23 mai 2026

Cannes 2026 : Renate Reinsve nous raconte la Palme d’or, Fjord

Le nouveau film du Roumain Cristian Mungiu, Fjord, qui était l’un des longs-métrages les plus commentés de la Croisette, vient de recevoir la Palme d’or. On y suit un couple roumano-norvégien dont les méthodes éducatives suscitent le soupçon dans un village isolé de Norvège. On a rencontré l’excellente actrice Renate Reinsve, bluffante dans ce drame familial sacré à la 79e édition du Festival de Cannes.

  • par Violaine Schütz

    et La rédaction.

  • Publié le 24 avril 2026. Modifié le 25 mai 2026.

    Fjord, une Palme d’or signée Cristian Mungiu

    C’est l’un des films qui a le plus provoqué de conversations sur la Croisette… Et il vient de recevoir le prix ultime : la Palme d’or au Festival de Cannes 2026. À 58 ans, le réalisateur roumain Cristian Mungiu fait partie des cinéastes européens les plus régulièrement primés au Festival de Cannes. Il a déjà reçu la Palme d’or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007), le prix du scénario pour Au-delà des collines (2012) et le prix de la mise en scène pour Baccalauréat (2016)… Il revenait, quelques années plus tard en compétition avec R.M.N. (2022), sans toutefois décrocher de prix.

    Avec Fjord, son sixième long-métrage qui sortira au cinéma le 19 août 2026, il s’essaie pour la première fois à la langue anglaise. Et s’entoure d’un casting international d’envergure composé de la Norvégienne Renate Reinsve (Valeur sentimentale), star du prochain film d’horreur des studios A24, et du Roumano-américain Sebastian Stan (The Apprentice, Captain America : Le Soldat de l’hiver).

    Renate Reinsve et Sebastian Stan au générique

    Sebastian Stan, nommé à l’Oscar pour The Apprentice (2024) d’Ali Abbasi, dans lequel il campait un jeune Donald Trump, s’impose depuis quelques années comme l’un des acteurs les plus demandés d’Hollywood. Et Renate Reinsve, révélée par Julie (en 12 chapitres) (2021) de Joachim Trier, pour lequel elle a reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes, puis saluée dans Valeur sentimentale (2025) du même Trier, qui a reçu le Grand Prix du jury et Oscar du meilleur film, retrouve quant à elle la Croisette dans un registre très différent, celui d’une mère très religieuse prise en étau entre deux cultures.

    Cristian Mungiu confiait d’ailleurs à The Film Stage au sujet du casting : “Je n’avais jamais travaillé avec le star-system auparavant, mais j’ai été heureux de le faire sans avoir à changer ma façon de faire du cinéma.” Il précisait, dans le même entretien avoir été séduit par le fait que Sebastian Stan maitrise, en raison de ses origines, la langue roumaine. Né à Constanța en Roumanie, l’acteur a quitté son pays à l’âge de huit ans pour Vienne, avant de s’installer à New York à l’âge de douze ans. Une trajectoire qui donne à son personnage, père roumain transplanté en Norvège, une résonance particulièrement intime…

    Un film en compétition au Festival de Cannes 2026

    Plans-séquences, réalisme rigoureux, morale en suspens… Son style reste intact pour Fjord. Le film suit un couple mixte composé de Mihai (Sebastian Stan), roumain, et de Lisbet (Renate Reinsve), norvégienne. Très pieux, ils s’installent avec leurs enfants dans le village natal de Lisbet, hameau isolé au bout d’un fjord (une ancienne vallée glaciaire de Scandinavie envahie par les eaux marines), et se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins. Toutefois, lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps de l’aînée des enfants du couple, la communauté s’interroge… Et leurs enfants leur sont enlevés en raison de suspicion de maltraitance. Commence alors un procès… Le spectateur est alors saisi par le doute : qui croire ? Les parents ou les services sociaux ? La cérébrale, talentueuse et sublime Renate Reinsve nous raconte les dessous de ce film en compétition au Festival de Cannes qui pourrait être sacré par un prix.

    L’interview de Renate Reinsve à Cannes

    Numéro : Qu’est-ce qui vous a aimantée dans le film Fjord ?

    Renate Reinsve : Ce qui m’a attirée vers ce film, avant tout, c’est Cristian Mungiu. C’est un réalisateur exceptionnel. Il est très sophistiqué, très intelligent, et il réalise des films complexes que j’aime énormément. Ce qui était intéressant aussi, c’est qu’il m’a demandé de venir lire le scénario. Je ne l’avais jamais rencontré auparavant, et nous avons parlé à la fois du personnage de Mia, issue de la famille libérale, et de Lisbet, appartenant à la famille conservatrice. Nous pensions tous les deux que je serais peut-être davantage touchée par Mia, ou que je m’identifierais plus facilement à elle, parce qu’elle mène une vie plus proche de la mienne. Mais j’ai ressenti énormément d’amour pour Lisbet, alors qu’elle mène une vie complètement opposée à la mienne. Pendant la lecture, il était fascinant de constater ce que ce personnage provoquait physiquement en moi. Je pouvais sentir un véritable changement dans mon corps. J’appréciais le fait de m’aventurer dans quelque chose que je n’avais jamais exploré auparavant.

