5
5
La folle ascension de Charlotte Cardin, la chanteuse qui redéfinit la pop francophone
Du télé-crochet The Voice au statut d’icône pop, la chanteuse québécoise Charlotte Cardin prépare une année 2026 flamboyante. Son titre Feel Good a donné un nouveau coup d’accélérateur à sa carrière et Tant pis pour elle, a révélé des sentiments les plus sombres, quelques mois avant un concert – complet – à l’Accor Arena de Paris, en avril 2026. Alors que se produira en live au festival We Love Green le 7 juin 2026 et qu’elle vient de sortir le morceau Take Me Back, retour sur son ascension.
par La rédaction.
Publié le 29 octobre 2025. Modifié le 5 juin 2026.

Charlotte Cardin, nouvelle star de la chanson francophone
La vengeance peut être belle. Et Charlotte Cardin la sculpte avec classe. Avec le titre Tant pis pour elle (2025) qui s’accompagne d’un sublime clip qui met en scène un triangle amoureux, la chanteuse québécoise de 31 ans signe un single électro-pop qui joue la carte de la colère apprivoisée. Une production affûtée encadre une voix fêlée capable de tout dire en ne criant rien.
L’élégante Charlotte Cardin définit son titre comme suit : “Tant pis pour elle c’est le fantasme d’une vengeance parfaitement exécutée. C’est ce qu’on pense tout bas, dit tout haut. C’est la patience qui accueille la colère avec sa beauté — et la brûle jusqu’à devenir ascension.”
Ce morceau n’est pas qu’un simple successeur de Feel Good (2025), il inaugure un nouveau chapitre dont l’Accor Arena complet du 30 avril 2026, et son concert à We Love Green le 7 juin prochain, en sont les vibrants témoignages. Sans compte un nouveau tube, publié en juin 2026, Take Me Back. Et une apparition aux côtés d’Aya Nakamura au Stade de France, il y a quelques jours.
La chanteuse derrière les titres Feel Good et Tant pis pour elle
Elle a surgi de La Voix, et n’a cessé de creuser sa singulière élégance. Charlotte Cardin fait ses premiers pas dans la version canadienne de The Voice (2013), où elle marque les esprits, notamment lors d’un duo avec son homologue Garou. Puis vinrent les premiers EP Big Boy (2016) et Main Girl (2017). Déjà la fusion pop-jazz-electro se révèle. Elle deviendra sa marque de fabrique.
Dans l’opus Phoenix (2021), Charlotte Cardin s’abandonne à l’écriture à quatre mains, notamment avec Jason Brando, directeur du label Cult Nation, puis poursuit ses explorations avec le disque 99 Nights (2023). Elle inscrit, dans cet opus pensé comme un journal musical, les moments de son intimité dans un geste fragile et exalté.
L’artiste évolue aussi en tant que femme amoureuse : en couple avec l’acteur et musicien Aliocha Schneider depuis 2016, elle multiplie, avec lui, les échanges créatifs. Le duo Ensemble (2023), nommé aux Victoires de la Musique 2025, révèle par exemple une complicité rare où deux univers esthétiques — le folk introspectif de Schneider et la pop sophistiquée de Charlotte Cardin — se rencontrent dans une douce intensité. Cette synergie intime rejaillit sur sa manière de composer, plus ouverte, plus partagée.
À quoi ressemble la musique de Charlotte Cardin ?
Sa voix est un matériau : fragile, sculpté, inextinguible. L’analyse de sa musique révèle un savant dosage de genres : une base organique, piano ou clavier Wurlitzer vintage, qui insuffle une chaleur subtile, nappée d’arrangements électro terriblement contemporains. Cet instrument devient un aiguillon mélodique et émotif, une signature sonore douce-acide.
Mais ce sont surtout les rythmiques qui témoignent d’une sophistication sous-jacente. Là où la pop mainstream se contente souvent d’un 4/4 sans faille, Charlotte Cardin introduit de subtiles variations syncopées, des suspensions inattendues, presque jazz. On y retrouve l’héritage des grandes vocalistes soul, mais domestiqué par une sensibilité pop contemporaine.

Un beau duo avec Aliocha Schneider
En à peine une décennie, la chanteuse est passée du statut de révélation télévisée à celui de figure centrale de la pop francophone contemporaine. Dans cette trajectoire, l’ancrage amoureux auprès d’Aliocha Schneider résonne comme une force discrète, une complicité qui nourrit autant l’artiste que la femme. Sa bataille n’est plus celle de convaincre : elle est désormais de maintenir le vertige.
Chaque chanson épouse une dramaturgie formelle. Feel Good (2023) bâtissait son irrésistible tension en accumulant couches et silences jusqu’à l’explosion finale. Tant pis pour elle (2025) choisit une autre voie : des refrains plus directs, mais piégés par des couplets presque minimalistes.
Une artiste singulière
Il y a peu, Charlotte Cardin marquait les esprits en performant lors de la cérémonie du Ballon d’Or 2025. Mais le défi des grandes salles reste d’absorber cette intensité sans la diluer. Les premiers retours de ses concerts récents montrent que la jeune femme a trouvé la clé : une scénographie minimaliste qui met en avant la voix, un jeu de lumière presque cinématographique, et des arrangements repensés pour amplifier la tension.
Son anglais fluide lui permet aussi de s’adresser au marché international, tandis que son français revendiqué installe une spécificité culturelle. Cette double appartenance, déjà soulignée par la presse britannique et américaine, constitue, peut-être, la vraie singularité de celle qui vient de devenir l’ambassadrice de Levi’s.
Take Me Back (2026) de Charlotte Cardin, disponible. Elle sera en concert au festival We Love Green le 7 juin 2026.