Advertising
558

Rencontre avec Demna Gvasalia, fondateur de Vetements et directeur artistique de Balenciaga

 

À l’occasion de la sortie du livre retraçant les jours qui ont précédé le défilé printemps-été 2016 de Vetements, Numéro a rencontré le fondateur du label, également à la tête de Balenciaga.

558

Quatre collections ont suffi au label Vetements pour devenir la nouvelle sensation de la mode, et pour voir son leader Demna Gvasalia nommé à la tête de la maison Balenciaga. Adepte d’une ironie postmoderne, le collectif de créatifs d’esprit néo-punk a présenté, pendant les défilés masculins à Paris, un livre collector retraçant les derniers jours qui ont précédé son défilé printemps-été 2016. Tiré à 500 exemplaires seulement, l’ouvrage a déchaîné l’hystérie d’une foule de kids branchés venus par centaines faire la queue dans l’espoir de repartir avec cette bible “qui sera bientôt légendaire”, selon les mots de son éditeur Idea Books (qui vend ses livres dans les boutiques Dover Street Market, Comme des Garçons Trading Museum et sur Instagram). À cette occasion, Numéro s’est entretenu avec Demna Gvasalia. 

Numéro : Comment l’idée de ce livre est-elle née ?

Demna Gvasalia : Pierre-Ange Carlotti, qui a réalisé les photos contenues dans ce livre, est un ami. Il voulait shooter notre lookbook, et je souhaitais pour ma part des images un peu plus détendues, plus spontanées, retranscrivant la préparation de la collection. Juste avant le défilé, il a donc passé trois jours entiers au studio, avec son appareil photo. Il prenait des clichés en permanence, pendant la préparation de la collection, le défilé et la soirée qui a suivi. Au final, nous avions plus de 500 superbes images qui racontaient toute l’histoire de la collection. Au même moment, l’éditeur Idea Books est venu nous proposer un projet de livre. Je me suis dit : “C’est le destin”, car si nous n’avions pas fait ce livre, ces photos auraient simplement fini sur Instagram, et une grande partie d’entre elles n’aurait jamais été montrée.

 

Vous avez toujours revendiqué le fait de travailler de façon collective, sans réelle hiérarchie, au sein du studio de Vetements, ce livre en est-il le reflet ?

Il contribue en effet à transmettre notre état d’esprit, notamment notre spontanéité, notre énergie, qui font que les mannequins marchent toujours à vive allure dans nos défilés. Mes muses ne sont pas des créatures inaccessibles, mais ces personnes autour de nous [il montre les dizaines de kids en bombers XXL, hoodies, casquettes et écharpes du créateur russe Gosha Rubchiinsky, qui l’entourent]. Le livre sert aussi à montrer que faire de la mode, ce n’est pas seulement du stress, c’est aussi amusant. Le jour où nous ne nous amuserons plus, nous arrêterons. Lorsque nous avons lancé notre marque, tout le monde nous a dit que nous étions fous, mais nous étions sûrs de ce que nous faisions. Nous ne savions pas encore comment, mais nous savions qu’il fallait le faire.

 

Aujourd’hui vous préparez en parallèle de la prochaine collection de Vetements votre première collection pour Balenciaga. Comment vivez-vous ce grand écart ?

Balenciaga est une autre histoire, mais je trouve excitant de travailler pour ces deux marques en parallèle. Je suis une journée chez Vetements, et une journée chez Balenciaga – sur la rive gauche. Ce sont deux mondes à part. C’est donc pour moi l’opportunité de transmettre un message créatif de deux façons différentes.

 

Les journalistes cherchent désormais “le nouveau Vetements”, craignant de laisser filer un jeune prodige qui serait nommé du jour au lendemain dans une grande maison… Avez-vous le sentiment d’avoir apporté un changement dans l’industrie de la mode ?

Vraiment ? Je ne savais pas que notre label avait eu une telle influence. En tout cas, je pense que c’est effectivement une bonne période pour la mode, on assiste enfin à un renouvellement.

 

Ce vent nouveau est-il dû à l’influence des réseaux sociaux ?

Sûrement, oui. Les réseaux sociaux font partie de nos vies. Dans une journée, nous passons tellement de temps sur nos iPhone. Je pense qu’il faut l’accepter et ne pas être nostalgique. Ce sont des outils qu’il faut savoir utiliser.  

 

 

Propos recueillis par Delphine Roche

 

 

Retrouvez notre article sur Vetements.

 

 

www.vetementswebsite.com

Vetements par Pierre-Ange Carloti

disponible sur www.idea-books.com

Portrait : Pierre-Ange Carlotti

© Pierre-Ange Carlotti pour Vetements 

  Giuseppe Zanotti dévoile une collection de loungewear inspirée par le confinement
223

Giuseppe Zanotti dévoile une collection de loungewear inspirée par le confinement

Mode Pendant le confinement, le créateur italien Giuseppe Zanotti a créé une collection capsule de loungewear pour homme sobre et dans des matériaux nobles, incarnée par le skateur américain Evan Mock. Pendant le confinement, le créateur italien Giuseppe Zanotti a créé une collection capsule de loungewear pour homme sobre et dans des matériaux nobles, incarnée par le skateur américain Evan Mock.

