Habillée d’une pluie de strass, la chanteuse afro-américaine Solange ondule langoureusement. Quelques secondes après, un chapeau à larges bords vissé sur la tête, elle est rejointe par une vingtaine de danseurs en costume noir et déclenche d’un claquement de talon une chorégraphie minimaliste. Suivis par un enchaînement de plans lents et édulcorés, plusieurs cowboys des temps modernes arpentent sur leurs montures une ville du sud de l’Amérique presque déserte – une sorte de Houston fantasmé, ville du Texas dont est originaire la fratrie Knowles. Un changement d’ambiance s’opère alors rapidement. Nous voici désormais au cœur d’une station de contrôle, où une multitude de boutons de couleurs clignotent alors que la voix envoûtante de Solange profère “ I can’t be a singular expression of my self ” (“Je ne peux pas être une unique expression de moi-même”). Derrière de gigantesques lunettes de protection transparentes, parée de créoles du diamètre d’un melon et un micro-maillot de bain en aluminium sur le dos, une réparatrice spatiale des plus sexy embarque sa machine le long d’un étrange tarmac. Des petits films en basse définition pris par Solange en selfie mêlés à des extraits de vidéos Internet quelconques signent la singularité de ce court-métrage.

 

Véritable hommage à la ville qui a vu naître Solange, le court-métrage When I get Home a été dirigé par la chanteuse de 33 ans elle-même à l’aide du réalisateur Terence Nance et des clippeurs Ray Tintori et Alan Ferguson. Des ranchs en forme d'arène aux voitures DeLoreans à portes-papillons, en passant par les lassos en agitation, la soul girl – qui a déjà remporté un Grammy Awards pour la meilleure performance R'n'B en 2016 – a réuni dans cette vidéo tous les fragments de ce qui lui rappelle “la maison”. A chemin entre la performance, la danse, la photographie de mode et les zappings Youtube, le court-métrage dévoilé en version prolongée ce 12 décembre, accompagnait la sortie de l'album du même nom au printemps dernier. 

 

Étendue sur une quarantaine de minutes, la vidéo met en images chacun des des 19 titres très soul du quatrième album de la chanteuse. Sur Sound of Rain, titre électro dont les vocalises atteignent des aigus particuliers, celle-ci choisit l’artiste Jacolby Satterwhite pour animer en 3D d’étranges personnages qui prennent feu. Présenté comme une sorte de “Houston de l’esprit”, l’opus déferle comme une douce vague de R’n’B dépassionné. Une electro cold où s’apposent avec grâce des vocalises enchantées.