    Interpréter ce personnage a été un véritable exercice d’empathie envers quelqu’un de si différent de moi — ce qui est un thème central du film.” Renate Reinsve

    Comment avez-vous préparé ce rôle ?

    Cristian et moi avons eu une longue conversation, car il était très important pour lui que le personnage soit crédible, ancré dans le réel, très naturel — et qu’il soit incarné par quelqu’un qui le comprenne profondément. J’ai donc dû faire beaucoup de recherches, comprendre ses rituels, sa relation à Dieu, qui devait être très précise, ainsi que ses liens avec sa famille. Je pense qu’en réalité, j’aurais probablement été un peu intimidée si j’avais rencontré Lisbet dans la vraie vie, parce qu’elle est très conservatrice.

    Qu’avez-vous appris en jouant ce personnage très religieux et conservateur ?

    Interpréter ce personnage a été un véritable exercice d’empathie envers quelqu’un de si différent de moi — ce qui est d’ailleurs un thème central du film. Et à la fin, j’éprouvais énormément d’amour pour elle et pour la manière dont elle avait choisi de vivre sa vie. Ma relation à ce personnage a beaucoup évolué. Entre la lecture du scénario et la fin du tournage, j’ai développé énormément d’amour et de respect pour ses choix de vie, même s’ils sont très différents des miens : sa carrière, sa famille, sa relation à Dieu, sa foi… tout est différent.

    Aujourd’hui, nous ressentons une pression à tirer des conclusions rapidement, à avoir des opinions très affirmées.” Renate Reinsve

    En regardant ce film, on éprouve beaucoup d’incertitudes sur ce qui s’y passe réellement…
    Oui. Il y a quelque chose de très apaisant dans ce que Cristian a dit après la première du film à Cannes, lorsqu’il a pris la parole après les applaudissements. Il a parlé du doute et de son importance. Aujourd’hui, nous ressentons une pression à tirer des conclusions rapidement, à avoir des opinions très affirmées. Il est si facile de voir les choses en noir et blanc. On prend une décision rapide sur ce qui est juste ou faux, puis on passe à autre chose. Mais, si l’on agit ainsi, on perd l’accès à l’empathie, parce qu’on a déjà décidé de qui l’on est, de ses croyances, de ce que l’on veut représenter. Cela peut sembler plus fort, plus rassurant, sur le moment…

    Mais ce n’est pas le cas…

    Garder les choses ouvertes, accepter de ne pas être totalement certain de qui l’on est, remettre en question ses propres convictions et sa façon très évidente de vivre ou de voir les autres, cela nous rend très vulnérable. Mais cela permet aussi de développer beaucoup plus d’empathie envers des personnes vivant des situations très éloignées des nôtres. On apprend à regarder les autres avec davantage de bienveillance et d’amour. Bien sûr, je connaissais déjà cette idée, mais c’est quelque chose que j’ai réellement expérimenté en entrant dans ce rôle.

    La perception de ce qui est juste ou faux peut devenir très fragile dans un système aussi saturé d’influences.” Renate Reinsve

    C’est un film qui nous amène très loin des affirmations à la va vite balancées sur les réseaux sociaux…

    Nous sommes exposés à tellement d’opinions en permanence que, pour construire une véritable opinion personnelle, il faut du temps et de la solitude. Il faut rester seul avec ses pensées suffisamment longtemps pour comprendre ce que l’on ressent réellement face à un sujet. La perception de ce qui est juste ou faux peut devenir très fragile dans un système aussi saturé d’influences. Cela demande un véritable effort, et aujourd’hui les gens ont parfois l’impression de ne plus avoir le temps pour cela. Pourtant, c’est essentiel. Et ce film nous offre justement cet espace-là : il nous donne du temps pour réfléchir, pour débattre intérieurement avec nous-même, pour remettre certaines choses en question. C’est aussi pour cela que je l’aime profondément.

    Après avoir joué dans le film et l’avoir vu, avez-vous désormais une opinion claire sur ce qui s’est passé, ou êtes-vous encore dans le doute ?
    Pendant que je regardais le film, je me demandais sans cesse qui avait raison et qui avait tort. Mais cela m’a aussi amenée à douter de moi-même et de mes propres croyances. Venant de Norvège, je connais bien le système de ce pays et j’en suis fière. J’apprécie notamment les structures sociales mises en place pour soutenir les gens. Pourtant, la force du film, selon moi, a été justement de me faire douter de mes propres certitudes. Je pense que c’est très important. Cela peut être perturbant pour certaines personnes et susciter beaucoup de débats, mais c’est totalement intentionnel de la part de Cristian. Et c’est impressionnant qu’il parvienne à provoquer cela grâce à tous les éléments du film. On finit par avoir une conversation avec soi-même.

