7 juil 2026

Chanel réinvente le conte de fées pour son défilé haute couture

En ce deuxième jour de Fashion Week haute couture, Chanel dévoile sa vision du vestiaire automne-hiver 2026-2027. Une parenthèse enchantée imaginée par Matthieu Blazy, qui signe une collection de 63 silhouettes empreintes de féérie et de poésie. Numéro fait le point.

  • par Jasmine Baha.

  • La haute couture Chanel à l’heure féérique

    Depuis l’arrivée de Matthieu Blazy à la direction artistique de la maison Chanel, la maison insuffle à chacune de ses collections un nouvel imaginaire. La semaine dernière, le créateur dévoilait le teaser du défilé haute couture automne-hiver 2026-2027 de la maison. Une vidéo d’animation prenant place dans les locaux historiques de la maison rue Cambon. À travers cette mise en scène, Chanel revisite le célèbre conte Jack et le Haricot Magique, une référence comme fil conducteur de la collection.

    Une décision non trop surprenante de la part du créateur, lui qui présentait en janvier dernier son premier vestiaire Chanel haute couture printemps-été 2026, au cœur d’une scénographie poétique. On se rappelle cette forêt de saules et de champignons qu’avait imaginée le designer, comme écrin féérique pour présenter les silhouettes dans un décor rappelant l’univers de Hayao Miyazaki.

    Ainsi, cette saison, le créateur de 42 ans fait de sa collection un conte de fées contemporain, poursuivant sa vision rafraichissante et poétique du vestiaire Chanel. Pour ouvrir ce chapitre haute couture automne-hiver 2026-2027, une silhouette apparaît vêtue d’un tailleur en guipure, ponctué de mousselines et dénué de manches. Clin d’œil discret au conte mis en scène dans le teaser du défilé, cette silhouette en reprenait les codes chromatiques. On retrouvait également le mythique haricot du récit, réinterprété à travers des motifs quadrillés.

    Ainsi, Matthieu Blazy revisite les codes Chanel tout en poésie. Le talon bicolore se teinte de violet et de vert et se pare d’un papillon comme prenant son envol. Les sacs se redessinent en trompes l’œil animaux et les robes du soir sont elles, parsemées de lianes et végétations en relief. Une relecture de la haute couture comme tout droit tirée d’un roman graphique.

    Matthieu Blazy célèbre une poésie du quotidien pour l’automne-hiver 2026-2027

    Fidèle à sa vision de la haute couture, Matthieu Blazy dessine un vestiaire destiné à être porté au quotidien. Exit les robes aux volumes XXL et les silhouettes démesurées. Désormais, l’excellence de la haute couture se retrouve dans le détail des broderies ou les drapés des jupes.

    On poursuit ainsi le cheminement entamé pour le printemps-été 2026, en retrouvant les jeux de transparence signatures du créateur. En effet, on devine les silhouettes sous les jupes mi-longues ou sous les robes crochetées. Des pièces aux savoir-faire d’exception, confectionnées au cœur des ateliers du 19M de Chanel.

    Cette poésie du quotidien se prolonge également au travers des tailleurs, pierre angulaire du vestiaire Chanel. Bien que le tailleur soit depuis toujours au cœur de l’identité de Chanel, il se trouve éclipsé par les créations plus spectaculaires des défilés haute couture.

    Matthieu Blazy choisit, lui, au contraire, de le placer au cœur de son propos créatif pour en livrer une toute autre interprétation. Les proportions se raccourcissent, les boutons prennent des allures surréalistes et les jupes se découpent. Les détails floraux migrent des coiffes aux cols des tailleurs ornés de bijoux, insufflant romantisme et délicatesse à l’ensemble des silhouettes.

    Ainsi, pour ce défilé Chanel haute couture, l’excellence se niche avant tout dans le détail. Une ode à la virtuosité artisanale de la maison, perpétuée à travers un récit enchanteur qui pourrait bien devenir la signature de Matthieu Blazy chez Chanel.