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Rencontre avec Asia Argento : “J’ai toujours envie de briser les tabous”
L’actrice, réalisatrice, DJ et chanteuse italienne Asia Argento revient depuis quelques années au cinéma après avoir été l’une des figures de proue du mouvement #MeToo. L’artiste punk est ce mercredi 25 mars 2026 à l’affiche de la comédie déjantée Plus forts que le diable aux côtés de Melvil Poupaud. L’occasion de revenir sur sa vie tourmentée et sa longue carrière.
propos recueillis par Violaine Schütz.
Publié le 29 mars 2022. Modifié le 23 mars 2026.

Dénoncer Harvey Weinstein à Cannes aurait pu enterrer sa carrière. Et la marquer au fer rouge. Mais la flamboyante actrice, réalisatrice et chanteuse italienne Asia Argento, 50 ans, est bel et bien vivante. Et très en forme dans le très gore et délirant Plus forts que le diable, qui sort au cinéma le 25 mars 2026.
Celle qui a tourné avec Sofia Coppola, Olivier Assayas, Bertrand Bonello, Abel Ferrara, Dario Argento (son père), Gus Van Sant et Bertrand Bonello campe dans cette comédie déjantée une femme gangster sadique aux côtés de Melvil Poupaud et Marine Vacth. L’occasion de rencontrer une artiste talentueuse, intransigeante et punk.
L’interview d’Asia Argento, star du film Plus forts que le diable
Numéro : Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans le film Plus forts que le diable ?
Asia Argento : J’ai adoré le scénario. Même si les choses qui se déroulent sont horribles et absurdes, j’y croyais grâce à l’écriture, formidable. J’avais envie de faire partie de ce monde-là. Aussi, ce n’était pas seulement gore, mais aussi émouvant, notamment la relation du père et du fils qui ne sont pas vus depuis longtemps. Et puis j’adore le réalisateur, Graham Guit (Le ciel est à nous). C’est quelqu’un de très gentil. Quand on dit de quelqu’un qu’il est gentil, on pense tout de suite qu’il est idiot. Mais lui a un cœur pur. D’ailleurs, il m’a dit quelque chose à la fin du tournage que je ne pensais pas entendre dans ma vie et surtout dans ma carrière : “Merci mon Dieu de m’avoir envoyé Asia Argento !” (rires)

“J’en ai marre du cinéma bourgeois. J’ai toujours envie de briser les tabous.” Asia Argento
Le film est une comédie, un genre rare dans votre carrière…
Oui, je ne pouvais croire que j’allais autant aimer le script au départ parce que je n’aime pas trop les comédies en général. Elles ne sont jamais aussi dérangées et déjantées que celle-ci. Je voulais absolument jouer dans le film après avoir dévoré le scénario. En fait, mon rôle était écrit pour un mec qui s’est désisté au dernier moment. Je me suis battue pour le jouer. Je voulais d’ailleurs faire plus mec que ça à l’écran, mais le réalisateur n’a pas voulu (rires). C’est assez une femme gangster, ce qui est rare. Cela dit, en Italie, on en trouve.
Connaissiez-vous Melvil Poupaud avant le tournage de ce film ?
Je ne connaissais pas Melvil personnellement même si j’avais vu un grand nombre de ses films. Je me suis très bien entendue avec lui. Il est adorable, très gentil et intelligent. En plus, il a de super goûts musicaux, ce qui est quelque chose de rare dans le cinéma. On s’est trouvés des goûts communs en musique, notamment Bob Dylan. J’ai découvert qu’il avait un groupe. Et moi, je suis obsédée par la musique (Asia Argento est aussi chanteuse et a été DJ, ndlr). On a donc beaucoup parlé de ça sur le tournage. Et puis, Melvil est quelqu’un de tranquille. Tout le monde rentrait ensemble le soir, en Belgique… On travaillait beaucoup. Mais il n’y avait pas de personnes qui sortaient tard le soir (rires). Il y avait une belle équipe et une belle ambiance. J’étais heureuse sur ce tournage, chose qui ne m’arrive pas très souvent dans ma vie (rires). J’ai adoré les acteurs. D’ailleurs, je suis toujours en contact avec Nahuel Perez Biscayart. Je n’arrivais pas à le regarder dans les yeux durant le tournage tellement il me faisait rire avec sa perruque. Je ne sais pas si ça se voit à l’écran que j’avais toujours envie de rigoler. J’espère que non…