    Le plus important était d’être totalement sincère avec ce personnage et de ne jamais le juger.” Renate Reinsve

    Nous savions déjà que vous étiez une grande actrice, mais dans ce film, vous accomplissez quelque chose de fascinant : on ne sait jamais vraiment si l’on doit aimer votre personnage ou s’en méfier. Comment avez-vous travaillé cette ambiguïté ?
    Le plus important était d’être totalement sincère avec ce personnage et de ne le juger à aucun moment. Il fallait être très précise dans ses gestes, ses pensées, ses émotions, sans chercher à orienter le spectateur. Je ne voulais rien “montrer” au public de manière démonstrative. Je voulais simplement être présente dans le personnage et laisser les spectateurs l’observer telle qu’elle est.

    Pouvez-vous parler de votre alchimie à l’écran avec Sebastian Stan ? Comment l’avez-vous construite ?
    Cette connexion existait déjà un peu. Nous avions tourné ensemble, il y a quelques années dans le film A Different Man, qui était totalement différent. C’était un long-métrage beaucoup plus théâtral, dans un univers complètement opposé. C’était agréable de se connaître déjà un peu avant de commencer ce projet, surtout que nous n’avons quasiment pas eu de répétitions. Nous avons simplement fait une lecture du scénario. Ensuite, chacun de notre côté, nous nous sommes plongés très profondément dans nos personnages et dans leur univers. Mais avec Cristian, il n’est pas forcément nécessaire de passer énormément de temps à construire la “chimie” avant le tournage, car il travaille cela à travers la mise en scène. Nous n’avions pas besoin de tout porter en tant qu’acteurs. La relation se construisait aussi visuellement grâce à la manière dont Christian orchestrait les mouvements et les présences dans le cadre.

    Tous les habitants du village norvégien où on a tourné le film avaient leurs histoires de fantômes.” Renate Reinsve

    Comment décririez-vous la façon dont Cristian Mungiu vous a dirigée et filmée ?

    La manière dont il filme joue énormément sur la façon dont on appréhende la vérité. Sa caméra reste souvent à distance. Parfois, je suis même légèrement floue à l’image. On observe simplement cette personne vivre. On surprend des conversations sans savoir exactement sur quoi il faut porter son attention. Certaines informations nous parviennent presque inconsciemment, sans que l’on sache précisément d’où elles viennent. La forme même du film influence donc beaucoup ma manière de jouer. Je n’avais pas besoin de “forcer” quoi que ce soit ni de guider émotionnellement le public. Le film s’en charge lui-même grâce à tous ses éléments : la mise en scène, le cadre, le rythme, les silences… Il choisit très précisément les éléments physiques dans le cadre, il joue avec les distances, avec les positions des corps, avec l’espace. C’est ainsi qu’il crée la poésie de l’image. Il nous rapproche ou nous éloigne, nous place d’une certaine manière dans une pièce, et tout à coup la relation entre les personnages devient évidente à l’écran. On comprend où ils en sont émotionnellement et ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre.

    Vous avez tourné dans les fjords, en Norvège. Est-ce que cet environnement a influencé votre jeu et l’atmosphère du film ?

    Le tournage a eu lieu dans un tout petit village de Norvège où vivaient à peine vingt-cinq personnes. Nous logions dans un très vieil hôtel, qui était assez mystérieux. Il m’arrivait d’entendre frapper à ma porte sans que personne ne soit présent lorsque j’ouvrais. Tous les habitants du village avaient leurs histoires de fantômes. L’endroit avait quelque chose d’étrange et fascinant, mais c’était aussi incroyablement beau. Nous étions entourés de montagnes immenses, isolés, sans magasins ni distractions. Nous passions tout notre temps ensemble : les petits-déjeuners, les dîners, les soirées… Nous avons fini par former une véritable petite communauté pendant ces deux mois passés au milieu des montagnes. Je pense que cet isolement a profondément influencé l’atmosphère du film, nos relations les uns avec les autres, et même la fluidité du travail. Honnêtement, c’était l’un des plus beaux tournages auxquels j’ai participé.

    Cannes a littéralement changé ma vie.” Renate Reinsve

    De nombreux critiques pensent que le film pourrait remporter la Palme d’or ou un autre prix à Cannes. Qu’en pensez-vous ?

