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Pourquoi la nomination d’Olivier Rousteing chez Rabanne nous enthousiasme ?
Après avoir quitté Balmain en novembre 2025, Olivier Rousteing ouvre un nouveau chapitre très excitant : il rejoint la direction artistique de Rabanne, succédant ainsi à Julien Dossena.
Par Camille Bois-Martin.

Olivier Rousteing, la comète de la mode
Le destin d’Olivier Rousteing semble tout droit sorti d’un roman. Originaire de Bordeaux, il part au début des années 2000 à Rome dans l’espoir de décrocher un stage dans une maison de mode : mais, convaincus par son book, les équipes de Roberto Cavalli lui proposent un poste de styliste, avant de le promouvoir à la tête des collections prêt-à-porter pendant plus de cinq ans.
En 2009, il rejoint Balmain en tant que responsable du studio de création, travaillant étroitement avec le directeur artistique Christophe Decarnin. Finalement, il assume seul la direction artistique de la marque parisienne en 2011.
À seulement 25 ans, il aura ainsi créé des pièces pour deux grandes marques de mode. Il débute alors une ascension sans précédent, qui le hisse en moins d’une décennie parmi les créateurs de mode les plus célèbres de son époque. Entre Karl Lagerfeld et Jean-Paul Gaultier, en place depuis les années 1980, Olivier Rousteing s’inscrit dans ce microcosme prisé et privé comme une figure incontournable. Mais aussi, et surtout, comme un créateur ancré dans son temps et en phase avec la nouvelle génération.

La révolution stylistique chez Balmain
Pendant près de quatorze ans, Olivier Rousteing déploie son imaginaire maximaliste devenu sa signature entre silhouettes sculpturales, épaulettes, doré, clous… Les vêtements du créateur de mode français initient un renouveau stylistique au sein de la maison de mode fondée en 1945. Sous son égide, il relance la branche couture de Balmain en 2019 et façonne également un dressing masculin qui formera, progressivement, une collection à part entière à partir du printemps-été 2016.
Dans ses créations, le jeune prodige associe l’histoire du costume et les uniformes militaires à des références eighties mais aussi à des accessoires et des détails flamboyants. Au point que son esthétique devient rapidement sans égal à Paris – et séduit les plus grandes célébrités du moment, dont il devient un ami proche.
Si l’on pense évidemment aux mannequins Cara Delevingne ou Gigi Hadid, impossible de ne pas mentionner la superstar Beyoncé. Avec l’iconique chanteuse américaine, il tisse en effet un lien indéfectible, la parant de ses créations pour ses tournées de concert comme pour les tapis rouges. Et ce même après son départ de Balmain : début mai dernier, à l’occasion du MET Gala, il signait son look surbrodé de cristaux formant un squelette.
Un millenial ancré dans son temps
Car Olivier Rousteing inaugure en effet sans le savoir une nouvelle ère : celle des créateurs de mode stars. Après l’époque flamboyante de la fin du XXe siècle où des figures comme Gianni Versace, Yves Saint Laurent ou Karl Lagerfeld fascinaient les foules, le secteur souffre, à l’aube des années 2010, de la disgrâce de John Galliano, directeur artistique de Dior accusé de racisme et d’antisémitisme.
Les couturiers se font alors de plus en plus discrets, s’éclipsant au profit de leurs collections de vêtements. Mais le Bordelais à la tête de Balmain bénéficie d’une aura sans précédent, s’affichant aux bras des célébrités en vogue et profitant d’une popularité croissante sur les réseaux sociaux. Enfant de la génération des millenials, il maîtrise en effet Instagram et les nouvelles voies de communication, et parvient à toucher un public jeune et branché. La sortie de son documentaire Wonder Boy sur Netflix en 2019 achève de le consacrer comme une comète de la mode, ancrée dans son temps, entre authenticité et célébrité.


Rabanne, un nouveau chapitre excitant
Malgré son départ de Balmain, annoncé en novembre dernier, Olivier Rousteing reste ainsi sur les devants de la scène. Sa popularité et son image publique séparées de ses propres créations de mode en font une personnalité incontournable du début du XXIe siècle. Et, alors que chacun se demandait s’il continuerait en solo, sa nomination à la tête de la maison Rabanne ce 14 juillet 2026 coupe court aux rumeurs.
Le créateur français inaugure ainsi un nouveau chapitre – ou plutôt son second. Fort d’une longévité de plus en plus rare dans le monde de la mode – 14 ans au sein d’une même maison ! –, il entreprendra probablement de construire au sein de la marque une nouvelle révolution stylistique, tout en y apposant sa patte singulière.
Succédant à Julien Dossena, directeur artistique de Rabanne depuis juillet 2013, Olivier Rousteing devra en effet composer avec un héritage fort, dans le sillage d’Antonin Tron, qui prend sa relève chez Balmain. Peut-être s’appuiera-t-il sur ses années passées à épauler Christophe Decarnin chez Balmain entre 2009 et 2001, qui fut styliste chez Paco Rabanne en 2006. Peut-être se plongera-t-il dans les archives du fondateur espagnol, lui qui fit, auparavant, de nombreuses références à Pierre Balmain au fil de ses collections.
Ce qui est sûr, c’est que la vision des deux couturiers est loin d’être antinomiques. Tous deux nourris de l’histoire de la mode et influencés par les dernières tendances, leurs imaginaires semblent en effet se répondre, réinventant des iconiques de Balmain et Rabanne, du Balmain Anthem Bag au sac 1969.