“Je me sens un peu has been. Mais je l’accepte.” Asia Argento
Il y a des blagues très risquées dans le film, notamment à propos d’un tatouage qui ressemble au visage d’Hitler. Quelles sont vos limites côté humour ?
Le réalisateur est d’origine juive et c’est lui qui a écrit ces blagues. J’aime ce genre de comédies audacieuses. Aujourd’hui, on ne peut plus oser des choses extrêmes. J’en ai marre du cinéma bourgeois. J’ai toujours envie de briser les tabous. Alors, j’adore tourner dans des films qui me rappellent le cinéma que j’aime.
Pour Plus forts que le diable, le réalisateur Graham Guit s’est inspiré de cinéastes tels que Jean-Pierre Melville, Martin Scorsese, les frères Coen ou encore les frères Safdie. Quelles étaient vos influences ?
Je me suis inspirée d’un type que je voyais à la gym. Il mangeait d’une manière un peu étrange et se tenait d’une certaine manière, ce qui m’a donné des idées. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour préparer ce rôle. Mais c’était quelque chose de positif au final, car normalement je prépare longtemps mes rôles et je deviens obsessionnelle. Et ça ne me sert pas, car je réfléchis trop. C’est parfois mieux d’agir dans la spontanéité, surtout quand le film est bien écrit. J’avais peur pour le français. C’est toujours ma crainte, car ça fait longtemps que je n’avais pas tourné dans cette langue. Mais j’ai fait de mon mieux.
“L’art n’est pas une promenade de santé.” Asia Argento
Il y a pas longtemps, on vous a vue dans Les Reines du drame. Un projet génial présenté au Festival de Cannes en 2024…
Oui, c’était une aventure complètement folle et camp. Je crois que je n’ai jamais tourné un film pareil auparavant. Comme j’avais des prothèses sur le visage dans ce long-métrage, je me suis : “Putain, c’est la fin de ma carrière. » Tout le monde va croire que j’ai déconné question chirurgie esthétique. Je joue une diva has been. Et je me sens un peu has been, parfois. Mais je l’accepte. Alors, c’était fait pour moi (ndlr). Il y avait des gens très intelligents et créatifs impliqués sur ce projet, du réalisateur à la chef op en passant par l’équipe des costumes. C’étaient des jeunes qui essayaient beaucoup de choses différentes. Je suis restée copine de Gio Ventura, qui joue le rôle principal dans le film. Elle est très intelligente et très admirative de mon travail.
En 2021, vous avez sorti un livre, Anatomie d’un cœur sauvage, qui raconte, sans fard, votre vie. À quel point cela a-t-il été cathartique ?
L’art est toujours thérapeutique et cathartique si vous avez la capacité d’être brutalement honnête avec vous-même, en travaillant sur une œuvre. Ce n’est pas toujours une promenade de santé, mais cela vaut toujours l’effort sanglant à la fin. Mais le sabotage avait déjà commencé avant le livre. En 2017 et 2018, quand j’ai dénoncé Weinstein et quand j’ai parlé de lui au Festival de Cannes. C’était une période horrible. Il y a eu la mort d’Anthony (Bourdain, chef cuisinier, auteur, acteur et animateur de télévision américain qui était en couple avec Asia Argento, ndlr) en 2018, l’accusation du jeune (l’acteur Jimmy Bennett qui a accusé l’actrice d’agression sexuelle, ndlr),… J’avais l’impression d’être au fond de la mer et de ne plus pouvoir remonter à la surface. Le livre est arrivé plus tard. Il a été publié en 2021. J’ai arrêté de boire avant la sortie de mon autobiographie aussi. Beaucoup de choses se sont passées…

