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7 projets décalés de cinéastes, de Wes Anderson à Baz Luhrmann
Bien loin des blockbusters formatés, les salles obscures offrent parfois des expériences de cinéma, plus étranges et osées. Du long-métrage en odorama de John Waters au prochain film de John Malkovich, en passant par le nouveau projet de Baz Luhrmann avec le British Pullman et le café imaginé par Wes Anderson, Numéro revient sur sept projets atypiques.
par Nathan Merchadier.
Publié le 31 mars 2023. Modifié le 11 février 2026.

Quand les cinéastes sortent du cadre
En 2009, la sortie du film Avatar de James Cameron bousculait les codes traditionnels du cinéma en France. À l’époque, il s’agit de l’un des premiers projets tournés de manière numérique (et non sur pellicule) à effectuer une sortie dédiée au grand public en 3D. D’autres films et séries ont également expérimenté de nouvelles idées pour mieux surprendre les cinéphiles, tandis que certains réalisateurs se sont parfois essayés à produire d’autres objets que des films…
Du long-métrage 100 years qui devrait sortir en l’an 2115 film Polyester (1981) de John Waters qui invitait ses spectateurs à une expérience multi-sensorielle mobilisant notamment le sens de l’odorat, en passant par le nouveau projet de Baz Luhrmann, et le café de Wes Anderson à Milan, Numéro revient sur 7 projets qui ont (ou qui vont) marquer l’histoire du cinéma.
7 projets décalés signés de réalisateurs renommés


Après le cinéma, Baz Luhrmann imagine une voiture privée dans un train luxueux
Quelques années après avoir signé l’excellent biopic Elvis (2022), porté par l’acteur Austin Butler, le réalisateur australien Baz Luhrmann s’apprête à se lancer dans un projet d’une tout autre nature. À l’été 2026, le cinéaste se verra confier la refonte d’une voiture privée du British Pullman. Le mythique train du groupe Belmond qui sillonne Londres et ses alentours. Avec l’aide de la costumière oscarisée Catherine Martin (Gatsby le Magnifique), il imaginera ainsi une véritable “suite” sur rails. Installée dans une authentique voiture Pullman de 1932, entièrement repensée comme un décors de film…
Pensée pour accueillir jusqu’à 12 invités, cette expérience ultra-exclusive se dévoilera au gré d’un bar à cocktails, d’un salon. Mais aussi d’une salle à manger, d’une cuisine privée et d’un espace de réception au style pop et baroque. Inspirée par le cinéma vintage et la figure de William Shakespeare, la voiture déploiera un hommage à l’artisanat britannique (marqueterie, verrerie, broderies, porcelaine)… À côté de ce projet, le réalisateur prépare un long-métrage centré sur Jeanne d’Arc. Une figure historique dont l’aura continue de fasciner la pop culture et la mode, de Romain Gavras à Jeanne Friot, en passant par Zendaya et Rosalía…
Les réservations pour découvrir la suite imaginée par Baz Luhrmann dans le British Pullman, sont accessibles ici.
Le Bar Luce imaginé par Wes Anderson à Milan
Le cinéaste Wes Anderson s’est, lui aussi, illustré à travers un projet éloigné des salles obscures… En imaginant un bar tout droit sorti de l’univers de ses films : le Bar Luce. Inauguré au sein de la Fondation Prada de Milan, l’établissement concentre rapidement tous les regards lors de son ouverture en 2015. Couleurs pastel, papier peint à motifs, décor vintage et mobilier en Formica, l’espace est pensé comme un croisement entre l’esthétique andersonienne et un café milanais des années 50-60. Et le lieu multiplie aussi les clins d’œil cinéphiles. On y croise notamment des flippers Zissou (en hommage au capitaine de La Vie Aquatique). Ou encore un juke-box diffusant certaines bandes originales emblématiques…
Le Bar Luce, à la Fondation Prada, au Largo Isarco, 2 20139, Milan.
