5 juin 2026

Sous le soleil de Los Angeles, un défilé Hermès inspiré par la danse

À Los Angeles, Nadège Vanhée-Cybulski dévoilait hier le second volet de sa collection Hermès automne-hiver 2026-2027, après un premier présenté à la Fashion Week de Paris en mars dernier. Une ode à la danse, au mouvement et à l’artisanat dévoilée à la lumière du coucher de soleil californien, au travers de 27 silhouettes. Numéro fait le point.

  • Par Jasmine Baha.

  • Pour son second défilé automne-hiver 2026, Hermès s’exporte au cœur de la cité des Anges

    En ce jeudi soir estival, le pavillon des collines de Bel Air accueillait le défilé Hermès automne-hiver 2026-2027, baigné par la lumière de la fin de journée. Il s’inscrit comme le second volet de cette collection, d’abord présentée à Paris au mois de mars par Nadège Vanhée-Cybulski, directrice artistique des collections femme depuis plus de dix ans.

    En effet, c’est lors de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 que la créatrice française dévoilait une collection aussi sensuelle qu’éclectique. Les cuirs iconiques de la maison s’arboraient sur les cyclistes, combinaisons et manteaux asymétriques que portaient les mannequins, ondulant dans un décor rappelant une forêt enchantée. Une collection aux accents clairs-obscurs, où les teintes de bleu nuit dialoguaient avec des orangés.

    Pour présenter le second volet de cette collection, Nadège Vanhée-Cybulski choisit ainsi de s’exporter à l’étranger, au cœur des paysages arides de la Californie. Vingt-sept silhouettes présentées à la tombée de la nuit sur les hauteurs de Los Angeles – où se tenait déjà le défilé croisière Dior il y a trois semaines de cela.

    De la fluidité et du mouvement : la danse en inspiration

    Là où Jonathan Anderson célébrait ainsi le lien entre mode et cinéma, Nadège Vanhée-Cybulski choisit, elle, de se focaliser sur le mouvement, sur la fluidité et sur le corps. Pour l’acte deux de cette collection, la directrice artistique oriente donc notre regard sur la gestuelle associée au vêtement. Déambulant sur les collines de Bel Air, les mannequins arboraient des pièces où la radicalité des cuirs se mêlait à la technique du flou.

    Car dès l’ouverture de ce ballet textile, la première silhouette donnait le ton à la collection. Un pantalon palazzo en mousseline de soie, ondulant au gré du vent californien était associé à de hautes bottes et un manteau long en cuir.

    Des éléments que l’on retrouvera tout au long de la collection, déclinés dans une palette chromatique oscillant entre les teintes de rouge, de jaune et de noir. Au cœur de cet amalgame chromatique, des combinaisons en maille smockée et aux jambes évasées étaient ornées de broderies scintillantes – une allusion aux tenues d’échauffement de la ballerine. Une figure en effet omniprésente au fil de cette collection, qui s’affiche désormais sous un nouveau jour.

    Quand Hermès revisite la ballerine, version californienne

    L’élément sans doute le plus saisissant de ce défilé de mode est le contraste radical que Nadège Vanhée-Cybulski apportait au vestiaire de la danseuse. Si l’inspiration principale réside dans la fluidité de la danse — le chausson étant l’inspiration derrière une série de robes bustier satinées roses, rouges ou noires, c’est le parallèle saisissant avec les vestes en cuir cloutées et blousons aviateurs qui nous reste en tête.

    Une rencontre savamment amenée de la part de la directrice artistique, qui se concrétise également dans les accessoires. Les bracelets en perles contrastent notamment avec les chaines ornant les ceintures des manteaux de cuir. Une certaine douceur insufflée à l’esprit un poil far west de la collection, inscrit dans l’héritage équestre de la maison de luxe Hermès.

    Revisiter les classiques, tout en élégance

    Maison au patrimoine mode incontournable, Hermès revisite bien évidemment ses classiques pour chacune de ses collections. Ici, c’est le carré emblématique Soleil de Soie qui se présente sous un nouveau jour. Ainsi Nadège Vanhée-Cybulski joue-t-elle avec les volumes, en le fronçant, en le drapant et en le pliant : un processus ancré dans les jeux de mouvement et de tombés signatures de la maison.

    Sur une toute autre note, on retrouve bien évidemment le mythique sac Birkin, ici plus ténébreux que jamais en cuir de chèvre full black pour insuffler une note d’élégance à la collection. Dans les cuirs, toujours, on remarque également un sac Kelly sous le soleil doré de fin de journée. Une pièce rigide et un brin formelle, ici réinterprétée au gré d’un rouge vif. Sans doute une allusion subtile à cette teinte flamboyante arborée par les costumes des danseuses espagnoles de flamenco.

    Pour ce second volet automne-hiver, Nadège Vanhée-Cybulski propose donc une relecture du vestiaire aérien et fluide de la ballerine, qui s’exporte ici au cœur des montagnes californiennes. Des pièces oscillant entre mousselines, soies et cuirs, ancré dans la continuité du défilé mystique et sensuel présenté à Paris en mars dernier.