    Ça me fait évidemment très plaisir d’entendre ça. Rien que le fait que quelqu’un puisse le penser représente déjà énormément pour moi. Je n’ai vu aucun autre film en compétition et j’essaie de ne pas trop écouter ce qui se dit autour. Je préfère profiter du moment et du fait d’être ici. Être en compétition donne déjà l’impression d’avoir gagné. Mais j’apprécie vraiment ce genre de compliments, même si j’ai encore du mal à les réaliser pleinement.

    Vous avez une histoire forte et particulière avec le Festival de Cannes, puisque vos films Julie (en 12 chapitres) et Valeur sentimentale ont été très bien accueillis…

    Cannes a littéralement changé ma vie. La première fois que je suis venue ici, c’était avec Julie (en 12 chapitres), et ça a été une expérience bouleversante. C’était la toute première fois que j’avais un rôle principal au cinéma. Je me retrouvais dans la salle Lumière, devant 2 500 personnes… J’étais tellement stressée que j’ai vomi plusieurs fois (rires). C’était incroyable. Je pense que Cannes est l’un des rares endroits au monde où le cinéma est célébré avec une telle intensité. Il y a ici une énergie complètement folle : les réalisateurs les plus brillants, les journalistes, tous les passionnés de cinéma réunis au même endroit. Tout le monde est à la fois épuisé et exalté — entre les fêtes, les interviews, les projections, l’effervescence permanente. C’est comme une réalité parallèle, coupée du monde extérieur, mais qui compte énormément. Cannes reste un centre névralgique du cinéma mondial : c’est ici qu’on découvre les films qui vont marquer l’année. Et je trouve ça extrêmement excitant.

    S’asseoir dans une salle obscure, réfléchir par soi-même… Tout cela demande un effort, du courage, parfois même une certaine solitude.” Renate Reinsve


    Beaucoup de gens disent aussi que Cannes peut paraître superficiel, avec les influenceurs n’ayant aucun lien avec le cinéma et toute cette mise en scène permanente de soi…

    Justement, je crois que c’est tout le contraire. On vit dans une époque où des vidéos de trente secondes résument un film et dictent immédiatement ce qu’il faut en penser. Pour moi, c’est un vrai problème, parce qu’on ne prend plus le temps de construire sa propre opinion. Le cinéma, au contraire, oblige à ralentir. S’asseoir dans une salle obscure, regarder un film jusqu’au bout, réfléchir par soi-même… Tout cela demande un effort. S’éduquer demande du temps, du courage, parfois même une certaine solitude. Il faut accepter d’être seul avec ses pensées. Quand vous regardez un grand film au cinéma, vous vivez quelque chose de très intime tout en étant entouré d’autres personnes. Vous êtes dans le noir, en plein dialogue avec le long-métrage et avec vous-même, puis ensuite, vous échangez avec les autres. C’est une expérience extrêmement puissante.

    D’où l’importance de la salle de cinéma…

    Oui, aujourd’hui, les salles de cinéma sont devenues l’un des derniers espaces où l’on peut encore réellement se forger une opinion personnelle. Fjord, justement, offre cette possibilité : il laisse le temps au spectateur de réfléchir, de douter, de débattre intérieurement. Quand un film provoque ça chez moi, j’ai l’impression de recevoir un cadeau. Des centaines de personnes ont travaillé avec énormément de soin sur ce projet. Personnellement, je préfère apprendre de quelqu’un comme Cristian plutôt que d’une petite vidéo TikTok qui m’explique instantanément ce que je suis censée ressentir.

    Je porte le costume de Stellan Skarsgård car il me manque.” Renate Reinsve

    Pour finir, pourrait-on parler de ce que vous portez aujourd’hui et de votre grand sens du style…

    Je porte un costume qui appartient à Stellan Skarsgård, qui jouait mon père dans Valeur sentimentale. Il l’a porté il y a quelques jours, à Cannes, et il me manque beaucoup. Comme il fait partie du jury, je n’ai même pas le droit de lui parler, alors, aujourd’hui, je porte simplement son costume pour me sentir un peu plus proche de lui. Et puis… il sent son odeur (rires). Pour être honnête, je viens de la campagne norvégienne et, à l’origine, j’avais un style catastrophique. Vraiment terrible. Puis j’ai énormément appris grâce à la styliste Karla Welch, à Louis Vuitton (Renate Reinsve est ambassadrice Louis Vuitton), à Nicolas Ghesquière et à toute son équipe. J’ai compris que les vêtements racontent quelque chose. À travers les lignes, les matières, les coupes, l’allure générale, on peut se sentir pleinement soi-même ou au contraire vouloir se cacher un peu. La mode possède une vraie puissance. Et je suis encore en train d’apprendre. Parce que seule, je serais incapable de faire tout ça. Mon style était vraiment très mauvais, je vous le jure…

    Fjord (2026) de Cristian Mungiu, au cinéma le 19 août 2026. Le film a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes 2026.