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27 Janvier

Festival d’Hyères: 3 photographes à suivre

 

Les noms des finalistes du festival d’Hyères ont été annoncés le 22 janvier. Ils sont dix représentants dans chacune des trois catégories : mode, accessoires et photographie. Focus sur trois photographes à suivre. 

Par Camille Moulin

Dustin Thierry

Nommés par un jury présidé par le portraitiste et photographe de mode italien Paolo Roversi, les finalistes dans la catégorie photographie de cette 35ème édition du festival d’Hyères offrent un large panel de sujets, de mediums et de techniques. Numéro braque ses projecteurs sur trois d’entre eux.

 

Dustin Thierry ou Amsterdam is burning :

 

Né à Curaçao, aux Antilles, Dustin Thierry déménage à Utrecht (Pays-Bas) alors qu’il est encore adolescent. Victime de racisme, il décide donc de mettre en lumière l’histoire coloniale des Pays-Bas. Il s’implique encore davantage dans son travail artistique lorsque son demi-frère met fin à ses jours, harcelé et discriminé du fait de son homosexualité. Ses photographies, prises à l’argentique, mettent en scène la scene ballroom d’Amsterdam. Dustin Thierry dénonce une représentation archaïque du monde et encourage la libre acceptation de soi. Il en tire une puissante série de portraits, des performeurs dans leurs tenues extravagantes.

Kata Geibl

Kata Geibl questionne notre rapport au monde :

 

Née en 1989 à Budapest, Kata Geibl injecte, dans ses photographies, les différentes problématiques liées au capitalisme et à la mémoire collective. Sa série Sisyphe attire l’attention du monde entier : elle est exposée à la foire internationale Unseen Amsterdam en 2018, reçoit le prix Carte Blanche de Paris Photo et figure parmis les nommés au Palm* Photo Prize la même année. Cette série soit son nom au mythe grec : pour avoir enchaîné le dieu de la mort, Sisyphe est condamné à hisser en haut d'une montagne un rocher, qui dévalerait immédiatement la pente, et ce dans un cycle infini. Récompensée de tous ces prix, Sisyphe présente de nombreux clichés dont des projections terrestres qui interrogent l’ethnocentrisme occidental. Photo clé de cette série: ces mains d’hommes blancs, posées sur un globe lumineux, comme l’allégorie suprême du capitalisme : “J'ai construit un laboratoire imaginaire, explique-t-elle, c'est au lecteur de décider où se situe la frontière entre la fiction et la réalité”. 

Alina Frieske

Alina Frieske, la photographe-peintre :

 

Éudiante en Master Photographie à l’Écal de Lausanne, Alina Frieske est également displômée d’une licence en Communication Visuelle de la Fine Art Academy de Maastricht. Pour le festival d'Hyères, elle présente son projet d’études, Abglanz, ou “pâle reflet” en allemand. La jeune photographe utilise des fragments d’images tirées des réseaux sociaux pour créer des collages aux allures de peintures. Elle recrée ainsi des portraits picturaux de jeunes femmes décomposées en de multiples morceaux, comme autant d'images diffusées sur les réseaux sociaux. Alina Friske interroge ainsi le sens de ces photographies intimes, présentées hors contexte, pour mettre en cause la valeur et l’accès de ces informations visuelles, disponibles à tous.

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