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Nia Archives, Sassy 009, Underscores… Les productrices électro à suivre
À l’image de PinkPantheress, sacrée Productrice de l’Année aux Brit Awards 2026, une nouvelle génération d’artistes féminines s’impose dans la musique électronique. De Nia Archives à TSHA, en passant par Sassy 009, Underscores ou Brutalismus 3000, ces productrices, DJ et performeuses incarnent un véritable changement de paradigme. Portées par les plateformes et les réseaux sociaux, elles gagnent enfin la visibilité qu’elles méritent et redéfinissent un paysage longtemps dominé par les hommes.
par Violaine Schütz,
et Marie Solvignon.
Nia Archives, la productrice jungle adoubée par Beyoncé et PinkPantheress
Nia Archives est l’une des productrices électroniques les plus prisées du moment. Originaire de Bradford en Angleterre, cette figure de la jungle a assuré la première partie, en 2023, de Beyoncé lors d’un concert à Londres dans le cadre du Renaissance Tour. Et elle a collaboré avec PinkPantheress, Sampha et Jorja Smith.
Celle qui a commencé à produire adolescente a créé son propre label, Up Your Archives. Son premier album Silence Is Loud (2024) a connu un beau succès et on attend impatiemment son prochain projet, Emotional Junglist, prévu pour le 24 juillet 2026, élaboré avec James Ford (Arctic Monkeys, Blur).
Emotional Junglist (2026), disponible le 24 juillet 2026.
Brutalismus 3000, le groupe techno né de Tinder
Parler de musique électronique sans mentionner la scène berlinoise serait un véritable sacrilège. Brutalismus 3000 (B3000) est un duo formé par Victoria Vassiliki Daldas et Theo Zeitner (aux origines grecque et slovaque) qui se sont rencontrés sur Tinder en 2018 et ont commencé à faire de la musique ensemble en 2019. Leur style mêle techno, gabber, punk et electroclash et leurs textes se veulement provocateurs et politiques.
Après leur Boiler Room enregistrée à Londres (2021) et leur premier album Ultrakunst (2023), le duo a enchaîné les scènes internationales : Berghain, Coachella, Lollapalooza. En 2026, ils assurent notamment certaines premières parties de FKA twigs lors de son Body High Tour. Et sur leur deuxième album, Harmony, co-produit avec Boys Noize et Dylan Brady, qui sortira le 26 juin 2026, devrait comprendre des apparitions d’Underworld et de l’actrice Anya Taylor-Joy.
Harmony de Brutalismus 3000 disponible le 26 juin 2026.
Sassy 009, l’artiste qui a séduit Blood Orange
La compositrice et productrice norvégienne spécialisée dans la pop expérimentale et le R’n’B novateur Sunniva Lindgård alias Sassy 009 a grandi entre Stockholm et Oslo dans un foyer de musiciens classiques. Après avoir exploré plusieurs instruments, elle découvre la production et forge un univers sonore singulier. La chanteuse passionnée de snowboard est influencée par Boards of Canada, mais aussi, par Grimes et M.I.A. C’est en 2017 qu’elle sort son premier EP Do You Mind, avant de publier la mixtape sensuelle Heart Ego en 2021.
Son univers a attiré l’attention d’un cercle grandissant d’artistes, donnant lieu à des collaborations avec Clairo sur le titre Lara, ainsi qu’à des remixes pour Lolo Zouaï, MØ et Agar Agar. Dreamer+, sorti le 16 janvier 2026, est son véritable premier album et on y trouve des featurings de Blood Orange, yuné pinku et BEA1991. Mêlant grunge, shoegaze et hyperpop, l’opus envoûte les auditeurs dès les premières secondes.
Dreamer+ (2026), disponible.
Fcukers, le duo new-yorkais qui ouvre pour Harry Styles
Le duo new-yorkais Fcukers émerge de la rencontre, en 2022, de Shanny Wise et Jackson Walker Lewis. Shanny venait de quitter The Shacks, sa formation aux influences sixties. Jackson, lui, avait officié au sein du groupe de rock garage Spud Cannon. Ensemble, ils puisent dans la house des années 90, le trip-hop et une énergie disco-punk héritée du label DFA. Ils construisent leur réputation dans un premier temps uniquement par la scène. Leur premier album Ö, sorti le 27 mars 2026, s’est hissé directement en tête des charts dance britannique.
Après avoir joué aux festivals Portola et Pitchfork et conquis des fans comme Billie Eilish et James Murphy, ils sont annoncés en septembre 2025 en première partie de la tournée mondiale Deadbeat de Tame Impala. Ils vont également assurer des premières parties la tournée de Harry Styles en 2026. Ils seront aussi en concert au festival Rock En Seine le 29 août 2026.
Ö (2026), de Fcukers disponible.
Underscores, l’artiste hyperpop qui va tourner avec Charli xcx
Le 31 octobre 2026, pour la fête d’Halloween, l’auteure-compositrice américaine April Harper Grey alias Underscores se produira sur la scène parisienne du Trabendo. Originaire de San Francisco, elle affiche en influences des artistes rock tels que Jack White, Beck et Van Morrison, c’est en bidouillant sur ordinateur dès l’enfance qu’elle découvre les genres électroniques qui vont façonner son univers, notamment l’hyperpop, le dubstep et la future bass. Elle publie ses premières mixtapes sur SoundCloud sous le nom d’Underscores et en 2021, elle sort Fishmonger, son premier projet remarqué.
U, sorti le 20 mars 2026, son troisième album, l’impose un peu plus sur la scène électronique. Contrairement au folk conceptuel de Wallsocket (2023) son précédent opus, U propose une musique hypnotique avec des influences pop, dubstep et future bass. En 2026, elle sera en première partie de Charli xcx dans le cadre de sa nouvelle tournée.
