6
6
Tame Impala revient avec un remix aux côtés de Jennie
Après cinq ans d’absence, les Australiens de Tame Impala, menés par Kevin Parker, étaient de retour avec Deadbeat, un cinquième album introspectif, en octobre 2025. Et en février 2026, ils frappent encore fort en remportant un Grammy Award et en sortant un remix de l’un de leurs titres aux côtés de la chanteuse Jennie.
Publié le 13 octobre 2025. Modifié le 6 février 2026.

Grammy Awards, Jennie… Le beau retour de Tame Impala
Après cinq années de silence, Kevin Parker a ressurgi avec l’album Deadbeat, son cinquième opus avec son excellent groupe Tame Impala, le 17 octobre 2025. Un album “viscéralement nourri par la culture bush doof et la matrice rave d’Australie-Occidentale”. Une cartographie électrique de la nuit.
Car la culture bush doof renvoie, en fait, à ces raves indomptées disséminées dans la nature australienne — forêts, étendues arides, rivages — où trance psychédélique, techno tellurique et imagerie hallucinée confluent dans un élan communautaire quasi rituel.
Le titre End of Summer – récompensé d’un Grammy Award en 2026 -, extrait du disque, façonne justement un paysage où l’acid house s’entrelace à des traînées éthérées. Loser (2025), plus resserré, distille un ton mélancolique lorsque Dracula (2025) — coécrit avec Sarah Aarons — approfondit plutôt la veine pop crépusculaire de l’œuvre. Un hommage très clair au monstre de Bram Stoker, figure romantique et décharnée dont Kevin Parker transpose la soif de vitalité en métaphore du désir épuisé. Ce titre vient d’être remixé avec la voix de Jennie en février 2026.
Le succès extraordinaire de l’album The Slow Rush
Récent collaborateur du tandem Justice, Kevin Parker confie avoir abordé ce nouveau disque dans un état psychique complexe. L’enjeu, pour lui comme pour l’auditeur, n’est plus la séduction immédiate, mais la persistance d’une tension intérieure : rendre sensible l’érosion du désir.
En 2020, il livrait pourtant The Slow Rush. Un disque qui évoquait l’écoulement du temps et de la perception de celui-ci. En soliste à l’écriture, à la composition et à la production des douze titres de l’album, l’Australien de 39 ans faisait se côtoyer des sonorités.Supertramp, Daft Punk ou les Chemical Brothers, distillées dans des touches funk, disco, break beat et rock psyché. Un album condensé mais égal dans l’intensité de ses morceaux.
À la manière d’un chopped and screwed (caractéristique du hip-hop des années 90 cette technique consiste à hacher et ralentir le tempo d’un sample), Kevin Parker nous invite à ralentir le rythme paranoïaque et apocalyptique propre à son précédent album. The Slow Rush, comme un calme après la tempête de Currents (2015).
Une pochette d’album culte
À l’époque, le paysage de la pochette d’album signée Neil Krug – tel un lendemain d’apocalypse – dessine visuellement ce retour au calme, avec une photo prise dans une maison abandonnée du village fantôme de Kolmanskop en Namibie.
Les murs revêtus d’un rouge saillant contrastent avec le bleu vif du ciel et la soyeuse vague de sable qui envahit cet espace, abandonné. Rappelant l’inexorable sablier qui compte les minutes, du néant, symbole du passage du temps et de la ruine, l’écoulement du sable est la ligne directrice de The Slow Rush. Un memento mori persistant et silencieux face à l’éphémère de chaque note. Désormais, Tame Impala change de cap avec Deadbeat. La pochette présente un cliché un peu flou en noir et blanc sur lequel Kevin Parker enlace sa fille, Peach.
Dracula (Jennie Remix) (2026) de Tame Impala et Jennie, disponible.