanthrope emblématique. Cette collection présente le Bunny Knot, un détail inspiré d’un coussin matelassé trouvé dans sa maison d’Antigua. Ce nœud simple symbolise le lien, la force et l’unité”, confie Tory Burch sur sa collection.


    Au défilé Carolina Herrera, artistes, galeristes et muses

    Pour son défilé Carolina Herrera automne-hiver 2026-2027, Wes Gordon célèbre les femmes qui façonnent l’art, d’hier à aujourd’hui. Ici les artistes, galeristes et muses — parmi elles, la peintre Amy Sherald et la photographe Ming Smith — ont défilé à New York, incarnant une créativité en mouvement. Épaules affirmées, manteaux cocon et jupes crayon structurent la silhouette, adoucie par des chemises réinventées en blouses d’artiste. Des imprimés léopard, des motifs de lys calla et un rouge piment dynamisent la palette. Les looks du soir scintillent d’or et de paillettes, accompagnés des sacs Mimi et Karlita qui prolongent cette élégance sculpturale. À travers ce défilé, Wes Gordon délivre un hommage vibrant au pouvoir créatif féminin.


    Michael Kors, roi de la Fashion Week de New York

    À l’occasion de cette Fashion Week automne-hiver 2026-2027 à New York, Michael Kors célèbre les 45 ans de Michael Kors Collection avec un défilé au Metropolitan Opera House. Le thème ? “New York Chic”, évidemment. “Quand je pense à New York, je pense à la renaissance et à la réinvention“, déclare Michael Kors. “C’est l’un des endroits les plus rudes et les plus difficiles au monde, mais aussi le plus glamour et le plus magique. C’est cette juxtaposition qui rend les gens, les lieux et la mode si intéressants.”

    Ainsi, le vestiaire Michael Kors de l’hiver prochain mise sur une simplicité dramatique avec un tailoring assoupli, des drapés fluides, des tweeds et flanelles réinventés. Les silhouettes du soir mêlent pantalons à traîne et robes enveloppantes. Le tout se décline dans des tons neutres dont le camel signature, et s’illuminent de rouge rubis et framboise. En clôture, Christy Turlington incarne cette élégance et cette énergie tout en contraste de New York.


    Au défilé Calvin Klein, minimalisme toujours

    Sortis la veille du défilé, les premiers épisodes de Love Story, la nouvelle série de Ryan Murphy, ont offert un joli coup de pub à Calvin Klein. En effet, le show revient sur l’histoire d’amour dramatique entre John Kennedy Jr. et Carolyn Bessette. À savoir, cette dernière travaillait pour le créateur américain dans les années 90.

    Ainsi, le vendredi 13 février, la collection automne-hiver 2026-2027 signée Veronica Leoni perpétue le minimalisme cher à Calvin Klein, tandis qu’elle impulse une touche très contemporaine. “Cette saison est née d’une étude approfondie de la forte histoire iconographique de Calvin Klein et d’une exploration rigoureuse de la forme, du savoir-faire et d’une simplification porteuse de sens”, confie la créatrice italienne. Tailleurs affûtés, trenchs élancés, robes dos nu et manteaux structurés composent un vestiaire essentialiste, traversé de tensions maîtrisées. À noter, le célèbre denim de 1976 se voit réédité comme un clin d’œil aux archives… et au style de Carolyn Bessette.


    Icônes indie sleaze chez 7 For All Mankind

    Sous l’impulsion de Nicola Brognano, son nouveau directeur artistique, 7 For All Mankind ouvre un nouveau chapitre en puisant dans la décennie 2010. Ainsi ce défilé automne-hiver 2026-2027 célèbre son héritage denim. Et les icônes d’indie sleaze qui ont fait la renommée de la marque à l’époque. Entre l’énergie rock, la sensualité bohème et la rigueur du tailoring italien, le vestiaire conjugue désinvolture californienne et nonchalance européenne. Le skinny jean fait son grand retour, tandis que les superpositions instinctives composent une allure impertinente et audacieuse, qui rappelle celle de Kate Moss ou de Jenny Humphrey, l’adolescente en rébellion de la série Gossip Girl.


    Au défilé Khaite, un esprit de rébellion

    Au Park Avenue Armory, Catherine Holstein orchestre pour sa marque Khaite un show monumental. À l’image de l’écran LED vertigineux qui sert de décor. Inspirée par Vérités et Mensonges (1973), un documentaire d’Orson Welles, la collection interroge valeur, authenticité et prise de risque. À l’instar de Tory Burch, un défilé explorant la tension entre performance et vérité, comme une réponse à l’époque actuelle.

    Tailoring noir, souvent en cuir, vestes d’officier tressées, jupes imprimées, nuées d’organza et slip dress en dentelle composent une silhouette à la fois structurée et vaporeuse. Autant de références au style rock des années 70, revues et corrigées à l’aune des années 2020. Une féminité en rébellion et cérébrale, qui donne à voir une femme sûre d’elle et bien ancrée dans son époque. Comme le résume très bien Tiffany Hsu, Chief Buying Officer de MyTheresa : “Khaite était incontestablement un point fort. La marque continue de définir le luxe américain moderne avec un équilibre rare entre sobriété et sensualité.


    La Femme Cheval du défilé Diotima

    Dimanche 15 février 2026, dernier jour de Fashion Week à New York, on retrouve Rachel Scott pour le défilé Diotima automne-hiver 2026-2027. Cette saison, la créatrice puise dans l’univers de Wifredo Lam, dont l’œuvre, traversée par les spiritualités afro-caribéennes et la modernité européenne, irrigue une collection politique et sensorielle. Au cœur, on retrouve la figure de la femme cheval, qui réunit puissance érotique et souveraineté culturelle. Textiles translucides, jacquards Gobelin et silhouettes équestres traduisent cette force incarnée. Inspirées notamment par La Jungla : les pièces célèbrent la mémoire diasporique et la résistance. Et cette femme radieuse et insurgée traverse avec panache les turbulences contemporaines.