La star au Noir In Festival, le 7 décembre 2024, à Milan. © Rosdiana Ciaravolo/Getty Images.
“Je n’ai jamais été amoureuse de ce système. J’aime le cinéma mais pas ce qui gravite autour.” Asia Argento
Vous avez dit : “La honte qui aurait dû retomber sur ces porcs est gravée à jamais sur ma peau”. À quel point votre carrière a souffert des accusations portées à Harvey Weinstein puis au réalisateur Rob Cohen ?
Je tournais beaucoup, et puis, d’un coup, on ne m’a plus appelée. Ça a beaucoup changé depuis ma prise de parole à Cannes. En Italie, on me contacte toujours pour des projets d’émissions, mais un peu moins qu’avant. On paye le prix fort des décisions qu’on fait. Mais ça va. Tu le sais, je n’ai jamais été amoureuse de ce système… En fait, j’étais très résistante face à la façon dont on fait du cinéma. Je ne comprends toujours pas ce qui tourne autour du cinéma. En même temps, on rencontre des gens comme toi, avec qui j’ai un lien fort depuis des années. Mais c’est rare. J’aime profondément le septième art, mais pas ce qui gravite autour.
À un moment donné, vous enchaîniez les projets…
Oui, mais j’ai aussi accepté des choses aussi parce que j’avais besoin d’argent. J’avais deux enfants, et il fallait travailler pour eux, car j’étais mère célibataire, ce qui n’était pas facile. Je suis très heureuse de les avoir. C’est ma plus grande fierté, ce que j’ai le mieux réussi dans ma vie. Ils sont très bien tous les deux.

“J’avais un peu peur que ma fille continue dans le cinéma.” Asia Argento
Et après une pause, vous êtes revenue avec de nombreux films (Jour de colère, Seule, Sans Soleil, Lunettes noires)…
J’ai fait une longue pause dans mon métier d’actrice. Je suis dans le milieu du cinéma depuis quarante ans et j’avais besoin de retrouver mon envie. Je voulais remonter à la source de ce qui m’a fait commencer à jouer, quand je n’étais qu’une enfant. Aujourd’hui, je suis vraiment reconnaissante d’être de retour, et les projets sur lesquels j’ai travaillé ont été totalement épanouissants artistiquement et humainement.
Vous avez tourné avec votre fille, Anna Lou Castoldi (qui a joué dans la série Netflix Baby) dans le film Shadows (2020). Qu’est-ce qui était le plus fort dans cette expérience ?
C’était à la fois dur et exaltant. Ce qui était difficile était que je devais l’emmener – telle une coach – dans des endroits sombres et douloureux, ce qui me faisait peur. Mais je faisais confiance à sa sensibilité et à ses talents d’actrice… Et elle me rendait extrêmement fière. Elle est la cinquième génération de ma famille à avoir travaillé dans le cinéma. Je sais à quel point c’est difficile d’être comparé au reste de ta lignée, mais son talent n’appartient qu’à elle. Cependant, ma fille a arrêté le cinéma pour se tourner vers la musique. Heureusement, elle a compris que la musique, c’est mieux que le cinéma (rires). Tu peux plus être toi-même.