U (2026) d’Underscores, disponible.
Ninajirachi, l’artiste électronique invitée par PinkPantheress à Coachella
Son nom de scène est la contraction amusante entre son prénom et celui du Pokémon Jirachi (l’étoile souriante), un clin d’œil assumé à une culture internet qui a forgé son esthétique. Nina Jo Wilson alias Ninajirachi, née en 1999, est originaire de la Central Coast en Australie.
C’est en plongeant dans YouTube et Tumblr qu’elle découvre le dubstep à 12 ans, puis les rouages du logiciel FL Studio deux ans plus tard. Son introduction à la musique passe d’abord par la clarinette, mais ce qu’elle aime vraiment, c’est faire des edits sur GarageBand. I Love My Computer, son premier album sorti en 2025, est une exploration nostalgique de l’électronique qui l’a façonnée : trance, électro, house… Ce dernier a propulsé Ninajirachi sur la scène internationale avec un passage à Lollapalooza et à Coachella, en 2026, où elle était invitée sur scène par PinkPantheress.
I Love My Computer (2025) de Ninajirachi, disponible.
Vitesse X, la productrice à l’esthétique très inspirée des années 2000
La productrice, chanteuse et Dj basée à New York (Brooklyn plus exactement) venue du rock Vitesse X fascine autant par son image, très inspirée des années 2000, que par sa musique. Lorgnant du côté de la pop, de l’électro, de la trance, de la jungle et de l’electronica, cette artiste débutante inspirée par Radiohead, Massive Attack, Aphex Twin et Four Tet a rapidement trouvé son public. Son premier album, Us Ephemeral (2022), truffé de tubes tels que le puissant Potential Energy, réinvente l’eurodance en lui apportant une dimension onirique.
Le single Take A Picture (2026), de Vitesse X, disponible.
TSHA, de la dance music aux complaintes R’n’B des années 2000
TSHA incarne cette nouvelle vague de productrices électroniques britanniques qui repensent la pulsation du club. En 2022, avec Capricorn Sun, elle proposait une dance music mélodique ciselée pensée comme la description d’un thème astral. Chaque titre semblait alors prolonger un souvenir, une rencontre, une faille, à l’image du titre Sister (2022), né de la découverte bouleversante d’une demi-sœur inconnue. Portée par le soutien de BBC Radio 1 et des figures comme Bonobo, TSHA impose puis transforme ses nappes synthétiques enveloppantes jusqu’à Sad Girl, l’un des ses derniers projets en date, inspirés des ritournelles du R’n’B des années 2000.
I Need U (feat. Ellie Maxwell) (2026) de TSHA et HoneyLuv.
La techno-pop introspective de l’artiste Ela Minus
Ela Minus cultive l’art de la contradiction : sombre et lumineuse, mécanique et organique. Formée au jazz à Berklee, elle conçoit sa musique en analogue, refusant, la plupart du temps, tout instrument digital. Sur acts of rebellion (Domino, 2020), elle érige la solitude et la désobéissance en moteurs créatifs. On y chante en anglais et en espagnol sur des structures minimalistes qui évoquent autant l’œuvre de Kraftwerk que celle de la Vénézuelienne Arca. Avec DÍA (2025), elle creuse cette fois le sillon d’une techno-pop introspective. Presque militante, où la voix devient mantras pour temps troublés. Plus qu’une musicienne, Ela Minus agit comme une hackeuse du système. Douce. Subversive.
DÍA (2025), d’Ela Minus, disponible.
Les 1001 métamorphoses d’Anfisa Letyago
Originaire de Russie mais adoptée par Naples, Anfisa Letyago est l’une des révélations les plus percutantes de la techno européenne. Avec une énergie solaire et des sets millimétrés, elle incarne une techno à la fois puissante et accessible, loin des tunnels sombres du genre. Un son percussif, clair, presque euphorique. En quelques années, la collaboratrice de Moby s’est hissée sur la scène du festival Tomorrowland sans jamais diluer son propos. Son nouveau projet ParteNope, réalisé en collaboration avec l’artiste IA Guisy, s’inspire quant à lui de l’histoire d’une sirène découverte au large de Naples, devenue emblème de la ville. En s’appropriant cette légende jusqu’à une transformation physique, elle conçoit un spectacle où se rencontrent l’audiovisuel, la musique et l’intelligence artificielle…
Session Cercle d’Anfisa Letyago au Saluting Battery de Malte (2025), disponible.
Rose Gray, la chanteuse électro-pop adoubée par Charli xcx
Louder Please (2025) de Rose Gray, disponible.
Doss, la productrice qui croise techno et shoegazing
En une poignée d’EP percutants, Doss a réussi à attiser la curiosité du milieu électronique. Le tout, sans jamais rien révéler de personnel sur elle. Si l’on connaît son visage, on ignore tout de sa biographie et de son parcours hormis qu’elle est DJ, productrice et compositrice depuis 2014 et qu’elle évolue entre New York et Baltimore. Il faudra donc laisser parler la musique d’elle-même ainsi que ses paroles et titres de morceaux (l’une de ses chansons s’appelle Puppy – « chiot » en français – car un ex la surnommait ainsi).
Les morceaux de Doss, impressionnants, mixent l’hyperpop, la techno, le shoegazing et la trance dans un tourbillon sonore qui provoque souvent l’euphorie. Avec seulement quelques mots scandés qui parlent de choses intimes, elle évoque à la fois Shygirl, Róisín Murphy et les grandes chanteuses house des années 80 dans sa façon de mêler quelque chose de très émotionnel et le sentiment d’être dans une rave bondée.
Le single Drugs de Doss (2023), disponible.