100 Years (2115) : le film que vous ne verrez jamais avec John Malkovich
En 2015, l’acteur John Malkovich et le réalisateur Robert Rodriguez imaginent le scénario d’un film un peu particulier. Intitulé 100 Years, en référence à sa date de sortie dans les salles de cinéma un siècle plus tard, le film (destiné à faire la promotion d’un cognac de luxe de la maison Rémy Martin) se veut audacieux et mystérieux. Et pour cause, le fameux spiritueux, composé de 1200 eaux-de-vie différentes doit-être consommé 100 ans après sa mise en bouteille pour révéler toute sa saveur. Mais alors comment prévoir la sortie d’un tel film ? Le directeur exécutif de la marque précisait à l’époque que l’unique copie du long-métrage se trouve au sein du siège de la marque et qu’il ne s’ouvrira qu’en 2115. Simple opération marketing ou véritable questionnement de la temporalité dans le monde du cinéma ? Nos successeurs sur terre seront probablement les seuls à connaître la réponse.
100 Years (2115), n’a pas de date de sortie.
I’m Still Here (2011) : le documentaire sur la (fausse) descente aux enfers de Joaquin Phoenix
S’il est connu pour son rôle de braqueur de casino aux côtés de George Clooney, Brad Pitt ou encore Matt Damon dans les films de la saga Ocean’s Eleven (2001), Casey Affleck (le frère de Ben Affleck) l’est beaucoup moins pour avoir réalisé un long-métrage. Pourtant, en 2011, il dévoile un faux documentaire basé sur la (fausse) vie de son (vrai) beau-frère, l’acteur Joaquin Phoenix. Dans cette fiction, l’acteur – qui crève l’écran dans le film Joker (2019) – annonce qu’il prend sa retraite (dans le cinéma) pour se lancer en tant que rappeur. La nouvelle ne manque pas d’émouvoir Hollywood et le plonge au cœur d’une tempête médiatique. En mobilisant un genre cinématographique proche du reportage, Casey Affleck et Joaquin Phoenix livrent un film sur lequel ils n’étaient pas forcément attendus. Et qui pousse à la réflexion sur ce qui est vrai ou faux.
I’m Still Here (2011), disponible en VOD sur Filmo TV.
Dans le film Polyester (1981), le cinéma convoque le sens de l’odorat
Des odeurs de pizza, de colle, de marijuana, ou encore de déodorant pour WC en pleine séance de cinéma ? C’est le pari fou auquel se livre le réalisateur américain John Waters. En mobilisant la technique de l’odorama pour accompagner la diffusion en salle de son film Polyester en 1981. À l’aide de cartes à cases numérotées, distribuées avant la projection, les spectateurs pouvaient sentir les scènes du film en grattant les différentes pastilles. Côté scénario, il s’agit d’une comédie à l’humour morbide… Retraçant les mésaventures d’une mère de famille dans la ville de Baltimore.
Polyester (1981), disponible en DVD.
La faille spatio-temporelle du film Boyhood (2014)
Le film qui a remporté l’Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival international de Berlin en 2014 présentait des méthodes de tournage très spéciales… Dans Boyhood, le cinéaste Richard Linklater s’intéresse à la période charnière allant de l’enfance à l’adolescence d’un jeune garçon élevé par des parents divorcés. Afin de retranscrire au mieux les évolutions de ses personnages, il prend le parti de filmer un même casting. Porté par l’acteur Ellar Coltrane (ainsi que par Patricia Arquette et Ethan Hawke), douze jours par an sur une période de douze ans. Tourné par intermittence de 2002 à 2013, Boyhood réussit à documenter au mieux les transformations physiques et mentales de ses héros.
Boyhood (2014), disponible sur MUBI.
Le projet fleuve de La Flor (2018) par Mariano Llinás
Si vous aviez trouvé très long le dernier film de Damien Chazelle, Babylon (2022), vous n’auriez probablement pas eu le courage de découvrir dans son entièreté le (très) long-métrage de Mariano Llinás intitulé La Flor (2018). Pour cause, le tournage du film-monstre s’étale sur près de dix ans. Et fait parler de lui pour sa durée record de quatorze heures (13h34 précisément). Présenté dans les salles de cinéma au travers de six épisodes, le film avait tout de même réussi à convaincre plus de 30 000 spectateurs en France. Et s’était attiré les critiques positives de la part de la presse. Véritable ode au cinéma, les six épisodes déroulaient des histoires différentes… Avec pour seul point commun de rassembler les quatre même actrices.
La Flor (2018), disponible en VOD sur Canal+.