“J’ai toujours essayé de détruire l’idéal de beauté et de perfection au cinéma.” Asia Argento
Est-ce que vous aviez peur que votre fille continue dans le monde du cinéma ?
Un peu, oui. Il y a notamment cette pression sur le physique des femmes où tu dois tout faire pour être belle. On m’a déjà dit : “Dans ce film, tu es moche, c’est horrible.” Mais je ne vois pas les choses en ces termes. Je ne me demande pas : “Est-ce que j’étais belle ? Et est-ce que je travaillais parce que j’étais belle ?” Je suis ok avec le fait de grandir et de vieillir. J’ai toujours essayé de détruire ça : l’idéal de beauté et de perfection. Déjà dans Scarlet Diva (un film réalisé par Asia Argento, ndlr), je me démaquillais de manière trash devant le miroir. C’est étrange tout ce truc de la femme et de l’actrice qui n’a pas le droit de vieillir. J’ai envie de vieillir, tout comme j’ai envie de jouer des rôles secondaires.
Et puis il y a tout ce que vous avez vécu face à des prédateurs…
J’ai retrouvé des carnets intimes de quand j’avais 14 et 16 ans que j’avais oubliés. J’étais actrice et il y avait des choses qui arrivaient déjà. Mais je ne m’en rendais pas compte. J’avais oublié qu’un réalisateur avait demandé à me voir en soutien-gorge pour l’aider à visualiser une scène. Même pour ma fille qui a vécu ce que j’ai vécu, les choses seraient difficiles à gérer, je pense. Je ne sais pas si elle serait capable de se protéger contre le pouvoir des hommes qui est toujours de mise. C’est dommage que #MeToo ait été un mouvement créé et manipulé par les médias. C’est pire qu’avant. Et c’est vraiment dommage.

“On ne pourrait plus faire un film comme Scarlet Diva aujourd’hui.”
Quelles sont vos plus grandes angoisses ?
J’ai des peurs, comme tout le monde. J’ai plus peur de souffrir et de perdre les gens que j’aime que de ma propre mort. Car j’ai perdu tant de personnes qui m’étaient chères. J’espère mourir avant d’en perdre beaucoup d’autres. Je me suis presque toujours sentie en sécurité sur les plateaux de cinéma. C’est ce qui se passe autour du cinéma qui peut parfois sembler plus dangereux. Mais je suis plus apaisée aujourd’hui, au tendre âge de 50 ans, qu’autrefois.
Pourriez-vous tourner dans un autre film de votre père, le maître de l’horreur Dario Argento ?
Il veut toujours tourner. Il travaille sur plusieurs projets dont un avec Isabelle Huppert. Mais je ne suis pas sûre qu’on refasse un film ensemble. Moi, je viens de jouer dans un long-métrage et je dois en faire deux autres bientôt. Et puis, je bosse sur un film avec Abel Ferrara, depuis trois ans. Ça s’appellera American Nails (un thriller aux côtés de Willem Dafoe) et l’histoire est géniale. On devait le tourner, mais Abel s’est fâché avec le distributeur. Mais on a trouvé quelqu’un d’autre. On doit commencer à tourner bientôt, dans le sud de l’Italie. Et après ça, je pourrais m’arrêter (rires).

“Je ne suis pas capable de faire n’importe quoi.”
Qu’avez-vous de la prestation d’Abel Ferrara en tant qu’acteur dans le film Marty Supreme ?
J’ai adoré le film et la scène d’Abel avec la baignoire qui s’écroule et le chien. En plus, lui, il déteste les chiens. Il en a peur. C’est à cause de ça qu’il m’a fait embrasser un chien dans le film Go Go Tales (2007). C’était le début de la fin de ma carrière (rires). Tout le monde s’est dit : “Elle est vraiment malade !”
Travaillez-vous sur un nouveau film en tant que réalisatrice ?
En fait, j’ai écrit deux films. Mais je ne me suis pas battue, car je n’ai plus envie de me battre. Je suis trop fatiguée. Tous les films que j’ai faits étaient épuisants à monter et il y a eu plein d’humiliations. En plus, les longs-métrages que j’ai réalisés étaient extrêmes. Car les films que j’aime écrire ou voir sont ainsi… C’est mon univers. Aujourd’hui, ce serait impossible de réaliser un projet comme Scarlet Diva ou comme Le Livre de Jérémie. Avec toutes les bigoteries d’aujourd’hui et le politiquement correct, beaucoup de choses ne sont plus permises.

