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27 Avril

Les 5 vies d'Éric Cantona

 

En ce moment à l’affiche de la série “Dérapages” sur Arte, Éric Cantona continue d’entretenir la légende qui l’entoure avec un rôle ambitieux et déroutant. Réalisé par Ziad Doueiri, ce thriller social qui cartonne est l’occasion de faire le bilan sur la carrière extraordinaire de ce footballeur-acteur mythique, ce “king” grabataire et révolté qui, de ses exploits sur le terrain au grand écran, a suscité un véritable culte de la personnalité. Retour sur 5 de ses apparitions mémorables au cinéma. 

Par Margaux Coratte

À cheval entre la France et l’Angleterre, le roi du football a fait parler de lui à travers ses déclarations farfelues. En 1995, un événement marque les esprits et restera dans les mémoires comme “l’affaire Cantona” qui suivra le joueur toute sa vie. Lors d'un match, il frappe un spectateur du Crystal Palace. On appellera son geste le “kung-fu kick du king”, c'est dire si ses dérapages amusent la galerie. “Quand les mouettes suivent le chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer” déclarera l’homme lors d’une conférence de presse. Tout le monde applaudit. En guerre contre les journalistes, sa personnalité lunaire s’attire aussi bien les foudres que les louanges du public qui, finalement, raffole de ses coups de gueule. C’est pourquoi, lors de sa retraite sportive en 1997, on ne pouvait se résoudre à ce qu’il disparaisse du devant de la scène. Après treize années d’exploits dans le football, Éric Cantona devient acteur. Au théâtre, comme au cinéma, sa nouvelle carrière n'a pas de limites. Il tourne avec Ken Loach et Alain Corneau, réalise lui-même quelques documentaires et prête sa voix au personnage de Moi, moche et méchant 2 (2013). De sportif surexcité il devient ami des arts, collectionne la peinture et s’essaie même à la photographie. Retour sur cinq événements cinématographiques qui ont marqué sa vie.

Bande-annonce du “Bonheur est dans le pré” d'Etienne Chatiliez

1. Des débuts timides dans Le Bonheur est dans le pré 

 

Réalisé en 1995, le film d’Étienne Chatiliez est le premier dans lequel Éric Cantona ait joué. Il faut attendre la cinquantième minute pour le voir traverser l’écran furtivement, dans un café du Gers. Plus qu’un vrai rôle de cinéma, son apparition participe à enrichir un paysage jovial du Sud de la France. Pour Francis Bergeade (interprété par Michel Serrault), le Sud est l'occasion d'échapper à la vie stressante qu’il subit à Paris. Avec son copain Lionel (Eddy Mitchell), il se réinvente une nouvelle existence dans laquelle Bernard (Éric Cantona) est un bon copain de comptoir, toujours prêt à déguster foies gras et bon vins lors de chaudes soirées d'été. Bien que son personnage ne porte pas son nom, Éric Cantona interprète toutefois un joueur de foot acclamé dans sa région, qui fait de lui une star locale. Somme toute, Le Bonheur est dans le pré est pour lui une première transition du stade au grand écran. 

Bande-annonce de “Elizabeth” (1998) de Shekhar Kapur

2. En collerette aux côtés de Cate Blanchett dans Elizabeth (1998)

 

Le film de Shekhar Kapur est le premier a offrir un rôle d’ampleur à Éric Cantona. Aux côtés d’un casting particulièrement impressionnant – Cate Blanchett, Geoffrey Rush, Joseph Fiennes, Vincent Cassel, Fanny Ardant, Daniel Craig, Jean-Pierre Léaud – le joueur délaisse complètement son image de sportif pour se fondre dans l’Angleterre du XVIe siècle. Le film suit le parcours mouvementé de la reine Elizabeth I, fille illégitime du roi Henri VIII. Éric Cantona y incarne Monsieur de Foix, l’ambassadeur de France, ce qui marque un réel tournant dans sa carrière. Pour la première fois, le potentiel d’acteur du “roi du football” est visible à l’écran et il montre qu’il est capable d’incarner un personnage très éloigné de sa propre personnalité. 

Bande-annonce de “Looking for Eric” de Ken Loach (2009)

3. Son principal rôle au cinéma: lui-même

 

Même si Éric Cantona a incarné plusieurs personnages au cinéma, le rôle qui lui colle le mieux à la peau reste le sien. Sa carrière d’acteur est d’ailleurs parsemée de caméos et d’apparitions furtives où son propre caractère est laissé à l’air libre. C’est certainement cette capacité extraordinaire à animer l’écran qui a poussé Ken Loach, immense réalisateur britannique, à tourner avec le joueur de football le plus célèbre d’Angleterre. Looking for Eric (2009) révèle le culte que lui voue une bonne partie du pays, en suivant le parcours d’un homme désespéré dont le plus grand rêve est de rencontrer son idole: Éric Cantona. Il apparaît alors en sauveur et, non sans autodérision, il devient le mentor de cet homme. C’est notamment dans ce film que l’on entend l’une des plus célèbres phrases du joueur : “I’m not a man, I’m Éric Cantona” (“Je ne suis pas un homme, je suis Éric Cantona”). 

 

Bande-annonce des “Rencontres d'après minuit” de Yann Gonzales

4. L'étalon ou l'illustration de l'autodérision du joueur

 

Sorti en 2013, Les Rencontres d’après Minuit est certainement le film le plus drôle dans lequel Éric Cantona ait joué. Surnommé “l’étalon”, il y figure aux côtés d’une Béatrice Dalle très lubrique et, toujours très pince-sans-rire, il cherche sans arrêt à montrer son pénis. “Mademoiselle, avant que vous arriviez j’étais sur le point de montrer ma queue […] je vous préviens, elle est au repos” peut-on l’entendre dire au cours de cette orgie sexuelle poétique. Avec ce film, Eric Cantona surprend autant qu’il fait rire ; tel un intru dans ce paysage d’acteurs – Niels Schneider, Kate Moran, Nicolas Maury, Fabienne Babe, Alain-Fabien Delon –, il s’invite dans le cinéma d’auteur avec brio, laissant ses plus fidèles supporters cois.

Clip musical de Liam Gallagher, “Once” (2020)

5. Le retour en fanfare du King pour Liam Gallagher

 

Le 23 avril dernier, Éric Cantona faisait son grand retour dans le clip de Liam Gallagher. Ici, on le voit en roi déchu et alcoolique, il arpente son château et ses jardins, emmitouflé dans une cape qui peine à le contenir. Avec ce dernier rôle musical, son autodérision réapparaît avec une pointe de désenchantement : on ne peut s’empêcher de dresser un parallèle entre ce roi désabusé et le “king du football”. 

 

 

Dérapages, série de Ziad Doueiri, disponible en replay sur Arte.tv

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