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14 Janvier

Paul Pouvreau, le photographe qui transforme les sacs plastique en fleurs

 

Jusqu’au 18 janvier, la galerie les Douches présente une sélection d'œuvres du photographe français Paul Pouvreau. Parmi elles, sa dernière série “Les invasives” fait écho aux enjeux écologiques contemporains avec des natures mortes surprenantes. 

Par Margaux Coratte

© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris
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© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris
© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris
© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris
© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris
© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris

Qu’offrir en guise de bouquet floral, à l’ère du réchauffement climatique? Pourquoi pas une composition à base de sacs plastique, recyclage harmonieux de vos amours écologiques? Spécialisé dans le détournement d'objets du quotidien, le photographe et plasticien français Paul Pouvreau semble pencher vers cette dernière option. Dans sa nouvelle série au titre éloquent – Les Invasives – actuellement exposée à la galerie Les Douches à Paris, l’artiste de 63 ans compose des bouquets sophistiqués faits de sacs plastiques colorés. Présentés devant un fond blanc tels des objets de design raffinés, les arrangements floraux s'y donnent d’un seul souffle, sans fioriture. Les couleurs vives de l’ensemble se découpent dans ce décor immaculé, replaçant l'être humain face aux conséquences délétères de son impact écologique.

 

Que l'esthétisme épuré de l’ensemble ne fasse pas illusion : les questions soulevées par la simple disposition heureuse de ces sacs, véritable parasite de notre époque, sont innombrables. Peut-on continuer la cueillette des fleurs, permanentes assoiffées, pour le simple plaisir de décorer son intérieur ou de témoigner son affection? Les fleurs sauvages n'ont-elles pas déjà été englouties par ce monstre plastique, qui s’engouffre partout et s’immisce jusque dans les organismes sous forme d’infimes molécules? Le plastique, que l'on espère un jour banni de la surface de la Terre, deviendra-t-il alors un matériau si rare qu'il sera le favori des musées? Si ces interrogations restent en suspens, les photographies de Paul Pouvreau s’offrent comme une évidence : détourner, c’est avant tout réinventer, faire sien un objet étranger et lui donner une autre signification.

© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris

© Paul Pouvreau / Courtesy Les Douches la Galerie, Paris

Si l'exposition présente des œuvres plutôt récentes, cela fait presque quarante ans que le travail de Paul Pouvreau se caractérise par ces jeux de détournements, portés par ses mises en scène subtiles où objets ordinaires sont imprégnés de sens pluriels. Dans une confrontation des matières, il fait entrer en résonnance insignifiant et signifié. Influencées par l'univers de la mode, ses photographies allient les codes de la publicité et ses packshots (produits photographiés devant un fond neutre) avec une poésie tendre où silhouettes anonymes se mélangent à des objets du quotidien. Un message clair se profile au travers de son œuvre : il faut apprendre à substituer, remplacer les traditions obsolètes par des trouvailles ingénieuses afin de faire d’un problème invasif un cadeau festif ou un artefact purement esthétique. Alors, nos activités humaines ne seraient plus tant synonymes de destruction et d'empoisonnement que d'harmonie avec le monde.

 

Paul Pouvreau. Au propre comme au figuré, jusqu'au 18 janvier à la galerie Les Douches, Paris 10e.

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