Notre monde digital est-il encore humain ? Réponse avec l'artiste Cécile B. Evans
496

Notre monde digital est-il encore humain ? Réponse avec l'artiste Cécile B. Evans

Numéro art Inspirée par les réflexions poétiques et éthiques d’Alessandro Michele, directeur de la création de Gucci, l’exposition “No Space, Just A Place – Eterotopia” invite les artistes à imaginer un autre futur. Cécile B. Evans y explore ce que signifie être “humain” dans une exceptionnelle installation vidéo. Inspirée par les réflexions poétiques et éthiques d’Alessandro Michele, directeur de la création de Gucci, l’exposition “No Space, Just A Place – Eterotopia” invite les artistes à imaginer un autre futur. Cécile B. Evans y explore ce que signifie être “humain” dans une exceptionnelle installation vidéo.

Advertising
Baroque et orientalisme : pourquoi la mode masculine bascule-t-elle vers l’opulence ?
698

Baroque et orientalisme : pourquoi la mode masculine bascule-t-elle vers l’opulence ?

Mode Si la mode de la décennie 2010 a connu l'avènement du maximalisme après le succès indéniable du minimalisme en Occident, celui-ci semble prendre chez plusieurs jeunes créateurs des formes nouvelles. À travers des créations aux portes de l'extravagance, ces nouveaux talents de la mode masculine mêlent sacré et profane, tradition et modernité pour composer des silhouettes baroques imprégnées de leur propre culture. Décryptage de ces nouvelles formes d'opulence.  Si la mode de la décennie 2010 a connu l'avènement du maximalisme après le succès indéniable du minimalisme en Occident, celui-ci semble prendre chez plusieurs jeunes créateurs des formes nouvelles. À travers des créations aux portes de l'extravagance, ces nouveaux talents de la mode masculine mêlent sacré et profane, tradition et modernité pour composer des silhouettes baroques imprégnées de leur propre culture. Décryptage de ces nouvelles formes d'opulence. 

Blake Lively en sept tenues époustouflantes sur Instagram
996

Blake Lively en sept tenues époustouflantes sur Instagram

Mode Après avoir incarné le personnage de Serena Var Der Woodsen dans le teen-drama à succès Gossip Girl durant la décennie 2010, Blake Lively est devenue l’une des figures les plus reconnaissables du petit écran. À la fin de la série, l’actrice revient au cinéma et travaille entre autres avec John Travolta, Woody Allen et Anna Kendrick et devient également l’égérie de la maison italienne Gucci en 2012, puis celle de L’Oréal en 2013. Sur le tapis rouge, l'actrice américaine - qui est sa propre styliste - arbore des looks pointus signés par les plus grands créateurs. Retour en images sur sept de ses meilleurs looks. Après avoir incarné le personnage de Serena Var Der Woodsen dans le teen-drama à succès Gossip Girl durant la décennie 2010, Blake Lively est devenue l’une des figures les plus reconnaissables du petit écran. À la fin de la série, l’actrice revient au cinéma et travaille entre autres avec John Travolta, Woody Allen et Anna Kendrick et devient également l’égérie de la maison italienne Gucci en 2012, puis celle de L’Oréal en 2013. Sur le tapis rouge, l'actrice américaine - qui est sa propre styliste - arbore des looks pointus signés par les plus grands créateurs. Retour en images sur sept de ses meilleurs looks.

“Black is King” de Beyoncé : décryptage des meilleurs looks de l'album visuel
1

“Black is King” de Beyoncé : décryptage des meilleurs looks de l'album visuel

Mode Vendredi 31 juillet 2020, Beyoncé dévoilait son très attendu nouvel album visuel “Black is King”. Quatre ans après “Lemonade ”, ce film inédit écrit, produit et réalisé par la chanteuse américaine s’inscrit comme un prolongement de ces précédents albums et projets artistiques – notamment le film en live action “Le Roi Lion” – étoffés de références culturelles contemporaines. Si “Black is King” brille par ses images puissantes et ses textes engagés, Beyoncé dévoile également des looks exceptionnels signés de grands créateurs, de jeunes designers émergents ainsi que de labels engagés. Vendredi 31 juillet 2020, Beyoncé dévoilait son très attendu nouvel album visuel “Black is King”. Quatre ans après “Lemonade ”, ce film inédit écrit, produit et réalisé par la chanteuse américaine s’inscrit comme un prolongement de ces précédents albums et projets artistiques – notamment le film en live action “Le Roi Lion” – étoffés de références culturelles contemporaines. Si “Black is King” brille par ses images puissantes et ses textes engagés, Beyoncé dévoile également des looks exceptionnels signés de grands créateurs, de jeunes designers émergents ainsi que de labels engagés.

Moncler invite créateurs, sportifs, explorateurs et artistes dans un nouveau projet digital
234

Moncler invite créateurs, sportifs, explorateurs et artistes dans un nouveau projet digital

Mode Remo Ruffini, président-directeur général de Moncler, invite les créateurs de mode Matthew Williams, Jonathan Anderson et Simone Rocha, mais également des sportifs, artistes et explorateurs pour un nouveau projet créatif, digital et collaboratif d'envergure internationale. Remo Ruffini, président-directeur général de Moncler, invite les créateurs de mode Matthew Williams, Jonathan Anderson et Simone Rocha, mais également des sportifs, artistes et explorateurs pour un nouveau projet créatif, digital et collaboratif d'envergure internationale.