“Je n’ai pas compris toute la hype autour d‘Une bataille après l’autre.”
Et qu’est-ce qui s’est passé avec les projets que vous aviez commencé à écrire ?
Pour l’un d’eux, l’histoire est terrible. Je l’ai écrit puis je l’ai vendu aux États-Unis pour faire une série. Ils m’ont payée puis ils m’ont dit : “On doit changer l’âge de l’héroïne. Elle doit avoir 20 ans parce que 14 ans, ce n’est pas possible.” Cela ressemblait à une sorte de Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… , mais dans les années 90, dans les raves. C’était inspiré par ma vie. Et un type m’a dit en lisant le scénario : “Ça, c’est magnifique. Tu dois écrire un livre.” Un autre m’a balancé : “C‘est incroyable. Pourquoi on n’essaierait pas de faire un film avec l’intelligence artificielle ?”. Finalement, je me suis rendu compte que je n’avais pas envie de ça. Je ne suis pas capable de faire n’importe quoi.
Des rumeurs affirment que l’actrice Vera Gemma, qui jouait dans votre long-métrage Scarlet Diva, serait en pourparlers pour tourner dans le prochain film de Sean Baker…
Oui, j’ai entendu ça. Je sais qu’il aime beaucoup. Tu as vu le film sur sa vie, Vera ? Il est incroyable. Très émouvant. Il était à la Mostra. Avec Vera, on est copines depuis 40 ans. On ne se voit pas souvent, mais je suis très contente quand on se retrouve.

Quels sont les derniers films que vous avez aimé ?
J’ai adoré Sirāt d’Oliver Laxe, un film magnifique. J’ai aussi aimé le Die, My Love de Lynne Ramsay. J’apprécie le fait qu’on ne comprend pas ce qui se passe et qu’on ne donne pas la main au spectateur. Qu’on ne nous accompagne pas. On ne comprend pas, mais on l’accepte. C’est comme la vie. Oui, on ne comprend pas tout et les actions des gens nous dépassent, mais c’est ainsi. Et Jennifer Lawrence est démente dedans, très animale. Sinon, dans les films récents, je n’ai pas aimé Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson. Je n’ai pas compris toute la hype autour du film. Je ne l’ai pas regardé jusqu’à la fin d’ailleurs.
Quels sont les films que vous avez envie de voir ?
Aucun autre choix de Park Chan-wook. Et Valeur sentimentale de Joachim Trier. Mais j’ai un peu peur de regarder cette histoire de père réalisateur et de fille comédienne. Ça devrait me rappeler beaucoup trop de choses (rires).

Chantez-vous toujours ?
Non, parce que je suis très timide, en réalité, et que c’est lié à une période précise de ma vie faite de fêtes, de l’alcool. Des moments liés à la nuit. Je ne peux plus. Je suis trop fatiguée par ça. Parce que même si je ne bois plus, et je serais alors entourée de gens qui picolent et fument des pétards, et je vais recommencer tout de suite. Car j’ai un tempérament accro. Mais je suis très admirative de ma fille qui travaille sur sa musique, de l’ambient dark. Je préfère aller la voir jouer sa musique en live que d’en faire. D’ailleurs, mon fils est aussi dans la musique. Il joue de la guitare et veut aller étudier le son dans une école aux États-Unis. Il est très intelligent lui aussi, sensible et beau. D’ailleurs, il pourrait être acteur d’ailleurs. Il peut faire tout ce qu’il veut.
Quand aviez-vous commencé à chanter ?
J’ai commencé à chanter en 2000, avec le compositeur français Hector Zazou. C’était une voix parlée. J’ai mis du temps à trouver ma voix. J’avais honte parce que j’ai une voix si profonde, qui résonne comme un trombone, qu’il m’a fallu du temps pour apprendre à l’utiliser à mon avantage. C’est dans son unicité qu’est ma force.

Écoutez-vous toujours autant de musique et quelles sont, pour vous, les meilleures BO de tous les temps ?
J’écoute beaucoup plus de musique que je ne regarde de films chez moi. La musique est le meilleur film que j’aie jamais vu de ma vie. La musique pour moi consiste en une image qui évoque un tas de choses. Pour les BO, je dirai celle de La Planète sauvage par Alain Goraguer, Toby Dammit par Nino Rota, l’Exorcist II: The Heretic par Morricone et la musique de Profondo Rosso par les Goblin.
Plus forts que le diable de Graham Guit, au cinéma le 25 mars 2026.