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Futura 2000 rhabille le Palais de Tokyo pour sa réouverture

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Depuis sa réouverture officielle au public ce lundi 15 juin, le Palais de Tokyo accueille, en plus de ses expositions actuelles, une œuvre inédite de Futura 2000. Pour l'occasion, le street artiste new-yorkais a habillé l'intégralité des baies vitrées de son restaurant d'une vaste peinture abstraite et colorée.

Il y a un peu plus de trois mois, le Palais de Tokyo fermait, comme tous les musées de France, les portes de ses 22 000 m2 d’espace d’exposition. Un moment d’incertitude qui, en conséquence de la crise sanitaire, laissait planer le mystère sur une possible annulation complète de sa programmation jusqu’à nouvel ordre. Heureusement, depuis ce lundi 15 juin, l’institution parisienne a pu enfin accueillir son public à nouveau, offrant ainsi la possibilité de (re)découvrir les expositions montées avant le confinement. Au premier étage, le théâtre de rideaux colorés orchestré par l’artiste allemande Ulla von Brandenburg, en bas, les 29 artistes de l’exposition “Notre monde brûle” ou encore les installations de Nicolas Daubanes et Kévin Rouillard. Mais cette réouverture est aussi l’occasion pour le Palais de Tokyo de dévoiler une proposition inédite, réalisée tout récemment par le street artiste Futura 2000.

 

Considéré comme l’un des premières grandes figures de l’art urbain depuis les années 70, Leonard Hilton dit “Lenny” McGurr – de son vrai nom – a fait ses armes à New York où il a côtoyé quelques uns des plus grands artistes de sa génération, de Keith Haring à Jean Michel Basquiat. Outre les murs de la Grosse Pomme, l’Américain est allé jusqu’à habiller un wagon de métro entier de ses graffiti colorés, devenant ainsi le premier à investir ce genre de support public. De ses nombreuses collaborations avec des musiciens, à l’instar du groupe The Clash ou de nombreux artistes de hip-hop, à son implication dans les collectifs UGA (United Graffiti Artists) puis Soul Artists, qu’il a fondé, Futura 2000 fait exploser son art à travers le monde, des murs de son atelier à ceux de la rue jusqu’à être consacré par les galeries et musées. À ce titre, le Palais de Tokyo l’invite en 2014 avec deux autres street artistes à peindre intégralement l'un de ses espaces souterrain, depuis fermé au public.

 

Six ans plus tard, le New-Yorkais fait donc son grand retour au musée parisien où il déploie cette fois-ci son œuvre à la vue de tous, et même des passants. Ce sont en effet les hautes baies vitrées du restaurant du Palais de Tokyo qui se voient ici recouvertes d’une profusions de couleurs chaudes. Des impacts jaunes et orangés ponctués par des taches noires et grises créent une véritable impression de chaos visuel, qui n’est pas sans évoquer le tourment d’émotions contenues pendant ces derniers mois d’isolement. Baptisée “Violent Treasure”, l’œuvre inédite et in situ de Futura 2000 peut donc être aussi bien appréciée de l’intérieur que de l’extérieur du musée, offrant des appréhensions différentes selon le moment de la journée ou de la nuit et le temps qu’il fait. Chaque soir, grâce aux lumières du musées, ces fenêtres ainsi décorées réchaufferont ainsi l’avenue du président Wilson pendant qu’en arrière-plan, la tour Eiffel éclairera le Paris nocturne de son habit doré.

 

L'installation “Violent Treasure” de Futura 2000 est à voir à partir du 15 juin au Palais de Tokyo, Paris 16e.

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Futura 2000, « Violent Treasure ». Vue d’exposition, Palais de Tokyo, Paris, juin 2020. Crédit photo : Aurélien Mole 

Futura 2000, « Violent Treasure ». Vue d’exposition, Palais de Tokyo, Paris, juin 2020. Crédit photo : Aurélien Mole 

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