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Qui sont les quatre artistes finalistes du 21e prix Marcel Duchamp ?

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Les noms viennent de tomber : Julien Creuzet, Isabelle Cornaro, Lili Reynaud Dewar et Julian Charrière sont officiellement les finalistes de la vingt-et-unième édition du prix Marcel Duchamp. Dès le 6 octobre prochain, ces quatre artistes contemporains français ou résidant en France exposeront au premier étage du Centre Pompidou, avant que l’ADIAF et un jury international n’élise parmi eux le lauréat de cette récompense.

  • Lili Reynaud Dewar, “LADY TO FOX” (2018). Mannequin, body paint, styrofoam 200 x 80 x 90 cm. Courtesy CLEARING gallery, Brussels

Ils s’appellent Clément Cogitore, Dominique Gonzalez-Foerster, Kader Attia, Tatianna Trouvé, Thomas Hirschhorn ou encore Eric Baudelaire. Depuis bientôt 21 ans, ces artistes composent la liste émérite des lauréats du Prix Marcel Duchamp, créé en 2000 par l’ADIAF afin de récompenser le travail d’un artiste français ou résidant en France dont la pratique plastique et visuelle – à travers en particulier un projet récent — s’ancre dans les enjeux de son époque. Le lundi 19 octobre dernier, celui-ci dévoilait le nom de sa vingtième lauréate : l’artiste-anthropologue franco-canadienne Kapwani Kiwanga pour son œuvre “Flowers for Africa”, une chronique fragmentaire et poétique de l'histoire des pays africains s’incarnant dans une série de compositions florales.

 

Malgré une période mouvementée, ayant notamment vu la fermeture précoce de la traditionnelle exposition des finalistes du prix au Centre Pompidou, l’ADIAF vient de dévoiler les nouveaux artistes qui composeront sa vingt-et-unième édition pour l’année 2021. Comme chaque année, ces derniers sont au nombre de quatre, deux hommes et deux femmes, et entretiennent une relation particulière avec la France, qu’ils y soient nés où y résident. On y retrouve Julien Creuzet, dont les installations hybrides mêlant sculpture, vidéo et performance mais aussi poésie et réalité virtuelle explorent les liens mémoriels, culturels et technologiques qui sous-tendent les civilisations — à 34 ans, l’artiste a déjà exposé dans des rendez-vous majeurs du monde de l’art français, à l’instar des Rencontres d’Arles, du Palais de Tokyo et de la Biennale de Lyon. Lili Reynaud Dewar a elle aussi participé, en 2015, à la Biennale de Lyon, ainsi qu'à celles de Venise et de Marrakech : théâtrales et souvent activées par son propre corps et la danse, qu’elle a étudiée, ses mises en scène se font la plupart du temps l'écho de problématiques sociales et raciales incarnées par la gestuelle et le langage. En performance ou en vidéo, l’artiste y rend régulièrement hommage aux figures qui l’inspirent, de Jean Genet à Marguerite Duras en passant par Joséphine Baker.

© Studio Julian Charrière

Autre finaliste du prix, l’artiste franco-suisse Julian Charrière, dont l’atelier principal est aussi vaste que ses ressources sont multiples : la nature. En véritable explorateur, cet ancien élève d’Olafur Eliasson parcourt les zones les plus reculées ou atypiques de notre planète pour faire de leurs singularités le corps de ses œuvres, des fragments de lave artificielle qui forment ses sculptures aux icebergs qui occupent le premier plan de ses films et photographies. Ces trois médiums, Isabelle Cornaro les utilise elle aussi régulièrement depuis vingt ans en prenant appui sur l’histoire des représentations et les techniques de l’art figuratif. Théorie de la perspective en peinture, relation cognitive de l’humain avec les objets, les principes et concepts qu’elle réinterprète sont nombreux, toujours dans l’optique d’interroger la place du visiteur par rapport à l’œuvre d’art. Avant que l’ADIAF ne dévoile le 18 octobre prochain, parmi ces quatre artistes déjà établis, celle ou celui qui remportera le prix et ses 35 000 euros, une seule ou plusieurs de leurs œuvres les plus récentes seront exposées à partir du 6 octobre au Centre Pompidou.